1. Nouveaux bacs technos STI2D, STD2A et STL à l’horizon 2012
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Nouveaux bacs technos STI2D, STD2A et STL à l’horizon 2012

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Retour au dossier Nouveaux bacs technos STI2D, STD2A et STL à l’horizon 2012 Nouveau bac techno : mieux que l’ancien ? "Plus général, plus transversal, le bac STIDD va devenir une super option du bac S" Quels enseignements d’exploration en 2nde pour quel bac techno ? Lycée : des élèves de STI2D "aux petits oignons" à Louis-le-Grand
Le profil des nouveaux bacs technologiques STI2D, STD2A et STL, anciennement STI et STL, a été présenté au CSE (Conseil supérieur de l'éducation) du 1er avril 2010 par Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Des modifications applicables en première à la rentrée 2011 et en terminale en 2012. Dans l’esprit de celles déjà prévues pour les séries générales du bac.
À l’issue de la nouvelle classe de seconde générale et technologique, mise en place en septembre 2010, les lycéens qui n’optent pas pour un bac général, pourront s’orienter vers 5 des 8 bacs technologiques. Il s’agit des bacs sciences et techniques de l’industrie et développement durable (STI2D), sciences et technologies de laboratoire (STL), sciences et technologies du design et des arts appliquées (STD2A), sciences et technologies de la santé et du social (ST2S) et sciences et technologies de la gestion (STG). Le bac STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) est accessible après une seconde générale à condition d'avoir suivi un enseignement d'exploration intitulé EATDD (Écologie, Agronomie, Territoire et Développement Durable), qui permet une approche pluridisciplinaire du territoire environnant. Les bacs TMD (techniques de la musique et de la danse) et hôtellerie ne sont accessibles qu’à partir d’une seconde spécifique. Des grands domaines et création d’une série STD2A
Dès 2011, les formations technologiques seront organisées par grands domaines en première. Et les bacs STI seront rebaptisés STI2D. L’actuelle spécialité arts appliqués de la série STI constituera le cœur d’une nouvelle série sciences et technologies du design et des arts appliquées intitulée STD2A. Avec les bacs STL, les nouveaux bacs STI2D verront la diminution du nombre des spécialités proposées auparavant en STI et STL. Elles passeront de 7 à 4 pour la série STI devenue STI2D, et de 3 à 2 dominantes en STL.


Quatre thématiques pour la filière STI2D

Innovation technologique et éco-conception, système d’information et numérique, énergie et environnement, architecture et construction, sont les quatre thématiques qui se substitueront aux 7 spécialités parmi lesquelles un élève entrant en 1ère STI doit aujourd’hui choisir. Le génie des matériaux, génie électronique, génie électrotechnique, génie civil, génie énergétique, génie optique et génie mécanique appartiennent au passé. Et les 6 options que comptait le génie mécanique (productique mécanique, systèmes motorisés, structures métalliques, bois et matériaux associés, matériaux souples et microtechniques), se fonderont également dans les quatre nouvelles sous filières du bac STI2D.


Deux spécialités en STL

Simplification aussi en STL, où les biotechnologies et sciences physiques et chimiques appliquées en laboratoire viendront remplacer les trois spécialités actuelles de la série STL (intitulées physique de laboratoire et de procédés industriels, chimie de laboratoire et de procédés industriels et génie biologique).


Tronc commun d’enseignements généraux et 2ème langue vivante

Dans l’esprit de la réforme du bac général, les nouveaux bacs technologiques STI2D et STL devraient disposeront d’un tronc commun d’enseignements généraux de 17h et 1ère et 7h en terminale. Les contenus et objectifs de ces enseignements se rapprocheront de ceux de la voie générale. Et les élèves de la voie technologique devront obligatoirement apprendre une 2ème langue vivante. Un nouvel enseignement dont le ministère prévoit la mise en place progressive jusqu’en 2015. Avec 2h d’accompagnement personnalisé, l’alignement de l’architecture de la voie technologique sur la voie générale au lycée est parachevé.


Objectifs : passerelles et poursuite d’études

Le document accompagnant le diaporama de l’Education nationale présentant la rénovation de ces séries précise qu’aujourd’hui, "les séries STI et STL (…) enferment les élèves dans des trajectoires souvent irréversibles". En diminuant le nombre de spécialités en séries STI et STL, et en proposant des formations plus polyvalentes pour la voie technologique, Luc Chatel, alors ministre de l’Education nationale, entendait sortir cette voie de l’hyperspécialisation.

Dans le même esprit, la mise en place d’un tronc commun d’enseignements généraux dans la voie technologique comme dans la voie générale, faciliterait les changements de série, voire les passages d’une de ces voies à l’autre en fin d’année de première notamment. Objectif final affiché : favoriser la poursuite d’études des bacheliers techno au sein de filières plus variées, allant du BTS au diplôme d’ingénieur, en passant par les DUT et les licences pro. Mais les intentions affichées par le ministère ne convainquent pas l’ensemble des enseignants des filières technologiques.

Positions divergentes des syndicats
Le SE-UNSA et SGEN-CFDT sont globalement satisfaits de la rénovation proposée pour les séries STI et STL. En revanche, le SNALC-CSEN et le SNES-FSU rejettent le projet qui viserait, selon eux, à effacer la spécificité de la voie technologique.
Pas d’opposition majeure du côté du SE-UNSA. Pour Christian Chevalier, secrétaire général du syndicat, le projet de rénovation proposé par Luc Chatel affiche clairement que "la voie technologique, comme la voie générale, a vocation à préparer les élèves à la poursuite la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur". Un avis partagé par le SGEN-CFDT, à qui les propositions du ministre conviennent, précise le communiqué du 11 mars 2010. 

SNES et SNALC sur la même longueur d'ondes 

Pour le SNES-FSU en revanche, la rénovation des séries STI et STL, vise à réduire le nombre de postes d’enseignants dans la voie technologique. "Troncs communs, diminution des horaires, mise en œuvre de l’autonomie… Tout est prêt pour que cette réforme soit un des moyens de suppression de postes d’enseignants", estime le SNES-FSU dans son communiqué de presse du 10 mars 2010. Pour le syndicat, la généralisation des enseignements est faite pour que "la spécificité de la voie technologique, c’est-à-dire ce qui a permis la réussite des jeunes, soit effacée du 2nd degré. Nous contestons l’idée de tronc commun, avec les mêmes contenus dans les filières", précise Thierry Reygades, secrétaire national chargé de l’enseignement technologique et de la formation professionnelle. Une critique partagée par le SNALC-CSEN, qui associe cette rénovation à une remise en question du "fondement même d'un enseignement technologique".