Le bac, une exception française ?

À l’heure où les systèmes universitaires des membres de l’Union européenne s’harmonisent, les examens qui marquent la fin des études au lycée et permettent l’accès à l’enseignement supérieur demeurent très différents selon les pays. La terminologie seule en témoigne déjà : baccalauréat en France, A Level au Royaume-Uni, Abitur en Allemagne, Reifeprüfung en Autriche, Bachiller en Espagne, ylioppilastutkinto en Finlande… Mais au-delà des noms, les formes d’évaluation varient aussi considérablement.

Contrôle continu ou examen final ? Si la France et l’Irlande s’appuient uniquement sur les résultats à des épreuves terminales, l’Espagne et la Suède délivrent aux élèves leur certificat de fin d’études sur la base des notes obtenues durant leurs dernières années de scolarité au lycée. En République tchèque, en Pologne, en Slovaquie et en Finlande, les élèves peuvent recevoir deux certificats, l’un reposant sur le travail durant l’année scolaire, l’autre sur les résultats à un examen final.

Formules mixtes. La plupart des pays européens ont cependant choisi de mixer les formules et d’évaluer les élèves par le biais à la fois d’épreuves terminales et du contrôle continu. En Allemagne, au Danemark et en Norvège, le certificat de fin d’études secondaires mentionne ainsi les notes obtenues à des épreuves finales dans quelques matières, mais aussi celles acquises dans toutes les matières au cours des deux dernières années. En Italie, l’examen d’Etat final (souvent encore appelé maturità, du nom de l’évaluation qui prévalait il y a une dizaine d’années ) est noté sur 100 points, dont 20 sont attribués au contrôle continu réalisé au cours des trois années de lycée. Les activités extra-scolaires (sportives, culturelles ou humanitaires) des jeunes Italiens peuvent aussi entrer en ligne de compte.

Épreuves nationales ou locales ? Définies en France nationalement, les épreuves sont dans de nombreux pays organisées localement, parfois même à l’échelle seulement de l’établissement comme en Islande. Aux Pays-Bas, l’examen final comporte deux épreuves : une épreuve interne (schoolexamen) mise au point et notée par un enseignant du lycée et une épreuve externe (centraal examen), proposée par un organisme extérieur. Dans plusieurs pays, comme les Pays-Bas ou l’Italie, les correcteurs sont issus du même établissement que les élèves.

Épreuves écrites ou orales ? En Grèce, à Chypre et au Portugal, les élèves ne sont évalués que sur la base d’épreuves écrites. La plupart des autres pays européens prévoient cependant également des épreuves orales. L’examen d’Etat italien repose ainsi sur trois épreuves écrites (comptant pour 45 % de la note) et un entretien (comptant pour 35 % de la note) au cours duquel le candidat défend une « thèse » de son choix.

Un sésame pour le supérieur. Dans la majorité des pays européens, le certificat de fin d’études secondaires ne permet pas à lui seul d’accéder à l’enseignement supérieur. La sélection est en effet souvent de rigueur à l’entrée des universités. Celle-ci peut s’effectuer soit sur la base d’épreuves spécifiques comme en Finlande, soit sur la base des notes obtenues dans le secondaire. Les universités anglaises s’appuient ainsi sur les résultats au A-Level pour recruter leurs étudiants. Le bac français constitue donc bien une exception, non pas tant par la forme de ses épreuves, mais surtout parce qu’il sanctionne d’un côté la fin de la scolarité au lycée, mais de l’autre donne aussi accès à l’université.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la base de données Eurydice qui permet de comparer les systèmes éducatifs en Europe : http://www.eurydice.org



Abibac, bac européen ou bac international

L’Abibac est un examen qui permet la délivrance à la fois du bac français et de son équivalent allemand, l’Abitur et donne accès aux universités françaises et allemandes. Les épreuves sont celles du bac français auxquelles s’ajoutent des épreuves spécifiques en allemand. Pour en savoir plus : http://eduscol.education.fr/D0201/description_abibac.htm

Le bac européen est préparé par les 13 écoles européennes implantées en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg… et qui s’adressent en particulier aux enfants des fonctionnaires européens. Le contrôle continu entre en ligne de compte pour 40 % de la note. En 2007, 1 360 candidats présentent le bac européen, dont un quart en section française. Pour en savoir plus : http://www.eursc.eu

Le bac international n’est pas un diplôme national, mais a été mis au point par un réseau d’écoles privées à travers le monde. Pour en savoir plus : http://www.ibo.org/fr/diploma/. Il ne doit pas être confondu avec l’option internationale du bac français (dit OIB), ni avec le bac mention « section européenne ».





Merland Laurence

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