DOSSIER : QUELLES SONT LES ÉCOLES ACCESSIBLES DIRECTEMENT APRÈS UN BAC S ?

Vous êtes en terminale S, vous voulez entrer dans une école mais redoutez la prépa, parce que vous craignez que vos notes ne suffisent pas, que vous hésitez devant l’investissement qu’elle demande, ou que vous souhaitez entrer au plus vite dans l’univers professionnel ? Alors, les écoles postbac sont peut-être pour vous. Écoles d’ingénieurs ou de commerce, elles recrutent au niveau bac et vous délivrent généralement un diplôme de niveau master à l’issue d’une formation de 5 ans. Les conseils de Thomas Fourquet, auteur de "Que faire avec un bac S", aux éditions l’Etudiant.

Après un bac S : les écoles d’ingénieurs et les "prépas intégrées"

Au total, environ 70 écoles d'ingénieurs (publiques et privées) recrutent dès le niveau bac. Un cycle de 2 ans vous amènera ensuite au niveau scientifique nécessaire pour entreprendre le cursus proprement dit, qui dure 3 ans.

Cycle préparatoire et prépa intégrée
Les écoles d’ingénieurs privées qui recrutent au niveau bac sont dites à "prépa intégrée", parce que les étudiants recrutés suivent un cycle préparatoire de 2 ans au sein de l’école. L’objectif est d’acquérir les connaissances fondamentales nécessaires pour entrer dans le cycle ingénieur.

Le "cycle préparatoire", également de 2 ans, dans les écoles d’ingénieurs universitaires comme les Polytech, ou le "1er cycle" dans les INSA (instituts nationaux des sciences appliquées, publics), remplit la même fonction. La distinction est donc principalement une affaire de vocabulaire.

Concours et procédures d’admission
Il existe 2 voies pour entrer dans une école postbac : le concours, qui donne accès à la plupart des écoles d’ingénieurs postbac publiques et privées, et l’admission sur dossier et entretien, qui concerne les INSA et les UT (universités de technologie).

Des concours variés
Les écoles postbac se sont rassemblées pour proposer plusieurs banques d’épreuves communes. Citons les banques d’épreuves FESIC (20 écoles privées), Avenir (4 écoles privées), ENI (5 écoles publiques), Geipi-Polytech (25 écoles publiques, regroupant notamment le réseau des écoles universitaires Polytech et des écoles spécialisées comme l’ISAT Nevers [institut supérieur de l'automobile et des transports], ou AgroSup Dijon).

L’inscription s’effectue sur le site admission-postbac ou, pour le concours FESIC et 7 autres écoles, sur un site spécifique, grandesecoles-postbac. Enfin, quelques écoles ont maintenu leurs propres procédures en dehors de ces portails, comme l’ISTOM (école supérieure d'agro-développement international) ou l’ISE (institut des sciences de l'environnement). Les épreuves varient en fonction des concours, mais sont centrées sur le programme scientifique de 1ère et de terminale, avec parfois du français et de l’anglais. Les concours se déroulent à la fin de la terminale.
 
Les INSA, les UT : une procédure sélective
Les INSA, au nombre de 5 (Lyon, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse), sont publics et recrutent non par concours mais par une procédure d’admission sur dossier (notes de 1ère et de terminale) et entretien. Une 2ème session en juillet s’appuie sur les notes obtenues au bac. La procédure est particulièrement sélective : la quasi-totalité des admis a eu une mention bien ou très bien au bac.

De plus, une très grande majorité sont issus des spécialités maths et physique. Les 3 UT, qui ont à la fois le statut de grandes écoles et d’universités, procèdent également à un recrutement commun sur dossier et entretien via le site ­admission-postbac. Les INSA et UT tirent leur épingle du jeu : elles figurent régulièrement dans le peloton de tête des classements d’écoles postbac.

La prépa intégrée, c’est pour qui ?
Xavier et Ariane, respectivement en prépa intégrée à l’ISEP (institut supérieur d'électronique de Paris) et à l’ECE (Paris École d’ingénieurs), en conviennent : malgré des notes honorables en terminale (autour de 11 de moyenne pour Xavier), ils ne pensaient pas avoir le niveau pour s’engager dans une prépa classique classique.

Clément, lui aussi à l’ISEP, a discuté avec un ami de ses parents qui avait préféré arrêter la prépa avant les concours : "Il faut être extrêmement motivé", a-t-il conclu. Un élément supplémentaire est intervenu dans le choix d’Ariane : "Je savais déjà ce que je voulais faire : travailler dans l’informatique ou l’électronique." Il était donc logique pour elle de choisir une prépa intégrée qui la plongerait dès la 1ère année dans ces matières, plutôt qu’une prépa "classique", plus généraliste.

Sur des rails
Une fois entré en "prépa intégrée", vous suivrez un cycle de 2 ans au cours duquel un travail sérieux, mais moins intense qu’en prépa CPGE vous conduira au cycle ingénieur de l’école.

Un travail sérieux, mais pas acharné
Le programme de la prépa intégrée est moins chargé que celui d’une prépa classique. À l’ECE (concours Avenir), Ariane étudie "l’informatique, l’électronique, les maths, la physique, la communication écrite et orale, l’anglais et l’allemand". Certes, il y a du travail, "mais, à l’ECE, le jeudi après-midi est réservé aux activités extrascolaires : sport, musique, ce qui serait impossible en prépa classique, souligne-t-elle. Nous avons aussi du temps pour les associations étudiantes, les activités extrascolaires".

En effet, les élèves se trouvent plongés dans l’environnement de l’école dès leur arrivée, au contraire de la prépa qui dépend d’un lycée. De plus, l’ambiance est plus détendue, dans la mesure où le concours est derrière vous ! La proximité entre les élèves de prépa intégrée et ceux du cycle ingénieur de l’école facilite l’intégration : "Les élèves de prépa classique ont peut-être un meilleur niveau académique que nous, mais ils sont moins adaptés au système de l’école qu’ils intégreront", estime Clément, aujourd’hui à l’ISEP (Institut supérieur d’électronique de Paris).

Un passage assuré en cycle ingénieur ?
Si la prépa intégrée présente l’avantage non négligeable d’éviter l’épreuve du concours après 2 ans, il ne s’agit pas de s’endormir sur ses lauriers ! "Il y a des élèves qui redoublent ou ne peuvent pas continuer", indique Xavier, qui estime cette proportion à 15% pour l’ISEP. À l’ECE, Ariane trouve la sélection modérée : "Pour ne pas passer en 2ème année, il faut vraiment avoir commis une faute grave." Le système est conçu pour amener les élèves au cycle ingénieur à l’issue de la 2nde année, à la condition qu’ils valident leurs enseignements.

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Tous ces conseils et bien d’autres sont disponibles dans le livre de Thomas Fourquet "Que faire avec un bac S", 12,90€, aux éditions l’Etudiant.

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