1. Le vrai/faux des idées reçues sur l’alternance
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Le vrai/faux des idées reçues sur l’alternance

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L'alternance a eu pendant longtemps une mauvaise image, mais ça, c'était avant ! // © PlainPicture / Cultura
L'alternance a eu pendant longtemps une mauvaise image, mais ça, c'était avant ! // © PlainPicture / Cultura

L'alternance séduit les jeunes avides de concret, mais un certain nombre d'idées reçues sur les secteurs qui recrutent, le salaire ou l'image ont la vie dure. Où est le vrai, où est le faux ? Nos réponses.

L’apprentissage est une voie de garage pour les mauvais élèves.

FAUX. Les cursus en alternance ont longtemps eu une image de formations "au rabais", de voie de garage pour mauvais élèves. Dans les faits, l’alternance s’adresse à des jeunes motivés, attirés par le monde de l’entreprise et prêts à s’investir à 100 %. En contrat d’apprentissage comme en contrat de professionnalisation, les alternants doivent s’attendre à travailler beaucoup. La contrepartie non négligeable de leurs efforts se trouve dans le fait qu'ils ne paient pas leurs études, perçoivent un salaire, tout en se forgeant une solide expérience professionnelle.

L’alternance, ce n'est pas pour les filles.

FAUX. Les filles sont toujours minoritaires dans l'apprentissage : 38 % des effectifs fin 2016. Mais plus on monte dans le niveau des diplômes préparés, plus la parité se rétablit, jusqu'à atteindre 47 % des alternants au niveau II, c’est-à-dire bac+3 et bac+4. Source : Élèves et apprentis, DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, ministère de l'Éducation nationale), octobre 2017.

L’alternance, c’est surtout pour les métiers manuels.

FAUX. Le contrat d'apprentissage est ouvert aux diplômes de ­l'enseignement supérieur. Il est aujourd'hui possible de devenir commercial, chargé de recrutement, journaliste ou informaticien, en passant par une formation en alternance.

En alternance, on ne peut préparer que des bacs pro et des CAP.

FAUX. La majorité des diplômes est accessible en alternance, depuis les diplômes nationaux, tels le CAP (certificat d'aptitude professionnelle) ou le BTS (brevet de technicien supérieur), jusqu’aux diplômes des écoles d’ingénieurs et de management, en passant par les diplômes d'État délivrés par les ministères de l'Agriculture, des Sports, de la Santé, par des chambres consulaires, des écoles professionnelles ou les titres enregistrés au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles),
Les alternants obtiendront des diplômes identiques à ceux qui sont délivrés en formation classique à temps plein. Seule la façon de les préparer diffère, avec des séjours en entreprise et des périodes en centre de formation. En 2016, l'apprentissage a augmenté de près de 6 % dans les filières du supérieur par rapport à 2015 : ce qui représente 152.200 jeunes en 2016 contre 144.000 en 2015. Source : Élèves et apprentis, DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, ministère de l'Éducation nationale), octobre 2017.

Seules l’hôtellerie et l’industrie recrutent en alternance.

FAUX. Les secteurs qui intègrent le plus grand nombre de jeunes en contrat d'alternance sont aussi, souvent, ceux qui recrutent le plus de jeunes diplômés. Assurance, banque, informatique, énergie, distribution, logistique embauchent surtout des alternants du supérieur. Le bâtiment, l'artisanat, l'agroalimentaire et l'hôtellerie-restauration sont les secteurs les plus demandeurs pour les diplômes de niveau CAP, bac pro et BTS.

La formation en alternance est gratuite.

VRAI et FAUX. Atout incontestable de l'alternance : les frais de scolarité sont entièrement pris en charge par les entreprises, les régions, les fédérations professionnelles et l'État. Contrairement au système de bourses, tous les jeunes peuvent y accéder, quels que soient les revenus des parents. De plus, les alternants sont censés recevoir une "carte d'étudiant des métiers", offrant les mêmes avantages que celle de leurs camarades de la filière classique. Cependant, le matériel nécessaire à certaines formations est à la charge des jeunes. Et la facture peut vite augmenter dans certaines professions (comme la restauration ou la coiffure).

