1. Collège : comment serez-vous affecté en 6e ?
Décryptage

Collège : comment serez-vous affecté en 6e ?

Envoyer cet article à un ami
Dans l’enseignement public, les élèves sont affectés dans un collège en fonction de leur domicile. // © Laura Taillandier
Dans l’enseignement public, les élèves sont affectés dans un collège en fonction de leur domicile. // © Laura Taillandier

Pouvez-vous choisir votre collège ? Un secteur commun à plusieurs établissements, qu’est-ce que ça change ? Existe-t-il des dérogations ? L’Etudiant passe au crible la procédure d’affectation des élèves de sixième à travers 5 questions.

L’an prochain, direction le collège ! En CM2, vous commencez peut-être à vous demander dans quel établissement vous allez atterrir à la rentrée. Sachez que votre affectation dépend de la carte scolaire de votre académie. Pas de choix, ni de vœux à formuler. Sauf en cas de secteur multicollèges ou de souhaits particuliers, vous n’avez qu’à vous laisser guider. Explications.

Lire aussi : Exclusif : le classement 2017 des collèges

1. La sectorisation, c’est quoi ?

Dans l’enseignement public, les élèves en sixième sont affectés dans un collège en fonction de leur domicile. Chaque académie est découpée en plusieurs zones géographiques, appelées aussi "secteurs", auxquelles correspondent un collège. Les élèves sont automatiquement dirigés vers l’établissement de leur zone, dans le collège de leur secteur. C’est ce que l’on appelle la carte scolaire ou sectorisation. Sauf manque de places, vous serez donc affecté dans le collège le plus proche de chez vous.

Bon à savoir : chaque année, la carte scolaire peut être modifiée. Il est donc important, notamment dans les grosses académies, de vérifier de quel secteur vous dépendez. Surtout qu’à Paris, par exemple, le périmètre d’un collège peut recouper plusieurs arrondissements quand cela se justifie pour des raisons de place, de proximité ou de mixité sociale et scolaire.

2. Puis-je choisir mon collège ?

Vous ne pouvez pas choisir votre établissement, sauf lorsque votre secteur en compte plusieurs. C’est la nouveauté de la procédure d’affectation depuis la rentrée 2016, impulsée par le ministère de l’Éducation nationale et destinée à améliorer la mixité des collèges. Selon la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance), 10 % des établissements accueillent plus de 63 % d’élèves issus de milieu défavorisé. Afin d'améliorer cette répartition, plusieurs départements se sont lancés avec leur rectorat dans une modification de la carte scolaire. Objectif : créer des secteurs communs à plusieurs collèges et ainsi jouer sur les flux d'élèves.

Lire aussi : Affelnet : ce qui change en 2017

Si vous êtes concerné, c'est à vous de jouer ! Votre directeur d'école vous remettra un formulaire sur lequel vous aurez à classer les collèges de votre secteur par ordre de préférence.Vos souhaits seront renseignés dans un logiciel, dénommé Affelnet 6e, qui triera les demandes et équilibrera les affectations en fonction de la catégorie socio-professionnelle des familles.

Ce n’est que lorsque les demandes dépasseront les capacités d'accueil d'un collège que les services de l’académie examineront à la loupe les vœux des élèves. Une priorité sera notamment accordée aux enfants souffrant d'un handicap, puis à ceux bénéficiant d'une prise en charge médicale à proximité de l'établissement et enfin en fonction du lieu de résidence. Mais le ministère l’assure : depuis la rentrée 2016, aucun rectorat n’a eu à intervenir, les demandes s’équilibrant d’elles-mêmes.

Bon à savoir : 46 départements se sont engagés dans une modification de la carte scolaire, soit 82 projets au total, visant une amélioration de la mixité entre les collèges. Pour savoir si vous êtes concerné, cliquez ici

3. Comment être affecté dans un collège hors de mon secteur ?

Comme pour l’affectation en lycée, il est possible de demander des dérogations. Celles-ci diffèrent d’une académie à l’autre, renseignez-vous bien auprès de votre école ou de votre rectorat.

