Dossier : Succession de Richard Descoings à Sciences po Paris : quel directeur veulent les étudiants de l'IEP ?

Quel directeur les étudiants de Sciences po Paris veulent voir succéder à Richard Descoings ? Avec quel projet ? Voici les avis recueillis par letudiant.fr, à la veille de la clôture du dépôt des candidatures pour ce poste, vendredi 15 juin 2012.

"Nous voulons un autre Descoings, du moins quelqu’un qui en ait ses qualités !" Ils n'ont pas forcément voix au chapitre, mais les étudiants de Sciences po Paris ont leur avis sur le futur directeur qu'il veulent voir à la tête de leur école. "Il devra faire du Descoings à la Descoings". Le ton est donné, la barre est placée haut pour le successeur du charismatique directeur de la rue Saint-Guillaume, décédé en avril 2012.

Hervé Crès, le successeur le plus "légitime", mais "44 ans, ça fait jeune" !

Depuis quelque temps circulent, dans la presse, les noms des successeurs potentiels de Richard Descoings à la tête de l'IEP. Chez les étudiants de Sciences po, il en va de même. Il est vrai que ce n’est pas leur premier sujet de préoccupation, mais rumeurs et pronostics vont bon train…Globalement, ce sont les noms de Hervé Crès et de Dominique Reynié qui reviennent le plus souvent dans la bouche des élèves.

Sciences-po-Paris-hall-La Peniche

Pour Grégoire en M2 sécurité internationale, "Hervé Crès est le plus légitime, car il connaît déjà l’école". En effet, il est, depuis 2008, directeur adjoint de Sciences po et en assure aujourd’hui la direction par intérim. De l’avis d’un étudiant en M1 stratégies territoriales et urbaines, quelque peu amer, "Crès serait tellement en place que la question de la succession ne se poserait même plus. Mais, 44 ans, ça fait jeune pour une telle fonction". À l’inverse, pour Ali, en M2 affaires publiques, l’âge n’est pas un bon critère. "Quand Richard Descoings est devenu directeur de l’IEP, il n’avait que 37 ans", souligne-t-il.

Dominique Reynié a un atout : sa "présence médiatique"

De son côté, Christophe, ancien étudiant diplômé d’un master en finance, met en avant la sur-présence médiatique de Dominique Reynié, professeur de sciences politique de l'IEP. "C’est un atout indéniable", lâche-t-il. Mais, comme en négatif à ses mots, vient s’inscrire le propos d’Ali : "On le voit beaucoup, mais clairement il manque de charisme". Son ami Lucas lui rétorque, rieur : "Moi, je veux bien Dominique Reynié. Ce serait une présidence 'normale'."

Quant à l‘historien Benjamin Stora, ancien professeur à l’IEP, son nom revient régulièrement. Les étudiants ne peuvent s’empêcher de faire remarquer son excellence professorale. Cependant, ils ont en général du mal à envisager sa présence au sommet. "De toute façon, il faut que ce soit un politologue", estime un étudiant en prépa ENA, péremptoire.

Les candidats "inconnus au bataillon"

Quelques candidatures potentielles font figure, dans les rangs de Science po, d’anonymes. Olivier Faron (directeur de l'ENS Lyon et ex-directeur adjoint du cabinet de Laurent Wauquiez), Jean-Michel Blanquer (directeur général de l’enseignement scolaire – ministère de l'Éducation nationale) et Pierre Mathiot (directeur de Sciences po Lille) passent, auprès des élèves, pour les "inconnus au bataillon" de cette succession.

Quelle politique devra mener le futur directeur ?

Par-delà le choix de la personne, les étudiants de l’IEP ont aussi des idées bien précises quant à la politique qui devra être menée à la tête de leur école, avec toujours en fond l'ombre omniprésente de l'ancien directeur. En témoigne, en creux, cet étudiant en prépa ENA : "La politique que doit suivre l’école est celle que Richard Descoings a impulsée. Par exemple, continuer à valoriser l’école doctorale." Point de vue plus ambivalent pour Grégoire : "Le futur directeur devra poursuivre l’œuvre de Descoings, sans pour autant essayer de faire du Descoings. Ce serait un peu artificiel. Il doit apporter sa propre marque."

