Sujet et corrigé - bac L 2013 - philosophie - Annales - Exercices

Type de doc : Annales - Exercices  |  Matière : Philosophie   |  Niveau d'études : Terminale L voirVoir tous les autres documents en Terminale L Philosophie

Le sujet de philosophie au bac L 2013 et son corrigé.

Le sujet :


Le corrigé :

corrigé : sujet 1
: Le langage n'est-il qu'un outil?


Problème: l'association langage et outil est un lieu :  le langage est pensé spontanément comme outil de communication , parfois de pouvoir, en tout cas comme un moyen d'exprimer sa pensée ( ou de l'imposer). Réduire le langage à cela, c'est dire qu'il est extérieur à la pensée et ne vaut pas en soi, il n'est qu'un moyen ayant une valeur relative. Or on peut penser que le langage est intérieur à la pensée et qu'on peut en user pour lui-même ( ce que fait le poète) ou dans un but non utilitaire. Et c'est peut-être là que le langage se révèle comme le plus utile dans son unitilarité.


  Plan possible

I. Le langage est d'abord un outil de communication
o    que ce soit chez l'animal ou l'homme, le langage est d'abord une capacité à communiquer ses affects ou ses pensées. La distinction de la parole humaine par rapport au langage animal ne se fait pas d'abord quant au but, mais dans le moyen : d'un côté des signes et de l'autre des signaux, et sur la liberté de la prise de parole par opposition à la communication soumise aux passions chez les animaux.
o    Les mots sont le véhicule de la pensée entre un émetteur et un récepteur, même s'il y  a différentes fonctions du langage ( expressive, impressive, phatique...)
o    le langage a une fonction utilitaire- thèse de Bergson d'où d'ailleurs un langage qui correspond à une certaine catégorisation du réel qui va ensuite influer notre rapport au monde et à nous-mêmes : faire écran


II. Le langage est plus qu'un outil, il est la condition de la pensée et de nos représentations avant nos communications
o    il est ce qui permet à notre pensée d'être, d'avoir une existence pour nous et de se clarifier. ( Thèse de Hegel). Rapport d'intériorité avec la pensée.
o    Il est ce qui détermine notre rapport au monde: « nous habitons  notre langue » Martinet. Les mots ne sont pas des outils, mais des guides qui nous permettent de nous représenter le monde.
o    Il est la condition d'une pensée conceptuelle; les idées générales; abstraites ne sont formées que par et dans les mots
o    les mots devraient nous permettre de cerner les essences, d'où l'idée de créer un langue de la raison et non plus des apparences et du sensible dans le Cratyle de Platon


III. Réduire le langage et les mots à des outils, c'est faire un usage bien limité de ceux-ci et être parfois doté d'un ustensile inadéquat
Réduire les mots à une communication utilitaire, c'est réduire le langage à un outil de survie qui peut même nous desservir en nous faisant manquer la réalité; le langage est limité par cette fonction utilitaire, comme le suggère Bergson avec l'idée que les mots recouvrent la réalité plus qui ne nous permettent de la saisir, quand on est dans un découpage utilitaire de celle-ci.

L'artiste aurait  un coin du voile levé et il nous permettrait de renouer avec le cœur de la réalité et de nos états d'âme en deçà des mots, au-delà des mots les mots peuvent valoir pour eux-mêmes : leur sonorités, leur pouvoir évocateur peut susciter des états d'âmes; C'est l'usage poétique des mots pour les mots, sans souci de communiquer mais simplement de faire advenir à l'être, rendre présent et sensible.


Corrigé sujet 2 :
La science se limite-t-elle à constater des faits?

Problème: constater, c'est prendre acte de l'existence de quelque chose, c'est se contenter de récolter un fait déjà donné. C'est une représentation que l'on peut avoir de la démarche scientifique, c'est ce qu'on appelle l'empirisme. Mais cette conception (bien que rassurante, le scientifique ne serait qu'un récepteur objectif et passif de faits déjà donnés et donc correspondants à ce qui est) est très discutable. En effet, on peut penser que d'un simple constat ne peut sortir une connaissance et que donc on ne découvre que ce que l'on cherche, d'où le rôle prépondérant de la théorie en science.

