Je ne peux pas m’empêcher de sécher les cours

Absentéisme, quand tu nous tiens…

Les retards à répétition, les cours que l’on préfère sécher : ça vous dit quelque chose ? L’absentéisme (soit quatre demi-journées par mois d’absence non excusées) toucherait en moyenne 5 % des élèves (selon une étude de février 2005, de la Direction de l’évaluation et de la prospective). Sans conséquences pour certains, ces absences constituent pour d’autres la porte d’entrée vers le « décrochage scolaire ». Voici nos solutions pour ne pas en arriver là.

Vous préférez filer au café du coin au lieu d’aller en cours ? Attention, ces absences, toujours inquiétantes, peuvent rapidement dégénérer.

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Je ne peux pas m’empêcher de sécher les cours

Un phénomène révélateur de difficultés à suivre


« En dehors de certains lycéens de terminale qui ont un bon niveau et font un choix sélectif de cours, on trouve le plus gros bataillon de “décrocheurs” parmi les élèves de seconde en situation de difficulté scolaire », constate le docteur Montchablon, du Relais étudiants-lycéens, à Paris. On peut sécher pour boycotter une interro, un cours de maths trop difficile ou un prof qui se fait chahuter. Et puis, il est parfois si tentant de filer à l’anglaise quand les mailles du filet sont trop lâches…

Jeanne(**), en seconde au lycée Maurice-Ravel à Paris, le reconnaît volontiers : « Sécher, ce n’est pas si difficile. Au lycée, il n’y a plus de carnet d’appel, et si on n’est pas là le matin, le prof de l’après-midi n’en sait rien. Le CPE [conseiller principal d’éducation, NDLR] n’est au courant qu’en fin de journée et, dans le meilleur des cas, ma mère reçoit une lettre dix jours après : c’est un peu tard pour m’engueuler ! » « Plus grave, certains élèves manquent aussi car ils consomment de la drogue, assure Marie-Hélène, conseillère scolaire à Inter Service Parents. Mais ce n’est jamais un hasard s’ils se mettent en danger, il y a toujours une raison. »

Une phobie scolaire due à un environnement violent


L’absentéisme peut ainsi être le signe révélateur d’une phobie scolaire ou d’une dépression. « Quand on gratte un peu, ajoute-t-elle, on apprend parfois que le jeune ne supporte plus la violence au lycée, à tel point que certains en arrivent à ne plus sortir de leur chambre. »

« J’avais une moyenne désastreuse, de 7 ou 8/20 », raconte Antonin (**), qui a quitté son lycée en première pour Saint-John-Perse, une boîte à bac parisienne. « Mon lycée d’origine était violent. Je suis juif, et les élèves musulmans menaçaient régulièrement de me casser la figure en invoquant le conflit israélo-arabe ». Dernier type d’élève qui sèche, selon Marie-Hélène, « celui qui souffre d’un excès de contrôle sur lui-même et qui préfère carrément s’abstenir, par peur d’échouer, de démériter ».

Des écoles adaptées pour les décrocheurs


Si vos absences commencent à compromettre votre année, sachez qu’il existe des solutions.

Tout d’abord, des écoles spécifiques peuvent vous accueillir. Elles proposent des cours en journée ou le soir selon des horaires décalés, par exemple de 15 heures ou 16 heures jusqu’à 22 heures. Une véritable bouée de sauvetage pour certains : Marie, jeune Parisienne aujourd’hui psychologue, a passé son bac à Saint-Sulpice, à Paris, un établissement privé sous contrat qui accueille pas mal d’élèves dans ce cas.

La jeune femme a apprécié leur souplesse. « J’étais au plus mal, je sniffais de l’héroïne, je n’arrivais plus à aller en cours et j’ai abandonné l’école en seconde. Quand je suis venue les voir, ils m’ont dit qu’ils accepteraient de me prendre en terminale si je réussissais mon bac de français. J’ai demandé à mon frère de me donner des cours (il était passé par une khâgne), et j’ai pu rentrer en terminale, où j’ai finalement décroché un bac L. »

L’internat peut aussi constituer une solution efficace pour ceux qui cherchent un meilleur encadrement. Mais si vous vous sentez fortement déprimé, un suivi thérapeutique se révélera nécessaire. « L’année dernière, deux élèves en situation de phobie scolaire se sont inscrits à l’internat. Mais nous n’avons rien pu faire pour eux : il leur fallait un traitement médical que nous ne pouvions offrir », reconnaît Frédéric Chassagne, directeur de l’internat du lycée de la Sauque à La Brède, près de Bordeaux. Reste qu’un tel suivi permet, dans la plupart des cas, de panser ses plaies avant de se remettre en selle.


(**) Le prénom a été modifié.

Contacts

- Fil Santé Jeunes, tél. 0.800.235.236 ;
- Jeunes Violence Écoute, tél. 08.00.20.22.23 ;
- Inter Service Parents, tél. 01.44.93.44.93 (pour les parents).

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