Le portage salarial : l'indépendance, la protection du statut salarié en prime

Le portage salarial permet d'être indépendant tout en bénéficiant d'un statut protecteur de salarié. // © plainpicture/Cultura/Henn Photography

Indépendant ou salarié ? Au début de votre vie professionnelle, c'est une question que beaucoup d'entre vous se posent. Pourtant, il est possible d'échapper à ce dilemme en choisissant le portage salarial. Une forme d'emploi spécifique, qui vous permet de travailler à votre compte, tout en bénéficiant de la protection attachée au statut salarié. Décryptage en 3 points.

Le principe du portage salarial est assez simple: vous êtes libre de choisir vos missions, comme un indépendant, mais avez le statut de salarié, grâce à une entreprise de portage salarial (EPS), qui est votre employeur. Concrètement, vous négociez vos prix et prestations avec votre client, mais c'est l'entreprise de portage qui établit le contrat commercial avec le client, qui lui facture la prestation et qui encaisse les honoraires, tout en vous rémunérant ensuite sous forme de salaire.

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C'est bien l'entreprise de portage qui gère tous les aspects administratifs liés aux missions chez vos clients, et qui vous accompagne au besoin. Vous signez un contrat de travail classique : celui-ci vous assure la protection sociale dite du "régime général", qui s'applique aux salariés (assurance maladie, assurance chômage et retraite). Vous devenez ainsi ce qu'on appelle "salarié porté". Vous êtes payé tous les mois, une fois les charges sociales et les frais de gestion (8 à 15 %) retranchés des sommes versées par les clients.

Faut-il avoir beaucoup d'expérience ?

Le statut du portage salarial s'adresse tout autant à des cadres expérimentés qu'à des jeunes diplômés, à condition d'avoir un domaine de spécialité bien identifié. Les futurs entrepreneurs, qui souhaitent se lancer doucement dans leur activité en la "testant" avant de devenir créateur d'entreprise, peuvent aussi prétendre à cette forme d'emploi particulière. La convention collective impose quoi qu'il en soit d'avoir au minimum un bac+2 ou trois ans d'expérience dans le même secteur d'activité.

Mais le cadre légal oblige cependant de gagner un minimum par mois pour pouvoir prétendre à un contrat de portage salarial, à hauteur de 2.377 € bruts par mois pour un temps plein. Ce qui signifie que vous devez avoir un minimum d'expérience dans votre domaine… et bien sûr, faire preuve d'une réelle capacité d'autonomie !

Pour quels métiers ?

Selon le syndicat des PEPS (professionnels de l’emploi en portage salarial), le portage salarial s'adresse à tout "expert, consultant, formateur ou prestataire de service". Si en général, les professions intellectuelles sont les plus concernées, ne vous laissez pas pour autant impressionner par les termes. Le consulting, en portage salarial, couvre un large champ de compétences : de l'informatique aux ressources humaines, en passant par le graphisme, le marketing, le management ou encore l'ingénierie.

Ainsi, un consultant en bien-être au travail peut être tout autant un professeur de yoga qu'un nutritionniste ! De même, côté commercial, vous pouvez animer un espace de vente ou développer des ventes à l'export, toujours en portage salarial… Bref, n'hésitez pas à vous renseigner auprès des entreprises de portage, qui sont parfois spécialisées dans un secteur, pour mieux comprendre si votre métier peut s'exercer sous cette forme.

Et le temps de travail ?

Comme tout salarié, c'est dans votre contrat de travail qu'il sera précisé votre nombre d'heures de travail. Vous avez la possibilité de travailler à temps plein ou à temps partiel. Dans ce dernier cas, la convention collective permet de travailler moins de 24 heures par semaine, ce qui n'est pas le cas dans tous les secteurs. Bref, la souplesse est de mise.

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