Qui est le meilleur développeur de France ?

Plus de 1.000 participants concourent pour le titre de meilleur développeur de France à Station F. // © Etienne Gless

Plus de 1.000 candidats concouraient au titre de meilleur développeur de France, à Station F à Paris, mardi 19 septembre 2017. Un plus sur un CV, même si ces spécialistes du code n'ont aucun souci à se faire sur le marché de l'emploi. Reportage.

Iron Man, Spiderman, Ghostbusters et personnages Cosplay d'heroïc fantasy déambulent dans les allées. Livreurs de pizzas et ravitailleuses de Red Bull déboulent avec leurs cartons et sacs réfrigérés. Bienvenue à Station F, à Paris, dans l'univers résolument geek du concours du meilleur développeur de France !

"Je suis venu pour me tester ! Et je n'ai pas été déçu : je n'ai pas été sélectionné dans les 20 premiers. Il faudra que je m'organise mieux. Le temps accordé pour résoudre l'algorithme était très limité." Ivan, 19 ans, étudiant en seconde année à l'Efrei, une école d'ingénieurs en informatique, participait pour la première fois au concours du meilleur développeur de France. Pour sa 5e édition, cette compétition d'informaticiens réunissait le 19 septembre plus de 1.000 candidats.

45 minutes pour résoudre 3 questions algorithmiques de difficulté croissante

Dans le "master stage" (autrement dit l'amphithéâtre), deux sessions de 45 minutes doivent départager les 500 candidats. Une musique épique de space opera précède le début de la compétition, le temps que chacun s'installe et se connecte avec ses identifiants. Puis le silence se fait. Concentration oblige. Trois questions algorithmiques de difficulté croissante se succèdent. À la première session, seuls deux développeurs auront su répondre aux trois ! Vingt candidats sont retenus à chaque session et s'affrontent lors de la finale basée sur le même principe.

Entre "team building" et image de "marque employeur"

"Je suis venu en équipe avec d'autres développeurs de Showroomprivé", sourit, bon perdant, Romain, 26 ans, diplômé de Polytech Paris-Sud à la sortie de la session. Crédit agricole, Société Générale, Groupe La Poste… À côté des quelques développeurs indépendants, beaucoup de salariés concourent sous les couleurs de leur entreprise.

Lire aussi : Kévin, développeur : "Mon métier ? 50 % de technique, 50 % de créativité"

"Dans un marché de l'emploi ultra pénurique, ce concours est aussi l'occasion pour les grandes entreprises de travailler leur attractivité auprès des développeurs, de mettre en valeur leur marque employeur", explique Vincent Klingbeil, directeur d'Ametix, qui organise le concours. C'est d'ailleurs un ingénieur de Criteo, entreprise française de reciblage publicitaire cotée au Nasdaq, Stéphane Leroy, qui a gagné le titre 2017 de meilleur développeur, et le chèque afférent de 10.000 €.

Un vrai plus sur un CV pour les étudiants

Malgré tout, pour les plus jeunes développeurs encore étudiants ou en quête d'un premier poste, le concours du "meilleur dév' de France" est aussi un formidable sésame pour un début de carrière. "Être bien classé à ce concours c'est un plus sur un CV", estime Ewen, 25 ans, qui concourt "juste pour le fun". Ce jeune ingénieur chinois tout juste diplômé de Centrale Supelec termine son stage de fin d'études en analyse de données pour Accenture, une multinationale dans le domaine du conseil. "Ma majeure en mathématiques appliquées prépare bien à ce type de concours mais le métier de développeur s'apprend beaucoup sur le tas, seul ou à plusieurs", observe Ewen.

"Réussir à ce concours c'est mieux qu'un diplôme d'école d'ingénieurs classique pour trouver un bon poste", estime François, 19 ans, étudiant à l'ESIEA, une école d'ingénieurs informatiques. "Dans ce métier la pratique compte avant tout. Même si beaucoup de formations académiques préparent bien l'esprit, notamment pour le raisonnement et la logique."

Vincent Klingbeil le constate : "Les candidats indépendants viennent pour obtenir un bon classement, donc de la notoriété et de la visibilité auprès des employeurs. Certains gagnants en dernière année d'école d'ingénieurs ou de fac ont reçu des propositions fermes d'embauche dès le lendemain matin ! L'an dernier un jeune nous a demandé une attestation de 6e meilleur développeur de France. Elle lui a permis d'obtenir un visa et d'aller travailler aux États-Unis." Mais même les perdants n'ont pas trop de souci à se faire. Selon l'organisateur du concours, "le salaire moyen des développeurs est actuellement en forte augmentation. En France un jeune développeur peut, avec 3 à 4 ans d'expérience, monter à 45–50.000 € par an".

Pour aller plus loin