DOSSIER : BAC DE FRANÇAIS 2012 : LES SUJETS PROBABLES
- Bac de français 2012 : les sujets probables pour les séries générales
- Bac de français 2012 : les sujets probables pour les séries technologiques
- Bac 2012 : corrigé d’un sujet probable de français (bacs généraux), dissertation sur la poésie
- Bac 2012 : corrigé d’un sujet probable de français (bacs généraux), écriture d’invention sur l’argumentation
- Bac 2012 : corrigé d’un sujet probable de français (bacs technologiques), commentaire sur le personnage de roman du XVIIe siècle à nos jours
- Bac 2012 : corrigé d’un sujet de français (bacs généraux), dissertation sur le roman et ses personnages
- Bac 2012 : corrigé d’un sujet de français (bacs généraux), commentaire sur une poésie
- Bac 2012 : corrigé d’un sujet de français (bacs technologiques), l’écriture d’invention sur l’argumentation
- Bac 2012 : corrigé d’un sujet de français (bacs technologiques), le commentaire sur le roman et ses personnages
En fin de première, et pour toutes les séries, c’est l’épreuve du bac qui teste les connaissances littéraires et les capacités rédactionnelles des candidats. Le roman et ses personnages, la poésie, le théâtre, l’argumentation… quels sujets risquent de tomber au bac 2012 ? Nous avons établi des pronostics de sujets, en partie grâce aux réflexions de professeurs, dont certains vous proposent même des corrigés (plans détaillés) de sujets probables. Une aide précieuse pour organiser vos révisions, même si la meilleure façon de réussir votre bac reste, encore et toujours, de ne pas faire d’impasses !
Bac 2012 : corrigé d’un sujet probable de français (bacs technologiques), commentaire sur le personnage de roman du XVIIe siècle à nos jours
Par Murielle Taieb, professeur de français au lycée Victor-Hugo à Besançon.
| Objet d’étude : le personnage de roman du XVIIe siècle à nos jours. Travail d’écriture : le commentaire. Le sujet Dans cet extrait, M. Madeleine, plus connu sous le nom de Jean Valjean, tient la promesse faite à Fantine sur son lit de mort. Il retrouve sa fille Cosette, qu’il aborde dans le bois de Montfermeil, où elle est venue puiser de l’eau pour l’auberge des Thénardier, qui la traitent comme leur servante.
"Cosette, nous l'avons dit, n'avait pas eu peur. L'homme lui adressa la parole. Il parlait d'une voix grave et presque basse. – Mon enfant, c'est bien lourd pour vous ce que vous portez là. Cosette leva la tête et répondit : – Oui, monsieur. – Donnez, reprit l'homme. Je vais vous le porter. Cosette lâcha le seau. L'homme se mit à cheminer près d'elle. – C'est très lourd en effet, dit-il entre ses dents. Puis il ajouta : – Petite, quel âge as-tu ? – Huit ans, monsieur. – Et viens-tu de loin comme cela ? – De la source qui est dans le bois. – Et est-ce loin où tu vas ? – À un bon quart d'heure d'ici. L'homme resta un moment sans parler, puis il dit brusquement : – Tu n'as donc pas de mère ? – Je ne sais pas, répondit l'enfant. Avant que l'homme eût eu le temps de reprendre la parole, elle ajouta : – Je ne crois pas. Les autres en ont. Moi, je n'en ai pas. Et après un silence, elle reprit : – Je crois que je n'en ai jamais eu. L'homme s'arrêta, il posa le seau à terre, se pencha et mit ses deux mains sur les deux épaules de l'enfant, faisant effort pour la regarder et voir son visage dans l'obscurité. La figure maigre et chétive de Cosette se dessinait vaguement à la lueur livide du ciel. – Comment t'appelles-tu ? dit l'homme. – Cosette. L'homme eut comme une secousse électrique. Il la regarda encore, puis il ôta ses mains de dessus les épaules de Cosette, saisit le seau, et se remit à marcher. Au bout d'un instant il demanda : – Petite, où demeures-tu ? – À Montfermeil, si vous connaissez. – C'est là que nous allons ? – Oui, monsieur. Il fit encore une pause, puis recommença : – Qui est-ce donc qui t'a envoyée à cette heure chercher de l'eau dans le bois ? – C'est madame Thénardier. L'homme repartit d'un son de voix qu'il voulait s'efforcer de rendre indifférent, mais où il y avait pourtant un tremblement singulier : – Qu'est-ce qu'elle fait, ta madame Thénardier ? – C'est ma bourgeoise, dit l'enfant. Elle tient l'auberge. – L'auberge ? dit l'homme. Eh bien, je vais aller y loger cette nuit. Conduis-moi. – Nous y allons, dit l'enfant. L'homme marchait assez vite. Cosette le suivait sans peine. Elle ne sentait plus la fatigue. De temps en temps, elle levait les yeux vers cet homme avec une sorte de tranquillité et d'abandon inexprimables. Jamais on ne lui avait appris à se tourner vers la providence et à prier. Cependant elle sentait en elle quelque chose qui ressemblait à de l'espérance et à de la joie et qui s'en allait vers le ciel." Victor Hugo, Les Misérables, partie II, livre III, chap. VII. Vous ferez de ce texte un commentaire en vous attachant aux 2 axes de lecture suivants :
