Sujet et corrigé - Bac ES 2012 - histoire et géographie - Annales - Exercices

Type de doc : Annales - Exercices  |  Matières : Géographie , Histoire   |  Niveau d'études : Terminale ES voirVoir tous les autres documents en Terminale ES Géographie , Terminale ES Histoire

le sujet et le corrigés d'histoire géographie du bac ES - 2012

19062012_Hist-géo L ES

le sujet :

 

Le corrigé :

 

PREMIERE PARTIE

 

Sujet I

Composition : « L’Europe dans la guerre froide (1947-1989). »

 

Sujet rarement tombé au baccalauréat sous cette formulation en composition, et qui correspond à différents chapitres du programme. Il ne s’agit ici ni de raconter seulement la guerre froide ni de raconter seulement l’histoire européenne, mais d’expliquer l’influence de la guerre froide en Europe et l’influence des événements européens sur les relations entre les deux Grands.

Les bornes chronologiques sont connues. L’année 1947, avec la promulgation des doctrines Truman et Jdanov, donne un socle idéologique à l’affrontement qui se prépare, mais ces événements ne concernent pas seulement l’Europe. Cette année est surtout l’année de l’adoption du Plan Marshall par un certain nombre d’États européens, qui formeront à terme ce que l’on appelle sous la guerre froide le « bloc de l’ouest », et l’année de son refus par d’autres États, qui rejoindront, de manière plus ou moins forcée comme la Tchécoslovaquie, le « bloc de l’Est ». L’année 1989 marque à la fois la chute du mur de Berlin, la fin des régimes communistes sous pression de la rue et des dissidents, et la fragilisation du régime soviétique en URSS. Pour notre sujet, le tournant est celui de la théorie des dominos appliquée aux régimes communistes d’Europe de l’Est : manifestations exigeant une libéralisation et la liberté de mouvement, chute inattendue du mur de Berlin (qui n’est qu’un symbole), ouverture du rideau de fer entre la Tchécoslovaquie et la RFA, manifestations massives en Pologne, en RDA, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, puis plus difficilement en Roumanie et en Bulgarie, et chute de l’ensemble de leurs régimes communistes avant Noël. Ces deux années 1947 et 1989 marquent une cohérence qu’il faut expliquer, sans donner tous les détails, en introduction. Il ne faudrait pas non plus se focaliser uniquement sur les événements liés à l’affrontement bipolaire : la gestion du plan Marshall a permis aux pays alliés des États-Unis de créer entre eux des liens économiques et politiques (OECE), jusqu’à pousser la France et la RFA à s’associer dans un certain nombre d’entreprises de coopération interétatiques avec le soutien américain (CECA, CED, CEE). Même si la construction européenne n’est pas le cœur central du sujet, il ne faut pas la négliger pour autant.

Le plan le plus attendu est chronologique. Attention à ce que les charnières des parties correspondent à des événements liés à l’histoire européenne.

On peut imaginer une problématique qui interroge les liens entre les événements de la guerre froide et les relations entre États européens, et corresponde à un plan chronologique. Voici ce qui n’est qu’une proposition, bien des plans pouvant être utilisés à condition de toujours relier guerre froide et histoire européenne : 1. Une Europe scindée par la guerre froide (1947-1961), l’occasion d’aborder la constitution des blocs et la fin de la Grande Alliance par le partage physique de Berlin, les crises de Berlin (notamment les événements de Berlin-Est) jusqu’à la construction du mur, le plan Marshall les prémisses de la construction européenne ; 2. Une Europe de l’Ouest qui s’enrichit face à une Europe de l’Est qui conteste (1962-1980), en insistant sur les différences politiques (démocraties libérales/démocraties populaires), économiques (économie libérale manifestée par la CEE/économie planifiée du COMECON), l’influence du communisme en Europe de l’Ouest et le poids de plus en plus fort des mouvements de dissidence en Europe de l’Est (la Charte 77, l’influence des écrits du russe Soljenitsyne, etc.), l’ensemble étant englué dans une détente qui n’a que le nom pour réalité entre la propagande américaine d’un côté (Radio Free Europe) et la doctrine Brejnev de souveraineté limitée des démocraties populaires de l’autre ; 3. Une Europe de l’Est qui s’affranchit progressivement de la tutelle soviétique pour épouser le modèle européen de l’ouest (années 1980), il faut ici insister sur les événements de Pologne (Solidarnosc, Jean-Paul II, l’état de siège), les attentes face aux réformes de Gorbatchev que les PC d’Europe de l’Est regardent avec méfiance, et terminer sur les événements de 1989, dans lesquels le hasard, l’influence des foules assemblées et le rôle des dissidents sont à mettre en avant. On peut terminer sur les espérances manifestées par les opinions publiques d’Europe de l’Est à rejoindre une CEE considérée comme un eldorado politique et économique, qui oblige la CEE à réfléchir à sa transformation en une Union européenne.

