1. À quoi reconnaît-on un bon collège ?
Décryptage

À quoi reconnaît-on un bon collège ?

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Un bon collège, c'est aussi des professeurs qui valorisent systématiquement ce que l'élève réussit, plutôt que l'inverse. // © Phovoir
Un bon collège, c'est aussi des professeurs qui valorisent systématiquement ce que l'élève réussit, plutôt que l'inverse. // © Phovoir

Comment savoir si vous êtes dans (ou si vous visez) un bon collège ? Si le taux de réussite au brevet et le nombre de mentions vous livrent une première indication, ils ne reflètent pas tout. L’Etudiant a dégagé 5 indicateurs importants pour pondérer votre jugement.

1. De nombreuses mentions “très bien”

"Un bon collège ? C'est un collège qui affiche un taux élevé de réussite au brevet", répond sans hésiter Hélène, dont le fils est scolarisé en quatrième dans un collège public à Versailles (78). Pour Isabelle, qui a fait le choix du privé pour ses jumelles en troisième à Aix-en-Provence (13), "c'est surtout le nombre de mentions très bien qui est intéressant". Et de préciser : "Il faut regarder aussi ce que deviennent les anciens élèves du collège. Si, au lycée, le taux de passage en première S est inférieur à 60 %, c'est mauvais signe." Un avis que partage Léon, en troisième à Lyon (69) : "Après mon bac, je veux faire une prépa pour intégrer une bonne école d'ingénieurs. Si je suis dans un bon collège, j'ai plus de chances d'être admis dans un lycée prestigieux", détaille le jeune homme, déterminé.

Le tableau "Palmarès des collèges 2017 : les meilleurs établissements", ci-dessous, retrace les collèges ayant obtenu les meilleurs résultats sur les trois ans. Notre note, sur 20, est calculée sur la base du taux de réussite et du taux de mentions. Pour tous les autres, reportez-vous directement à notre infographie "Brevet : que vaut votre collège ?", elle vous permet de faire des recherches de collèges avec des critères géographiques et de statut.

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Lire aussi : Exclusif : le classement intégral des collèges 2017

2. Des adultes proches des élèves

Pour Julie Clot, principale du collège Les Martinets, à Rueil-Malmaison (92), "un bon collège, c'est non seulement un établissement qui fait réussir ses élèves – ce que mesure en partie le DNB [diplôme national du brevet], mais c'est surtout un endroit où l'on porte un regard bienveillant sur tous les jeunes, où on leur reconnaît le droit à l'erreur. Ce sont, par exemple, des professeurs qui valorisent systématiquement ce que l'élève réussit plutôt que l'inverse", détaille la principale.

Emma, en troisième à Saint-Éloy-les-Mines (63), parle de "professeurs à l'écoute, attentifs à leurs élèves et qui ne pensent pas qu'aux notes". La jeune fille propose d'ailleurs de supprimer ces dernières au profit de lettres. "On serait moins stressés et on apprendrait mieux", analyse-t-elle. Pour Anne-Christine Ozout, professeure de SES (sciences économiques et sociales) et ancienne principale adjointe de collège à Paris, "la ‘valeur’ d'un collège se mesure avant tout à sa capacité à faire progresser tous ses élèves, les meilleurs comme ceux qui ont des difficultés. Ce qui suppose une sacrée dose d'écoute et d'attention de la part des équipes éducatives".

3. Des équipes éducatives stables et impliquées

Des équipes éducatives dont la stabilité est également à prendre en compte pour juger de la "qualité" d'un établissement. Comprenez, si les professeurs ne font pas tout pour quitter votre collège à peine nommés, c'est signe que l'ambiance ne doit pas y être trop mauvaise. Et, à en croire Julie Clot, les élèves sont les premiers à profiter de cette bonne entente entre "adultes".

"Quand les professeurs sont contents de venir travailler et de retrouver leurs collègues, ils s'investissent davantage dans la vie de l'établissement, montent des projets et proposent des activités, quitte à ce que cela déborde du cadre de la classe", fait valoir la principale. Samara, en quatrième à Chaville (92), confirme : "On sent quand les profs aiment leur métier, qu'ils ont envie de faire des choses avec nous, et ça nous motive".