Sarah, en M1 carrière judiciaire et juridique et vice-présidente de l’Unef Sciences po, propose de son côté une modification du système des frais d’inscription qui, depuis quelque temps, fait polémique : "Les étudiants hors Union européenne qui paient le maximum doivent être intégrés dans le système des frais progressifs", insiste la jeune fille. Christophe opine : "Je suis sensible à cette question : le coût très élevé des études peut en rebuter plus d’un. Peut-être faudrait-il aussi que le nouveau directeur soit plus enclin à discuter de son salaire." Un salaire dont le montant élevé a fait polémique l'hiver dernier.

Plus de transparence à Sciences po

Pour Lucas, en M2 affaires publiques, il serait bon aussi que l’IEP "se recentre sur quelques masters fondamentaux". Sarah souligne que l’organisation de ces masters et des écoles est une vraie problématique : "Il serait bien d’y voir plus clair", ajoute-t-elle.

La question de la clarté est d'ailleurs assez souvent évoquée par les étudiants. Sarah s’étonne, par exemple, que l’on ne connaisse pas vraiment les membres des différents comités qui vont sélectionner le futur directeur de l’IEP. "En plus, pour l'instant, il n’y a personne de la communauté étudiante au comité restreint de la FNSP [Fondation nationale des sciences politiques]", s’exclame-t-elle. Elle souhaite donc "plus de transparence" et "des élus étudiants permanents au conseil de la FNSP".

Développer la politique internationale de l'IEP

Enfin, la question de l’internationalisation de Sciences po paraît déterminante pour les étudiants. "Une grande école doit être ouverte sur l’international", lance Grégoire. "Pour ce faire, commente-t-il, il faut miser sur le pôle Sorbonne Paris Cité [regroupement d'établissements – avec, entre autres, Sciences po et les universités Paris 3, Paris 5, Paris 7 –, qui a remporté l'Initiative d'excellence]. Ce mouvement de convergence entre les grandes universités est inévitable. D’autre part, cela permettra le rayonnement de l’IEP." Ali va jusqu’à dire qu’il "faudrait aussi doubler le nombre d’élèves. On aurait ainsi une puissance de frappe beaucoup plus importante".

Reste maintenant à savoir si les nombreux souhaits des étudiants seront pris en compte par le futur directeur...

Lire aussi sur EducPros.fr : Sciences po Paris : l’opacité sur la succession de Richard Descoings dénoncée en interne

Aller plus loin sur Sciences po

- Les étudiants de Sciences po : "Adieu Richie"
- Sciences po Paris : l'héritage de Richard Descoings

Et aussi :

Suivez toute l’actualité des IEP
Faites notre test Êtes-vous fait pour Sciences po ?

Trouvez l'IEP qu'il vous faut avec notre banc d'essai des IEP de région
Découvrez à quoi mène Sciences po
Suivez le match : Sciences po Paris vs HEC et Dauphine

Retrouvez les différentes manières d'entrer à Sciences po Paris et la réforme du concours qui prendra effet en 2013
Savez-vous comment intégrer un IEP de province ?
Connaissez-vous les particularités des 8 IEP de province : Aix, Bordeaux, Grenoble, Lille, LyonRennes, Strasbourg, Toulouse ?
Lire le témoignage de Daphné, étudiante à Sciences po Lille

Découvrez le blog d'Eric Cobast pour préparer Sciences po

Joseph Dauce et Piotr Kowalczyk
Juin 2012

Jeudi 14 Juin 2012

Partager l'info
RSS Facebook Myspace Scoopeo Pioche TapeMoi wikio google Live Bookmarks MyYahoo netvibes digg delicious blogmarks Technorati Furl
Sommaire du dossier
 

blog comments powered by Disqus