 

Sujet II

Composition : « La Ve République : institutions et vie politique ».

 

Sujet de cours, qui peut donner le sentiment de la facilité, et qui peut sembler attendu au regard des événements de la première moitié de l’année 2012. Il est donc d’autant plus attendu par les correcteurs, qui seront attentifs à la qualité de la problématisation et du plan choisi.

Une première chose : il est très dangereux de construire sur ce sujet un plan en deux parties avec 1. Les institutions 2. La vie politique, d’abord parce qu’elles seraient très déséquilibrées, mais surtout parce que le sujet invite en réalité à se demander quelles relations la lettre des institutions entretient avec l’évolution de la vie politique française depuis 1958.

Construites pour correspondre aux idéaux d’un Charles de Gaulle qui développe depuis 1946 l’idée d’institutions fortes organisées autour d’un président « clé de voûte des institutions », les institutions françaises sont également parlementaires, mettent en avant les corps intermédiaires (comme les syndicats, les associations, etc.), sont en partie décentralisées et permettent aux citoyens de s’exprimer par référendum.

Deuxième difficulté : le sujet ne demande pas de raconter l’histoire de la Ve République, mais de choisir les éléments qui ont vu se transformer les relations entre les institutions et la vie politique française, comme lorsque les Français ont choisi par référendum d’élire le président au suffrage universel, ou lorsque la décentralisation a été mise en place à partir de 1982, ou encore lorsqu’un nouveau référendum, en 2000, a réduit le mandat présidentiel à 5 ans en le faisant correspondre au mandat parlementaire, etc.

Plusieurs plans sont possibles, chronologiques comme thématiques. Voici une proposition de plan chronologique. 1. Des institutions gaulliennes, une vie politique au service du pouvoir (1958-1974). On peut aussi appeler ce titre la « Ve République gaullienne ». Il s’agit ici d’expliquer le fonctionnement des institutions (une république, une démocratie parlementaire, un président au cœur de l’exécutif), le poids des référendums dans la relative marginalisation des partis politiques, et prendre l’exemple de Mai 68 pour montrer comment une révolte populaire est transformée en victoire politique du pouvoir en place. 2. Des institutions qui se transforment pour correspondre aux attentes de proximité des citoyens (1974-2000). Une série de réformes, comme le recul de la majorité à 18 ans, la décentralisation, l’accélération de la construction européenne avec le traité de Maastricht et le principe de subsidiarité, cherchent à faire des citoyens les acteurs théoriques de leurs décisions. L’essor de nouveaux partis (écologistes, Front national, etc.), l’essor de l’abstention et les trois cohabitations montrent un éclatement de l’offre et une difficulté de l’opinion publique à la comprendre. 3. Des institutions qui évoluent pour donner plus de cohérence et d’efficacité au pouvoir politique (depuis 2000). Le référendum de 2000, la marginalisation de la gauche lors du 2e tour des présidentielles de 2002, le référendum sur le traité constitutionnel, l’essor de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche, la succession des alternances au pouvoir, l’influence grandissante des régions et de l’Union européenne dans la vie quotidienne.

 

 

Sujet III

Etude d’un Ensemble Documentaire : « Vers un nouvel ordre mondial : espoirs et réalités »

Document 1 : Le « nouvel ordre mondial » selon John Kenneth Galbraith.

Document 2 : De l’anticommunisme au jihad anti-américain, par Gilles Kepel.

Document 3 : Les États-Unis et le monde [caricature].

Document 4 : Les défis d’un monde qui change, rapport de Kofi Annan (2005).

 

Questions

On pouvait attendre, dans les réponses, les expressions ou événements suivants.

