1. Cours de code au collège : un combat de robots-sumos au programme
Reportage

Cours de code au collège : un combat de robots-sumos au programme

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Le robot-sumo programmé par les élèves de 3e. // © erwin canard
Le robot-sumo programmé par les élèves de 3e. // © erwin canard

Depuis la rentrée 2016, des notions de code et d’algorithme sont au programme au collège. À l'occasion de la Code Week, L'Etudiant s'est rendu dans une classe de troisième pour découvrir comment elles étaient enseignées. Reportage.

"Que doit faire le robot quand il arrive au bord du dohyo ?" C’est la question à laquelle doivent répondre les dix élèves du demi-groupe de la classe de troisième F du collège Pablo-Neruda de Pierrefitte-sur-Seine (93), durant leur cours de technologie, ce mardi 18 octobre 2016.

Le dohyo est une sorte de ring circulaire sur lequel s’affrontent deux robots-sumos. Un robot gagne le combat lorsqu’il est parvenu à faire sortir son adversaire de la plateforme de lutte. D’où la question de ce jour, dont la réponse doit permettre d’éviter la défaite !

Le code présent au brevet

Pour résoudre le problème, les élèves ne doivent pas seulement exprimer en français ce que le robot doit faire. "Ils doivent certes, dans un premier temps, décrire les actions du robot. Mais ils vont ensuite traduire ces mots en langage de programmation", explique Rodolphe Mouix, enseignant de technologie dans ce collège classé REP (réseau d’éducation prioritaire) de 680 élèves. Autrement dit, ils vont "coder".

Depuis la rentrée 2016, l’apprentissage du code est en effet un thème des programmes de mathématiques et de technologie au collège et il existe désormais un exercice de programmation informatique au brevet. Il fait également partie du socle commun de connaissances. Chaque élève doit, en fin de scolarité obligatoire, savoir "appliquer les principes élémentaires de l’algorithmique et du codage".

Traduire en langage informatique

Mais revenons à notre robot-sumo. "Quand il est au bord du dohyo, il doit tourner à gauche ou à droite pour tenter d’éviter la chute", soumet un élève. "Quand le robot ne détecte plus le dohyo noir grâce à ses cellules infrarouges, il doit s’arrêter", suppose son camarade Nadir. L’enseignant note les propositions au tableau. "Et qu’est-ce qu’on fait maintenant ?", demande-t-il. "On teste !", répondent les élèves en chœur.

Chacun se dirige alors vers un ordinateur, ouvre le logiciel de codage et commence à "traduire" ces actions en langage de programmation informatique. Chaque action – s’arrêter, tourner, avancer, etc. – correspond à un élément de code. "L’objectif n’est pas qu’ils deviennent des spécialistes du programme, d’autant qu’il est probable qu'il sera désuet dans cinq ans, souligne Rodolphe Mouix. Le but est de réfléchir à la logique : si le robot fait telle action, cela induit telle autre action, et ainsi de suite. Et nous travaillons dans le même temps la langue française, le langage scientifique et le code." Un travail qui est appliqué à un projet concret. "Cela a davantage de sens pour eux", ajoute l’enseignant.

Devenir acteurs, pas qu'utilisateurs

Une fois le programme établi sur l’ordinateur, les élèves le chargent, à partir d’un boîtier et à l’aide d’un câble, sur le robot (la classe dispose de trois engins). Puis vient l’heure de vérité. Le robot est placé sur le dohyo, mis en route et agit désormais seul. Va-t-il tomber ? Certains élèves sont parvenus à l’arrêter au bord, d’autres non. Les élèves réfléchissent avec l'enseignant aux raisons de leur échec.

"Le monde dans lequel vont évoluer ces enfants sera un monde ultra connecté, indique Rodolphe Mouix. Enseigner le code leur permet d’avoir un regard critique, qu’ils sachent que ces objets connectés sont le fruit du travail de plusieurs acteurs. Et qu’ils se disent qu’ils peuvent être acteurs et pas seulement utilisateurs."

À la fin de l’année, l’objectif est que ces robots-sumos soient fin prêts pour un vrai combat, aussi bien à la fois au niveau de la programmation que de l’arsenal de bataille. En effet, les élèves vont concevoir sur ordinateur une "lame", comme celle d'un chasse-neige, afin de pouvoir pousser les adversaires. Puis ils la produiront en utilisant une imprimante 3D. Et, enfin, le gong de l'affrontement final pourra retentir.

Qu'est-ce que la Code Week ?

La quatrième édition de la Code Week se déroule dans toute l'Europe du 15 au 23 octobre 2016. Il s'agit d'une semaine destinée à "célébrer l’apprentissage du code et la programmation numérique". En France, 168 ateliers sont organisés durant cette période. Ces événements réuniront jeunes et adultes, dans des classes ou des bibliothèques par exemple, autour de la programmation, afin de s'en servir comme "outil de création". En 2015, plus de 500.000 personnes ont participé à environ 8.000 événements organisés dans 46 pays.