Le premier Bachelor de Polytechnique fait sa rentrée

71 élèves ont intégré la première promotion du Bachelor de l'École polytechnique. // © Jérémy Barande - École Polytechnique

71 étudiants, de 16 à 20 ans, ont posé leurs valises sur le plateau de Saclay pour les trois ans à venir, engagés dans le tout nouveau Bachelor de l'École polytechnique. Ouvert à des bacheliers français et étrangers, il reste fidèle à l'ADN de l'X : très sélectif et centré sur les maths.

Palaiseau, dans l'Essonne. Ils sont 71, ont de 16 à 20 ans, et arrivent de tous les continents, aussi bien d'Afrique du nord que d'Asie, d'Europe de l'Est que des États-Unis. Les élèves de la toute première promotion du Bachelor de l'École polytechnique, nouvelle formation postbac sur trois ans créée par l'X, viennent de faire leur rentrée sur le plateau de Saclay.

La majorité des élèves ont vécu à l'étranger

L'objectif affiché par Polytechnique est atteint : 52 % d'élèves internationaux. Mais même les Français présents disposent pour la plupart d'une expérience internationale : la majorité d'entre eux a vécu à l'étranger, voire a passé son baccalauréat dans un lycée à l'autre bout du monde. Un tiers de la promo vient ainsi d'un établissement du réseau AEFE (Agence pour l'enseignement français à l'étranger).

C'est le cas de Clara, 18 ans, qui a intégré le Bachelor en septembre. Après un bac obtenu à Singapour, la future étudiante a longuement hésité entre une classe préparatoire en France et cette formation. Armée d'un dossier solide, elle a également postulé à des établissements prestigieux, comme l'Imperial College de Londres, où elle a été admise. "Ce Bachelor m'a semblé un bon compromis, je voulais conserver des cours assez larges et généraux, en évitant la pression et le stress de la prépa. J'ai aussi apprécié l'aspect très international de la formation proposée par Polytechnique", explique-t-elle, visiblement contente de son choix.

À ses côtés, Edison, 18 ans également, a un tout autre profil. Venu d'Albanie, le nouvel étudiant faisait partie des meilleurs lycéens de son pays, tout en étant basketteur professionnel. "Ce qui m'a convaincu, c'est le prestige de l'école et son sérieux. Je suis certain que cette formation va m'ouvrir de nombreuses portes", estime-t-il. Entre deux cours, il apprend le français, qu'il devra parler couramment d'ici la fin de son cursus.

12 heures de maths par semaine

Les élèves ont plutôt intérêt à apprécier les maths, car ils cumulent 12 heures hebdomadaires de cet enseignement. "C'était l'un des points importants dans le recrutement de cette première promotion : nous cherchions des élèves avec un très bon niveau en mathématiques, qui sachent également appliquer les maths aux autres matières scientifiques. Les étudiants ont des niveaux très différents en économie, mais grâce à leur niveau en mathématiques, il est plus facile d'entrer dans les concepts, car ils connaissent déjà le langage", explique Yukio Koriyama, professeur de microéconomie. Mais les autres matières ne sont pas délaissées. Les élèves ont aussi au programme du sport (deux heures par semaine obligatoire), des langues et des cours de culture générale.

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Cette variété de matières, c'est justement ce qui a poussé Camille, 18 ans, originaire du Liban, à candidater. Et à rejoindre l'X, alors qu'il était aussi accepté à l'EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse). "J'apprécie le fait de découvrir des sujets différents, les maths, l'économie, l'informatique, mais aussi des connaissances plus générales", souligne l'étudiant. Les premières semaines, dites de transition, lui ont permis de s'adapter à ce nouvel environnement, de rencontrer ses camarades et de gérer les dossiers administratifs. Les cours commencent tout juste. Pour le moment, pas trop de difficultés pour Camille et ses voisins.

Potentiel académique et motivation

Pour cette première, Polytechnique déclare avoir reçu 500 dossiers. "Notre premier critère était le potentiel académique. Nous demandons dans le dossier les notes depuis la 3e incluse, ce qui nous permet d'observer la progression de chaque candidat. Autre point important : la motivation, avec des questions sur l'attrait pour la science, les passions de la personne et son intérêt pour le Bachelor", détaille Claire Lenz, directrice déléguée du programme Bachelor de l'école.

La promotion compte 35 % de filles et 65 % de garçons. Les élèves ingénieures ne représentent que 15 % des effectifs du cycle polytechnicien. // © Jérémy Barande – Ecole polytechnique

Sur les 500 dossiers, la moitié est retenue pour passer l'oral, en visioconférence, pour départager les derniers candidats. "L'oral dure 50 minutes, dont 30 sur des questions de mathématiques, de difficulté croissante, puis 20 minutes sur la motivation et la culture générale. Il faut être soi-même. Car lorsque les candidats essaient de dire ce qu'ils pensent que l'on veut entendre, nous le voyons rapidement. Mieux vaut parler de soi, de ses intérêts. Certains ont évoqué par exemple leur passion pour la pâtisserie ou les soldats de plomb, et c'est tant mieux !", soutient la directrice. Loin donc de la semaine intense d'épreuves à traverser pour intégrer le cycle ingénieur.

Poursuite d'études obligatoire

Si la sélection est moins rude que pour le cycle polytechnicien classique, le niveau reste très élevé. Attention cependant : le Bachelor donne un niveau bac+3, avec une formation non professionnalisante. ll est donc impératif de poursuivre ensuite ses études. À noter également que cette formation ne donne pas le titre d'ingénieur, réservé au niveau bac+5.

À l'X, seul le cycle polytechnicien, qui recrute à bac+2, est reconnu par la Commission des titres d'ingénieurs. Les futurs diplômés du Bachelor pourront d'ailleurs postuler au cycle ingénieur via le concours de la filière universitaire. "Il n'y aura cependant pas de traitement de faveur parce qu'ils viennent du Bachelor de l'X", insiste-t-on à l'école. Les diplômés pourront également postuler aux masters de Polytechnique ou à ceux de l'université Paris-Saclay. Mais libre à eux de s'inscrire dans une autre école d'ingénieurs française, une formation universitaire scientifique, ou même dans un établissement à l'étranger.

Autre point à noter pour les potentiels intéressés : là où le cycle ingénieur polytechnicien est gratuit pour les étudiants français, les frais de scolarité du Bachelor s'élèvent à 12.000 € par an. Pour fixer ces prix, l'école s'est comparée à des formations similaires dans le reste du monde. "Nous avons effectué un benchmark international, pour décider de ces tarifs, qui sont dans la moyenne des cursus de ce type en Europe. Cependant, il était aussi essentiel pour nous de proposer des aides financières. Ainsi, 35 % de la promotion a reçu une forme d'aide, que ce soit sous forme de bourses ou de prêt bonifié", précise Claire Lenz.

Les prochaines admissions débuteront le 10 octobre 2017, pour la rentrée 2018. Avis aux amateurs.

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