Q°1. Nouvel ordre mondial dont l’équilibre dépend des relations entre pays riches et pauvres, nécessité d’aide à la transition vers la démocratie et le capitalisme par « de l’argent et des crédits » des pays riches vers les pays pauvres, nécessité de lutte contre la pauvreté et pour l’éducation. Rôle central de l’ONU, revenu au centre des relations internationales lors de la guerre du Golfe (URSS passive), nécessité d’un « certain » abandon de souveraineté des États au profit de l’ONU pour qu’elle agisse à la fois pour faire respecter la Charte (pas d’agression d’un État contre un autre) et pour empêcher les « massacres » à l’intérieur d’un pays membre (droit d’ingérence développé par Bernard Kouchner).

Q°2. Limites et menaces : la volonté des États-Unis de ne pas céder un pouce de souveraineté (doc.1), l’essor du terrorisme islamiste issu de la guerre froide et la difficulté à la cerner en un État ou un groupe unique (doc.2), la difficulté à penser la complexité du monde avec la doctrine Bush de lutte contre l’Axe du Mal (2001).

Q°3. Ce document témoigne d’une vision manichéenne du monde : les États et les peuples sont séparés entre ceux qui correspondent aux valeurs reconnues comme le Bien et celles définies comme l’incarnation du Mal, les États-voyous (Rogue States), qui refusent l’influence américaine, et/ou des idées considérées comme occidentales (libéralisme politique, libéralisme économique, droits de l’homme).

Q°4. En 1991, Galbraith préconisait une accentuation de la gouvernance mondiale par un poids plus important accordé à l’ONU pour 1/ lutter contre les États qui menaceraient leurs propres peuples ; 2/ lutter contre la pauvreté ; 3/ lutter pour l’éducation. En 2005, l’ONU est redevenue un lieu de discussion, mais les tensions nées du 11 Septembre ont réduit l’aide du Nord vers le Sud, le Nord étant préoccupé de la seule sécurité. Si le monde est « plus riche » qu’en 1991, « la répartition » de cette richesse est plus inégale. Aucun des objectifs de 1991 ne semble avoir été atteint, et l’ONU fait face à une « perte de confiance » qui remet en cause le principe même d’une gouvernance mondiale.

 

Réponse organisée : « Vers un nouvel ordre mondial : espoirs et réalités ».

Plan possible : 1. Les espoirs de 1991 : rôle central de l’ONU, lutte contre la pauvreté, gestion commune des affaires du monde. 2. Le terrorisme et ses conséquences : fin du multilatéralisme, doctrine Bush de l’Axe du Mal, priorité accordée à la sécurité. 3. En 2005, accentuation des inégalités Nord/Sud, influence majeure des États les plus riches, tentatives d’organisation des pays des Suds pour contrebalancer l’influence américaine.

 

DEUXIEME PARTIE

 

Sujet I

Croquis : « Un espace en recomposition : la Russie »

 

Croquis de cours, plusieurs plans sont possibles.

On attend ici que soit montrées les inégalités d’occupation du territoire russe et les flux qui tentent un difficile rééquilibre entre Ouest et Est, et entre ouverture européenne et ouverture asiatique.

Légende possible : 1. Un espace inégalement peuplé et industrialisé (Centre moscovite et Ouest Oural, périphérie intégrée de la Sibérie centrale et du Sud. 2. Une périphérie marginale mais en voie d’ouverture (Sibérie orientale, pétrole et gaz, fronts pionniers, route potentielle via l’Océan Glacial Arctique). 3. Une ouverture inégale vers les espaces frontaliers (ports de Saint-Pétersbourg et Vladivostok, frontières attractives avec l’UE et avec la Chine et le Japon).

 

Sujet II

Croquis : « Centres d’impulsion et inégalités de développement dans le monde »

 

Croquis de cours. Plusieurs plans possibles, mais il faut éviter la légende 1/centres d’impulsion, 2/inégalités de développement.

Légende possible : 1. Les espaces moteurs (limite Nords/Suds, pôles de la triade, pays émergents, métropoles centres d’impulsion mondiaux) ; 2. Les flux majeurs qui accélérent le développement (produits manufacturés, produits pétroliers, produits financiers) ; 3. Les espaces mal intégrés ou marginalisés (les Suds hors les pays émergents, isoler les PMA).

 

 

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