À Paris, six motifs de dérogation sont pris en compte : être en situation de handicap, avoir besoin de soins médicaux particuliers, être boursier, avoir un frère ou une sœur dans un établissement, être domicilié entre deux secteurs, avoir un parcours scolaire particulier (sportif de haut niveau, par exemple).

Attention, faire une demande de dérogation ne signifie pas que vous obtiendrez automatiquement satisfaction. En cas de refus, vous avez deux mois pour contester la décision auprès de votre académie.

Bon à savoir : parmi les parcours scolaires particuliers figurent notamment l’admission dans une section internationale, une section sportive ou une classe à horaires aménagés. C’est à vous de prendre contact avec le collège proposant cette offre de formation pour connaître les conditions de recrutement.

4. Comment fonctionnent les secteurs multicollèges ?

À Paris, "dans l'académie la plus ségréguée" de France, "les discussions ont démarré à l’automne 2016 pour une mise en place à la rentrée 2017", explique Alexandra Cordebard, adjointe à la maire de Paris (PS), en charge des affaires scolaires. Sur la dizaine de projets présentés par l’Éducation nationale, trois "sites" dans le Nord de la capitale ont été retenus : les deux premiers dans le XVIIIe arrondissement (collèges Gérard-Philippe et Marie Curie ; collèges Antoine-Coysevox et Hector-Berlioz) et le dernier dans le XIXe (collèges Édouard-Pailleron et Henri-Bergson).

Ces secteurs ne fonctionneront pas tous sur le même mode. Pour les collèges Antoine-Coysevox et Hector-Berlioz, la méthode utilisée est baptisée "montée alternée". "La première année, tous les élèves des écoles du secteur iront en sixième dans l’un des établissements. L'année suivante, les élèves iront en sixième dans l’autre collège", explique Alexandra Cordebard. Une fois un pied dans l'établissement, les élèves y feront toute leur scolarité. La seconde méthode est celle plus classique où le choix est laissé aux familles entre les deux établissements.

Lire aussi : À quoi on reconnaît un bon collège ?

5. Un risque de “fuite” vers le privé ?

Un comité de suivi regroupant des représentants de l'académie, des parents d'élèves et de la communauté éducative "vérifiera qu'il n'y a pas de passe-droits, sauf motifs de dérogation valable", souligne le rectorat de Paris. D'autant que certaines familles sont perplexes devant cette nouveauté et craignent une "fuite" vers l'enseignement privé

"Ces secteurs peuvent être un succès quand tous les acteurs soutiennent le projet et quand ce n'est pas mené dans la précipitation", fait valoir Samuel Cywie, président de la Peep Paris, une fédération de parents d'élèves de l'enseignement public.

À l'automne, il sera l'heure de tirer le bilan et d'envisager éventuellement de nouveaux sites multicollèges à Paris. En y incluant des établissements privés ? Sur son site, l'Enseignement catholique de Paris souligne que ses collèges "sont déjà saturés et n’ont pas vocation à être le refuge de familles inquiètes de ce nouveau dispositif", tout en souhaitant poursuivre sa réflexion sur la mixité dans les établissements. À Redon, dans l'académie de Rennes (35), un secteur commun à trois collèges, dont l'un privé, a permis "un rééquilibrage du profil social des établissements" "sans fuite vers le privé", selon le ministère de l'Éducation nationale. 

Bon à savoir : comme souvent, la mise en place du secteur commun à Paris s'accompagne d'une modification de l'offre de formation dans les collèges concernés, par exemple, ajout de l'allemand LV1, d'une classe bilangue anglais-chinois et d'une section sportive dans l'un ; limitation du nombre d'élèves par classe à 25 et un CPE (conseiller principal d'éducation) supplémentaire dans l'autre.