C'est la conception dite rationaliste de la science. Ce sujet invite donc à interroger la nature de la démarche de la science: est-elle empiriste et inductive ou hypothético-déductive? Il invite aussi à interroger la notion de « fait scientifique » : un phénomène naturel est-il un fait scientifique?

I. La science semble se contenter de constater des faits
- la science a réduit son domaine d'étude au domaine de l'observable et ses prétentions à la recherche des lois invariables des phénomènes ( A. Comte et la loi des 3 états)
- le scientifique part de l'expérience, de l'observation même s'il se méfie de l'expérience première et si ce constat lui permet déjà de lever certaines erreurs, cette observation étant faite avec précaution et un effort d'objectivité et d'attention.
- on peut penser que la connaissance scientifique est inductive : à partir de ces constats le scientifique va passer des énoncés d'observation particuliers à des énoncés généraux sous certaines conditions

II. Les limites de l'empirisme
- cette passivité du scientifique face aux faits est illusoire (pas d'œil innocent) et source d'erreur. (il s'agit d'interroger souvent ce qui se présente à nos sens): notion d'obstacle épistémologique chez Bachelard
- si elle était, elle serait stérile: on ne constate que ce qu'on s'attendait à voir, que si on sait où et comment observer. En ce sens Francis Bacon distingue deux formes d'empirisme: celui de la fourmi qui récolte les faits au hasard et sans discrimination qui n'apprend rien et l'abeille qui avec méthode (tables d'observation à la main) organise et distille ses observation.
- la notion de « fait polémique » : une expérience vise toujours à tester une théorie selon un protocole expérimental OU les observations qui intéressent le chercheur sont celles qui se rapportent à une théorie soit parce qu’elles semblent la confirmer, soit parce qu’elles semblent l’infirmer. C'est ainsi qu'on passe  d'un « phénomène naturel » à un « fait scientifique » qui est toujours « polémique »
Ex: l'urine des lapins « carnivores » de Claude Bernard.

III. Le scientifique interroge le réel, « la raison prend les devants », « un activiste » comme le dit Merleau-Ponty de Galilée, le père de la science moderne. La science va au-delà des faits ou reste en deçà des faits eux-mêmes.
- Le fonctionnement de la science montre que la théorie vient le plus souvent avant l’expérience elle-même.
Ex: découverte de Neptune par l'astronome Le Verrier (1846) sans constat: ce sont ses calculs qui ont permis de constater l'existence de cette Planète
- la science va au-delà des faits dans le sens où le scientifique s'il s'en tenait à eux serait condamné à ne pouvoir dégager aucune loi  
1) car la nature n'offre pas à l'observation l'idée de loi mais plutôt celle d'une diversité sous la régularité et certaines généralités. L'idée de loi, que la nature est « écrite en langage mathématique » ne vient pas d'un constat. C'est une hypothèse, voire un postulat
2) il ne pourrait pas par expérience et donc constat établir la vérité d'une loi, d'où le falsificationnisme de Popper.
- si on distingue fait et phénomène, on peut même soutenir que la réalité (en soi) échappe peut-être à la science, condamnée à une simple description de ce qui apparaît, des phénomènes que sont les « faits scientifiques » pour nous.. On peut penser ici à la fameuse métaphore de la montre fermée d'Einstein et à l'impossibilité d'ouvrir le boîtier.


