DOSSIER : JE M’ÉPARPILLE, JE ME DISPERSE !
En rentrant du lycée, seriez-vous du genre à vous jeter avidement sur vos jeux vidéos ou à bayer aux corneilles au lieu de vous intéresser aux mystères des fonctions ? Si c’est le cas, il n’est pas trop tard pour changer. Car, en agissant ainsi, vous perdez énormément de temps, que vous pourriez utiliser autrement... y compris pour vos loisirs !
Des méthodes efficaces pour se concentrer
« Beaucoup d’élèves peuvent rester quatre ou cinq heures assis derrière leur bureau, mais en passer en fait la moitié à rêvasser ou à téléphoner », constate Carole André-Dessornes, qui anime des conférences sur le sujet pour Acadomia (cours de soutien). Or un travail effectif nécessite une parfaite concentration.La partie "primitive" du cerveau. Il est vrai que ce n’est pas si simple, car téléphoner ou jouer est facile, agréable et ne demande aucun effort, à l’inverse du travail. « En cause : notre cerveau, plus particulièrement sa partie “primitive”, qui dirige nos émotions et fait barrage à tout ce qui lui semble désagréable », décrypte Michel Coeffé, professeur au lycée Chaptal à Quimper et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Résultat, on aura tendance à repousser au maximum le moment de s’y mettre, en trouvant d’autres occupations, pas forcément passionnantes.
La concurrence d’Internet
Quand on interroge à ce sujet Sophie, élève en première L au lycée Marseilleveyre de Marseille, on sent que l’on touche un point sensible : « C’est un problème récurrent chez moi, et ma mère me le reproche depuis longtemps. » Si, en cours, Sophie arrive à peu près à maintenir une attention soutenue, une fois à la maison, c’est une autre paire de manches…
« Quand je suis à mon bureau, j’ai tendance à écouter de la musique, je lis, je cherche des trucs. Et même si l’ordinateur est au salon, lorsque je vais sur Internet pour chercher des infos, pour les TPE (travaux personnels encadrés) notamment, je finis toujours par trouver autre chose qui m’intéresse, des scoops sur des acteurs par exemple. »
Établir un échéancier précis
Si vous êtes dans le même cas de figure que Sophie, le principe que vous devez appliquer en premier est la régularité. Les musiciens savent bien que, pour progresser, il est plus efficace de travailler dix minutes chaque soir que trois heures le week-end. Commencez par plancher une demi-heure de suite par jour (montre en main), puis trois quarts d’heure, puis une heure entière. Petit à petit, vous prendrez l’habitude de rester concentré longtemps.
Ensuite, utilisez les vertus du planning. Une fois un exercice terminé, barrez-le sur votre agenda. Vous goûterez alors la satisfaction d’être arrivé au bout de votre tâche et d’avoir avancé. À plus long terme, fixez-vous aussi des échéances précises. Écrivez vos objectifs chaque semaine sur un planning, en fonction de dates butoirs, comme les contrôles. Mathilde, aujourd’hui en première année de médecine à Paris 5, a conservé les habitudes de travail qu’elle avait au collège et au lycée, où elle a décroché un bac S avec mention bien : « À l’époque, je surprenais tout le monde, car je ne travaillais jamais très tard. Je concentrais tous mes devoirs avant le dîner et je me couchais rarement après 21 h 30. »
Éteindre son portable
La série Desperate Housewives passe à la télé ? Enregistrez-la et dites-vous que vous la regarderez une fois le travail achevé. Vos copains vous attendent sur MSN ? Ils peuvent bien mariner un peu… D’une manière générale, veillez bien à dissocier travail et loisirs. D’ailleurs, pour régler le problème, éloignez-vous physiquement de tout « objet tentateur », en conservant sur votre bureau uniquement ce qui vous est utile. « J’éteins carrément mon portable, car même s’il ne sonne pas, j’ai tendance à regarder des photos, vérifier s’il n’y a pas de message… », explique Sophie, jamais en panne de distractions. Et si vous avez toujours du mal à vous y mettre, commencez par le travail écrit, des exercices par exemple, avant le dîner et attaquez les révisions avant de vous coucher, car le cerveau mémorisera plus facilement pendant la nuit.
Se réfugier dans un endroit calme. Le va-et-vient des amis, les cris de la petite sœur, la télé non-stop des parents : si, décidément, vous n’arrivez pas à vous y mettre, allez vous réfugier ailleurs, dans une bibliothèque par exemple, où vous trouverez le calme et, sinon la volupté, au moins la concentration ! « Quand j’ai deux heures de trou, je préfère travailler au CDI [centre de documentation et d’information, NDLR], plutôt que de rentrer chez moi : l’ambiance est nettement plus propice au travail, il n’y a pas de bruit, c’est très agréable », explique Sophie, qui semble cette fois avoir pris de bonnes résolutions…
Six règles pour rester concentré :
1. Je travaille de préférence toujours aux mêmes heures.
2. Je mesure et je limite mon temps de travail.
3. Je me promets une récompense symbolique dès qu’une tâche est terminée (un CD, un thé, un coup de fil…).
4. Je n’abandonne jamais un travail en cours de route.
5. Je fais barrage aux tentations : téléphone, radio, télé, jeux vidéo.
6. Je ne mélange pas le plaisir (télé, nourriture) et le travail.