Lire aussi : Une année en troisième : "Le jour où tu décides de te mettre au travail, le meilleur, c'est toi"

4. Des activités extrascolaires

La vie au collège ne s'arrêtant pas aux heures de classe, tout ce qui est proposé "à côté", sur le temps du déjeuner par exemple, a également son importance. "Au CDI de mon collège, il se passe plein de choses le midi. On peut jouer au journaliste, inventer des chasses aux trésors historiques, c'est hypervivant", s'enthousiasme Sonia, en quatrième à Marseille (13).

Pour Julie Clot, "il n'est pas nécessaire de multiplier les actions extrascolaires. Un vrai club théâtre, une chorale, un atelier d'arts plastiques peuvent jouer un grand rôle dans la réussite des élèves". Et de préciser : "Quand les profs de ces disciplines dites secondaires sont formidables, c'est vraiment un plus."

5. L’accueil des élèves

Un bon collège, c'est surtout un collège où vous allez avec plaisir, ce qui suppose que "l'on [vous] accueille bien à l'entrée, que l'on ne laisse pas passer les violences, même discrètes, et que le harcèlement fasse l'objet d'une attention constante", souligne Julie Clot.

Laurent, père de deux enfants scolarisés à Orly (94), confirme : "À la fin de l'année, le chef d'établissement demande aux élèves la liste des copains dont ils ne veulent absolument pas être séparés et il en tient compte lors de la constitution des classes. Si vraiment, ce n'est pas possible, il prend le temps d'expliquer pourquoi aux élèves. Cela dénote un grand respect pour eux."

"Tous ces éléments ne se voient pas dans les statistiques, fait valoir Silvia Collet, professeure d'espagnol en collège dans l'académie de Rennes (35). Et pourtant, ils sont essentiels au bien-être des élèves et donc à leur réussite." Rassurant, donc, si votre collège ne figure pas parmi les mieux classés en termes de mentions.

Carte scolaire et dérogation

Au collège, les élèves sont affectés en fonction des secteurs de recrutement des établissements. En théorie, des dérogations sont possibles. Dans les faits, moins de 10 % des demandes obtiennent satisfaction, en dépit de l’assouplissement de la carte scolaire.
Il faut dire qu'en l'absence de motifs solides, obtenir une dérogation n'a rien d'évident, les collèges et les lycées ne pouvant accueillir des élèves que dans la limite des places disponibles… Or, comme vous pouvez vous y attendre, les établissements qui ont la cote n'ont guère de places vacantes.
Parmi les critères pris en compte lors de la demande de dérogation, le handicap et les problèmes médicaux mais aussi le fait d'être boursier figurent en tête. Donc, si vous pensiez pouvoir rejoindre le collège de votre souhait au prétexte qu'il est le seul à proposer chinois, vous vous trompez. Ce critère (celui de parcours scolaire particulier) apparaît parmi les plus mal classés. Avec la réforme du collège, néanmoins, le ministère demande à ce "qu'une demande particulière soit portée à la continuité des parcours pédagogiques linguistiques entre l'école et le collège". Autrement dit, si vous avez été initié à l'allemand à l'école élémentaire, vous devriez être affecté dans un collège qui propose cette langue en sixième, même s'il ne s'agit pas de l'établissement de votre secteur.
Concrètement, si vous souhaitez être scolarisé dans un établissement hors de votre secteur, vous devez faire une demande de dérogation auprès de la DSDEN (direction des services départementaux de l'Éducation nationale) de votre département. Votre dossier sera soumis à une commission, présidée par le directeur académique des services de l'Éducation nationale dans chaque département.
Depuis la rentrée 2016, certains secteurs sont élargis, c'est-à-dire qu'ils comprennent plusieurs collèges dans le but de permettre une plus grande mixité sociale. Vous avez alors à classer les collèges selon votre ordre de préférence. Charge à la DSDEN de procéder à la répartition des élèves.