Corrigé sujet 3
 Texte Descartes


La notion de personne est définie par Descartes comme un être raisonnable, autonome et irremplaçable qui en quelque sorte s'impose comme une évidence. Un homme, une personne, c'est une entité qui me constitue en tant qu'individu et me différencie de tout autre. Cependant, Descartes convient que « en quelque façon » on ne saurait subsister seul. Comment en effet ne pas penser que nous appartenons à aussi à un public,à une communauté dont on ne saurait nier les intérêts généraux ? Le problème de l'auteur est de comprendre comment concilier ma subjectivité et les intérêts des autres pour vivre bien sans se nuire à soi-même ni aux autres. L'enjeu est la morale, c'est à dire la réponse à la question « que dois-je faire? » que Descartes déduit ici d'une connaissance de soi et du rapport aux autres.


I. La personne, une évidence qui s'impose (l. 1 à 7)

Ce qui peut être évident à tous les esprits et considéré comme un principe, c'est-à-dire ce qui n'est pas remis en doute, c'est la notion de personne. D'emblée la personne induit un devoir (on doit toutefois penser), devoir qui est de nous faire penser non pas en égoïste ou en tant qu'être supérieur et privilégié mais en tant que parties d'un tout. Chacun concourt à composer, selon une proportion du plus grand au plus petit, l'univers, la terre, la société,la famille. Non seulement chacun compose ce tout, mais, lui est joint, ce qui signifie le caractère indissociable ou plus exactement le caractère néfaste pour celui qui voudrait se dissocier. Bien  plus, Descartes explique que ce lien est un véritable serment, c'est-à-dire un engagement, une sorte de contrat tacite qui nous lie aux autres membres de la communauté. Quand nous naissons par exemple, nous nous engageons dans une famille, de même qu'avec nos amis ou pour notre patrie. Qu'est-ce qui vaut plus notre personne ou ceux à qui nous sommes unis ?


II. Préférer l'universel au particulier (l. 7 à 12)

Descartes affirme comme une nécessité (il faut toujours) la priorité de l'universel sur le particulier. Il va cependant nuancer cette affirmation lorsqu'il s'agit du rapport entre le tout et la partie que constitue sa propre personne. Lorsqu'il s'agit de soi-même, c'est la raison qui nous permet de choisir entre un grand mal et un petit bien. La raison, c'est la faculté de juger, de distinguer le vrai du faux, le bien du mal. La raison permet donc de calculer, de comparer ce qui entre un grand mal et un petit bien me procurerait le plus d'avantage. C'est la mesure et la discrétion ici qui joue le rôle du bon sens et de raisonnement avisé, c'est ce qui nous permet de choisir, de trancher entre deux possibilités : qu'est-ce que cela peut nous apporter de choisir entre un grand et un petit mal (un dommage corporel ou moral). Descartes souligne toutefois un cas exceptionnel, celui de la vie d'un individu qui vaut plus que la liberté d'une ville.


III. L'alternative (l. 12 à fin)

Descartes laisse au lecteur le soin de comparer les conséquences désastreuses d'une première possibilité s'il rapporte tout à lui-même : Dans ce cas, il perd tout, tout ce qui fait qu'une vie humaine est celle de la personne autonome liée à autrui. Il perd l'amitié, la fidélité (au serment décrit plus haut), la vertu qui consiste à privilégier le tout sur la partie. Il faut donc comparer avec la deuxième possibilité qui elle est bénéfique : « s'il prend le point de vue de la partie ordonnée au tout », dans ce deuxième cas on prend plaisir à faire du bien pour tous, et même plus, on a le bonheur de risquer sa vie pour les autres (la patrie).


La première des vérités cartésienne est l'existence en tant que personne (je suis, j'existe). Mais si je suis, c'est en tant qu'être pensant. Descartes insiste ici sur le rôle en morale de la pensée et plus particulièrement de la raison qui détermine nos choix. On ne peut pas échapper à cette question « que dois-je faire ? » mais la raison nous indique quel choix est le plus favorable, quel choix nous rendrait plus heureux. Faut-il se sacrifier pour sauver les autres, pour leur liberté ? Le bien est si grand qu'il mérite sacrifice : c'est la générosité qui  s'exerce pleinement pour un bien de la communauté qui a toujours une plus grande valeur que le contentement individuel.

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