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Les soirées étudiantes en passe d'être plus contrôlées ?
Planquez les bouteilles de vodka ! Les soirées étudiantes pourraient bientôt être infiltrées par des inspecteurs s'assurant du bon déroulement des évènements et du respect de la législation. C’est en tout cas l'une des propositions de la rectrice de Poitiers Martine Daoust, par ailleurs chargée par Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, d’une mission sur les soirées étudiantes et les WEI (week-ends d’intégration). Elle a été commanditée suite aux différents événements dramatiques survenus au cours de ces festivités (plaintes pour viol à l’ICN Nancy, à l’ESC Greboble) et de divers incidents liés à la consommation d'alcool.En confiant ce rapport à cette docteur en pharmacie spécialiste des problèmes liés à l'alcool, la ministre de l'enseignement supérieur souhaitait afficher sa fermeté. Fin septembre 2010, elle avait déjà demandé aux recteurs d'examiner tous les WEI, et d'en annuler certains s'ils ne présentaient pas les garanties nécessaires à la sécurité des élèves.
La traque aux open bars
Les testings, proposés par Martine Daoust, pourraient "s’inspirer de ce qui est fait dans le cadre de la discrimination" à l’embauche. Ils permettraient de sanctionner les "open bars et la vente d’alcool au forfait", qui sont théoriquement interdits mais qui continuent à exister, comme le constate le rapport. "Les sanctions médiatisées (...) restent dissuasives ", assure Martine Daoust.
La rectrice suggère aussi que chaque événement "soit déclaré bien sûr à l’établissement, mais aussi à la mairie et/ou à la préfecture du lieu d’organisation". Objectif : faire la chasse aux organisations "sauvages" de soirées ou de WEI, qui échappent "à tout contrôle institutionnel".
Impliquer davantage les chefs d'établissements
Martine Daoust recommande aussi de former les chefs d’établissement, et de mieux les informer sur leurs responsabilités. Quand les soirées et les week-ends sont organisés "en vrai partenariat" avec les établissements et "quand les contours de la fête ont été discutés (financement, distribution d’alcool, sécurité routière, nombre de participants…), les risques de débordements diminuent", soutient la rectrice.
Un guide pourrait être rédigé dans cette perspective. Une formation spécifique des médecins universitaires, à l’ESEN par exemple, pourrait être créée "dans les domaines de repérage, de prévention, d’interventions précoces auprès des étudiants en difficulté".
Des barmen "pros" à la rescousse
De même, les barmen présents dans les soirées devraient être des "pros" et non des étudiants qui ne connaissent pas bien les doses d'alcool à servir. Bien sûr, les étudiants devraient être mieux formés "à la gestion de l'ivresse". Surtout, les organisateurs des fêtes devraient être tenus au courant de leur responsabilité individuelle en cas de problèmes.
Des organisations étudiantes ont immédiatement réagi aux propositions formulées par Valérie Pécresse. Avis partagés.
LMDE : du contrôle mais pas de prévention
"La LMDE juge ces propositions insuffisantes et pointe l’incohérence de la politique gouvernementale en matière de consommation d’alcool chez les jeunes. […] Par exemple, le gouvernement a dans le même temps interdit la vente d’alcool aux mineurs tout en autorisant la publicité pour l’alcool sur internet cédant ainsi au lobby de l’industrie alcoolière". La LMDE qualifie les propositions de "mesures gadgets", souligne que la problématique de surconsommation d’alcool chez les étudiants dépasse le cadre des seules soirées étudiantes et week-ends d’intégration, et pointe l’absence "de toute volonté de mettre en œuvre une politique de prévention globale".
L’ANPAA : de bonnes mesures, mais il faut aller plus loin
L’ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) se félicite de certaines des mesures annoncées (la déclaration des fêtes, l’enseignement sur les addictions et le risque additif, les testings…), mais estime qu'il faut faire plus pour la prévention et la réduction des risques. L’association réclame notamment "l'interdiction de tout partenariat avec des organismes ou entreprises liés directement ou indirectement à l'industrie et au commerce alcooliers" au nom du "conflit d'intérêt" et "mélange des genres". Enfin, au-delà de la population étudiante, elle souligne que d’autres personnes, jeunes ou non, sont touchées par la consommation excessive d’alcool. "C'est une véritable politique de réduction du risque alcool qui est à promouvoir".
24 février 2011



























