1. Alternance : des labels à connaître et à décrypter
Décryptage

Alternance : des labels à connaître et à décrypter

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Alexandre a intégré la Manufacture nationale de Sèvres après un BMA (brevet des métiers d’arts) céramique. // © Florence Levillain/Signatures pour l’Etudiant
Alexandre a intégré la Manufacture nationale de Sèvres après un BMA (brevet des métiers d’arts) céramique. // © Florence Levillain/Signatures pour l’Etudiant

Pour se repérer dans les formations et les établissements, il est préférable de comprendre le jargon utilisé : savez-vous ce que veut dire école “reconnue”, diplôme “visé” ? Notre éclairage pour vous permettre de vous y retrouver.

Si la préparation d'un diplôme national – tels un BTS (brevet de technicien supérieur), un DUT (diplôme universitaire de technologie) ou encore une licence – ne vous laisse aucun doute sur la valeur de votre cursus sur le marché de l'emploi, c'est moins évident pour d'autres formations non balisées par l'État. Celles-ci sont nombreuses en alternance, car il existe pléthore de certificats et de titres spécialisés.

Comment savoir si le cursus que vous allez suivre est reconnu par les professionnels ? Réponse : en apprenant à décrypter les labels.

Un diplôme est visé, un établissement est reconnu

Le premier de ces labels, le plus difficile à obtenir pour une école de commerce ou de management, est le visa. L'école doit avoir été préalablement reconnue par le ministère de l'Éducation nationale depuis 5 ans au minimum pour y prétendre (voir l'encadré, "Un diplôme n'est jamais reconnu"). Le visa, accordé, pour une durée de 1 à 6 ans, à des diplômes de bac+3 à bac+5 en garantit la valeur pédagogique.
Le visa est une reconnaissance de la qualité du contenu de la formation, de la pédagogie et du corps professoral. Le ministère de l'Enseignement supérieur délivre le visa après avis de la CEFDG (Commission d'évaluation des formations et des diplômes de gestion). Pour les écoles d'ingénieurs, c'est la CTI (Commission des titres d'ingénieurs) qui accorde l'autorisation de délivrer le titre d'ingénieur diplômé.
La liste des diplômes visés (et la durée du visa, 6 ans au maximum, renouvelables) des établissements est publiée chaque année au "Journal officiel". Le titre d'ingénieur est garant de la qualité de la formation et confère le grade de master.

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Une inscription au RNCP

C'est devant la CNCP (Commission nationale de la certification professionnelle) que les écoles déposent une demande d'enregistrement au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) pour leurs formations de courte durée ou très spécialisées.

La procédure ne repose pas sur des critères essentiellement académiques, comme pour le visa. À noter que ce sont principalement les débouchés professionnels de la formation qui sont pris en compte. Il faut notamment avoir diplômé trois promotions. Dans ce cas aussi, c'est la CNCP qui se charge de contacter les anciens élèves de ces établissements afin de s'assurer qu'ils occupent bien un poste en rapport avec la formation, avant de l'enregistrer (ou l'inscrire – et surtout pas la certifier comme le disent parfois les établissements) au RNCP.

Des compétences et des aptitudes validées

Chaque formation inscrite dans le répertoire est associée à un niveau. Ce niveau (qui va de V à I) est un critère d'équivalence professionnelle (et non pédagogique). Il indique que le cursus préparé débouche sur des compétences et des aptitudes professionnelles équivalentes à celles validées par un CAP (pour le niveau V), le bac (niveau IV), un bac+2 (niveau III), un bac+3/4 (niveau II) ou un bac+5 (pour le niveau I).

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"Attention, ce sont des compétences reconnues sur le marché du travail, mais pas obligatoirement par les établissements, dans le cadre d'une poursuite d'études", prévient-on à la CNCP. Ainsi, si votre titre est inscrit au RNCP au niveau II (équivalent à une licence ou un M1), rien n'oblige une université à considérer que vous pouvez poser votre candidature en master, que ce soit en M1 ou en M2.

Comment vérifier que les formations sont bien répertoriées ?

Certains diplômes sont inscrits au RNCP sans passer par une commission, puisqu'ils répondent aux critères fixés par le ministère ou les professionnels (nombre d'heures de cours, durée de stage, etc.). Il en va ainsi pour les titres universitaires (licence, licence professionnelle, master), les diplômes nationaux et les CQP (certificats de qualification professionnelle).
Il arrive qu'une école proposant plusieurs formations n'en ait que certaines enregistrées au RNCP ; un peu de vigilance s'impose donc. Lorsqu'une école indique sur sa plaquette que sa formation est inscrite ou enregistrée au répertoire, il vaut mieux aller vérifier directement sur le site du RNCP. Attention, la recherche n'est pas évidente, car l'enregistrement ne se fait pas toujours sous l'intitulé du diplôme ou de l'école. Si vous ne trouvez pas l'information, laissez un message sur le site et on vous répondra.

Ne confondez pas master, mastère et Mastère Spécialisé

Si le master est un nom de diplôme, il correspond également à un grade. Par conséquent, certaines formations de niveau bac+5, qui ne débouchent pas forcément sur un diplôme de master, peuvent néanmoins donner le grade de master. Ce grade constitue un gage de qualité du cursus.

À l'inverse, vous trouverez des formations baptisées mastère, Master of, MBA (Master of Business Administration), cycle ou programme de mastère, qui n'ont rien à voir avec le diplôme national délivré par les universités ou avec le grade.

Pour ajouter à la confusion, il ne faut pas non plus mélanger le master avec le Mastère (avec un "e") dit Spécialisé. Le Mastère Spécialisé est un diplôme protégé, proposé par des grandes écoles, membres de la CGE (Conférence des grandes écoles), et dont la liste officielle est consultable sur le site de la CGE.

Un diplôme n'est jamais reconnu

L'État ne reconnaît pas des diplômes mais des établissements. Ainsi, un diplôme prétendument "reconnu par l'État" ne peut être, en fait, que visé, habilité, inscrit ou enregistré (voire répertorié).

En revanche, une école peut être reconnue par l'Éducation nationale comme apportant un concours utile au service public de l'enseignement supérieur – mais cette reconnaissance ne préjuge en rien de la qualité des études (c'est l'école qui est reconnue [1], pas ses formations).

À noter que le ministère de l'Éducation nationale ne reconnaît que les écoles qui dépendent de lui. Les écoles rattachées à d'autres ministères (de la Santé, de la Culture) doivent l'être par le ministère qui les concerne.

(1) Une école reconnue par l'État peut accueillir des étudiants boursiers.