En alternance, le rythme est difficile à tenir.

VRAI. Une formation en alternance ne laisse pas beaucoup de temps pour souffler. Aux périodes passées en centre de formation succèdent celles en entreprise : de trente à trente-cinq heures de cours par semaine en CFA (centre de formation d'apprentis), et trente-cinq heures hebdomadaires chez l'employeur. Quand l'organisme de formation ferme ses portes durant les vacances scolaires, le travail en entreprise prend le relais. Tenir le rythme sur la durée n'est pas évident : en période d'examens, se remettre à ses devoirs quand on rentre d'une journée de travail est difficile mais nécessaire. Mieux vaut en avoir conscience avant de s'engager.

En alternance, on est mal payé.

VRAI et FAUX. Comme tout contrat de travail, le contrat en alternance donne droit à une rémunération. Calculée en pourcentage du SMIC, celle-ci est progressive selon l'âge de l'apprenti et la durée du contrat, et peut être majorée en cas d'accord d'entreprise plus favorable. Titres-restaurants, primes, mutuelle, treizième mois, indemnité de transport peuvent également être versés, si c'est l'usage dans l'entreprise. Certains conseils régionaux prévoient aussi des compensations financières pour le transport ou le logement. Si le salaire perçu ne permet pas aux apprentis de subvenir seuls à tous leurs besoins, notamment dans les grandes villes où les loyers sont très élevés, nombreux sont ceux qui apprécient ce début d'indépendance financière.

En alternance, on n’a pas de vacances.

FAUX. Il faut avoir accumulé un an d'ancienneté dans la société avant de pouvoir bénéficier de toutes ses vacances. Les règles sont les mêmes pour tout salarié qui débute dans un nouvel emploi. En alternance, une vide d'adulte commence pour vous. Dès le premier jour de votre contrat, vous serez salarié(e) d'une entreprise ; en formation, certes, mais salarié(e) à part entière, avec des droits… et des devoirs. Pas question de sécher le travail ou les cours !

Si l’entreprise ferme ses portes, on perd tout.

FAUX. L'alternance n'est pas toujours un long fleuve tranquille… Le contrat d'apprentissage peut être rompu par l'employeur ou l'apprenti dans les 45 premiers jours de formation en entreprise sans formalité particulière. Passé ce délai, la rupture ne peut être réalisée que par accord écrit signé entre l'apprenti et l'employé. Toutefois, s'il a obtenu son diplôme ou son titre, l'apprenti peut mettre fin au contrat d'apprentissage avant le terme fixé initialement, s'il en a informé l'employeur par écrit au moins deux mois avant. Si l'entreprise ferme définitivement ses portes, l'apprenti a droit à une indemnisation au moins égale aux rémunérations qu'il aurait dû percevoir jusqu'à la fin de son contrat.

Si l’entreprise ne nous engage pas à l’issue de la formation en alternance, on touche le chômage.

VRAI. À la fin de son contrat, si le jeune n'est pas embauché dans l'entreprise ou ne trouve pas immédiatement un travail, il est considéré comme un salarié sans emploi et peut bénéficier d'une allocation chômage, qui sera proportionnelle au salaire perçu.

Après une formation en alternance, l’employeur n’est pas obligé de nous proposer un poste.

VRAI. À la fin de votre contrat en alternance, votre patron n’a aucune obligation envers vous. C’est pour cette raison que certains employeurs peuvent être tentés d’abuser des contrats d’apprentissage et de professionnalisation. L’alternance n’est donc pas la “solution miracle” pour lutter contre le chômage des jeunes. Toutefois, les taux d’insertion des apprentis permettent de rester optimiste : selon la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) du ministère de l'Éducation nationale, en 2016, sept mois après la fin de leur formation, 65 % des apprentis ayant suivi des études du niveau CAP à BTS ont trouvé un emploi.

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