– vous expliquerez comment le récit progresse ;– vous analyserez l’aspect surnaturel de la scène. |
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Le corrigé
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| Introduction |
Il y raconte le destin de Jean Valjean, qui rencontre une femme, Fantine, à laquelle il promet de s’occuper de sa fille Cosette. Dans le chapitre VII du livre III de la deuxième partie de ce long roman, notre héros croise Cosette sur sa route. Mais comment l’auteur met-il en valeur cette scène de rencontre aux yeux du lecteur ? D’une part, il choisit une progression originale de son récit à travers le dialogue. D’autre part, Victor Hugo présente une scène surnaturelle.
| Plan détaillé |
1. Le premier contact s’établit
- passage du vouvoiement au tutoiement : "Donnez" => "quel âge as-tu ?". Le héros se sent rapidement proche de la fillette.
- termes à connotation affectueuse : "Mon enfant", "Petite"… Jean Valjean joue un rôle de protecteur dès le début de leur relation, son ton est même paternel.
L’auteur introduit un dialogue entre les 2 personnages.
- impératif injonctif : "Donnez. […] Je vais vous le porter", Jean Valjean impose son aide à Cosette, il agit dans son intérêt, comme l’indique le pronom personnel complément "vous".
- questions-réponses brèves et précises : "quel âge as-tu ? – Huit ans". Cosette se présente à l’inconnu sans en avoir peur. L’auteur insiste là-dessus dès la première ligne avec son incise : "Cosette, nous l’avons dit, n’avait pas eu peur."
2. Jean Valjean reconnaît Cosette
- comparaison : "L’homme eut comme une secousse électrique." En découvrant le prénom de la fillette, il est vivement ébranlé, c’est un véritable choc.
- le narrateur omniscient nous donne des indices de son trouble : "L’homme repartit d’un ton de voix qu’il voulait s’efforcer de rendre indifférent, mais où il y avait pourtant un tremblement singulier." L’antithèse entre "indifférent" et "singulier" montre à quel point Jean Valjean est touché, il ne parvient pas à sauver les apparences.
II – Le surnaturel de la scène
1. Une coïncidence extraordinaire
Les actions semblent naturelles, tout s’enchaîne sans qu’aucun des personnages ne se pose de questions :
- Jean Valjean impose sa présence à la fillette en partant du constat de la lourdeur de son seau grâce à l’adverbe d’intensité : "c’est bien lourd" remplacé par "très lourd" lorsqu’il porte le seau à son tour.
- Victor Hugo ne fait même pas mention du fait qu’il prend le seau : "Cosette lâcha le seau. L’homme se mit à cheminer près d’elle." Ces 2 phrases sont simplement juxtaposées, son geste est si évident qu’il est inutile d’y faire mention.
2. Une confiance sans limites
Victor Hugo insiste sur les sentiments de Cosette :
La fillette donne sa confiance à l’homme, qui est pourtant présenté comme louche lorsqu’il prend la parole :
- termes péjoratifs : "d’une voix grave et presque basse", "entre ses dents", "brusquement".
Le pronom personnel indique qu’ils doivent former une unité selon le souhait du héros => "Nous y allons", Cosette marque son assentiment, le rapprochement est ainsi scellé.
La fin du texte éclaire le lecteur sur l’importance de la scène :
- champ lexical de la foi : "providence", "prier", "ciel", il s’agit donc d’un miracle.
- démonstratif : "cet homme" (jusqu’ici c’était "l’homme"), l’auteur lui accorde un nouveau statut, celui de sauveur de Cosette.
| Conclusion |
C’est ainsi que Jean Valjean et Cosette, poursuivis par Javert et ses policiers, vont trouver refuge dans le couvent du Petit Picpus où le père Fauchelevent les aidera en faisant passer notre héros pour son frère, Ultime.







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