1. Être plus autonome au collège en 5 étapes
Coaching

Être plus autonome au collège en 5 étapes

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Pour gagner en autonomie, commencez à faire vos devoirs seul et demandez ensuite à vos parents de les vérifier. // © PlainPicture
Pour gagner en autonomie, commencez à faire vos devoirs seul et demandez ensuite à vos parents de les vérifier. // © PlainPicture

Devenir autonome, ça s'apprend ! Mais pas de panique : quand vos parents et enseignants vous demandent de l'être davantage, ils n'attendent pas de vous que vous le soyez du jour au lendemain.  Voici 5 petits pas sur le chemin de l'autonomie.

Conseil n°1 : apprenez à travailler seul

Première marche vers votre autonomie : la capacité à travailler seul. Essayez de faire vos devoirs seul, quitte à ce qu'il y ait des erreurs. "Le travail à la maison doit être fait sans l'aide des parents. Pourquoi ? Eh bien parce qu'il vise à consolider les savoirs de l'élève et non ceux de quelqu'un d'autre", insiste Marie-Noëlle Bacquet, professeure d'histoire-géographie au collège Jean-Moulin, à Chaville (92).

Si on fait le travail à votre place, que ce soient vos parents, votre professeur particulier ou vos copains, non seulement vous passez à côté de l'occasion qui vous est donnée de vérifier votre compréhension du cours, mais vous risquez, en plus, de prendre la mauvaise habitude d'attendre d'avoir le soutien de quelqu'un pour vous lancer. "Les échecs et erreurs font partie de l'apprentissage, assène Christelle Dallongeville, coach scolaire. et d'ajouter : “L’autonomie, c’est la politique des petits pas”. Pour preuve, le jeune enfant qui fait ses premiers pas fait de nombreuses chutes avant de savoir marcher correctement seul."

Cela vous semble difficile à envisager pour le moment ? Vous avez une fâcheuse tendance à attendre qu'un adulte soit à vos côtés pour vous y mettre et ne parvenez pas à apprendre une leçon tout seul ? Commencez par vous fixer des objectifs simples. Comme celui de vous astreindre à apprendre votre leçon de français seul dans votre coin, en vous aidant de schémas ou en notant sur une feuille les idées importantes, par exemple. Ne demandez qu'ensuite à l'un de vos parents de vous interroger.

N'oubliez pas que le travail personnel relève de votre seule responsabilité. "Beaucoup de jeunes refusent d'être autonomes par peur d'avoir à assumer les conséquences de leur manque de travail. C'est plus confortable de penser que, s'ils n'ont pas réussi, c'est la faute de leurs parents qui ne les ont pas suffisamment aidés", explique l'enseignante d'histoire-géographie.

À en croire Christelle Dallongeville, manque d'autonomie rime souvent avec manque de confiance en soi : "Si l'élève n'ose pas faire seul, c'est souvent parce qu'il pense qu'il n'en est pas capable. Or, c'est généralement faux." Après avoir fait votre travail tout seul, rien ne vous empêche de le soumettre à vos parents, si cela vous rassure.

Et si ce sont vos parents qui hésitent à vous laisser voler de vos propres ailes, "proposez-leur de contrôler vos devoirs d'abord tous les soirs, puis un jour sur deux, dans certaines matières et, au bout de quelque temps, seulement quand vous en avez besoin", conseille la coach.

Conseil n°2 : mettez en place une organisation "carrée"

Travailler en autonomie "suppose une organisation rigoureuse et de réfléchir à son environnement de travail", souligne la coach. Demandez-vous à quel moment de la journée vous êtes le mieux disposé à plancher sur vos contrôles et devoirs. Est-ce juste après le collège ou plutôt après une petite pause goûter-ordi ? Êtes-vous plutôt du genre à travailler trois heures consécutives le week-end ou à plancher peu de temps d'affilée mais souvent ? À quel endroit êtes-vous le mieux pour faire vos devoirs ? À la bibliothèque, dans votre chambre ou bien installé sur la table du salon à distance raisonnable de vos frères et sœurs ?

Selon Christelle Dallongeville, "certains élèves ont besoin d'être isolés pour se concentrer, d'autres, au contraire, sont nettement plus efficaces au milieu de l'agitation familiale". L'essentiel est surtout de pouvoir se concentrer et de trouver l'endroit idéal où vous pouvez avancer, seul, sur vos devoirs. Si vous décidez de travailler dans votre chambre, "il faut éviter la position vautrée sur le lit, un œil sur l'ordi et l'autre sur le téléphone qui vibre toutes les 3 minutes en moyenne", insiste Marie-Noëlle Bacquet, qui rappelle la nécessité de travailler au calme.

Une fois que vous avez identifié le lieu où vous vous sentez le plus à l'aise pour travailler, fixez-vous un cap : que vais-je faire ? En combien de temps ? Et tenez-y vous ! Autre conseil, commencez par les matières qui vous plaisent le plus et dans lesquelles vous travaillez vite. "Cela donne confiance, et on a plus d'énergie !" glisse la coach.

Conseil n°3 : osez poser des questions

Être autonome, c'est aussi être capable de demander des explications, de poser des questions quand quelque chose n'a pas été compris. C'est être capable d'aller voir votre professeur à la fin du cours et de lui faire part de votre étonnement lorsque vous avez obtenu un 7/20 à un devoir sur lequel vous aviez pourtant passé plusieurs heures. "Trop d'élèves sont passifs en classe, comme résignés. C'est dommage", déplore l'enseignante d'histoire-géographie. Or, à en croire Christelle Dallongeville, "un élève qui écoute bien en classe, qui pose des questions quand il ne comprend pas, a besoin de passer trois fois moins de temps sur ses devoirs le soir, à la maison".

Alors allez-y, lancez-vous, demandez explications et éclaircissements, y compris d'ordre méthodologique. Surtout, ne laissez rien passer que vous ne comprendriez pas et dites-vous bien que toutes les questions méritent d'être posées.

Conseil n°4 : décelez la méthode de travail qui marche pour vous

Vous collectionnez les 14 en histoire-géographie mais ne décollez pas du 8 en SVT ? Demandez-vous pourquoi. Qu'est-ce qui fonctionne dans une matière et pas dans une autre ? En faisant ce travail, vous vous rendrez certainement compte que vous n'apprenez pas vos leçons de la même manière et avec la même énergie dans toutes les disciplines.

Peut-être qu'en histoire-géographie, vous faites des schémas, recopiez les définitions importantes au brouillon alors qu'en SVT vous vous contentez de lire votre cours ? "Il faut passer un peu de temps à s'observer en train de travailler de façon à repérer les méthodes qui fonctionnent le mieux", explique Christelle Dallongeville. Une fois que vous avez trouvé ce qui marche (lecture à haute voix de la leçon avec interrogation orale par un frère, un copain...), transposez la méthodologie gagnante aux matières dans lesquelles vous avez plus de mal.

Apprenez également à repérer vos progrès. "L'autonomie, c'est la politique des petits pas", insiste la coach. Si vous êtes du genre à cumuler les 7/20 en maths, vous avez peu de chance d'afficher un 19 du jour au lendemain. Mais, à force d'être attentif en classe, de poser des questions et de refaire systématiquement les exercices, vous pouvez très vite aligner les 10, puis les 12-13, voire davantage. "Il faut savoir repérer ses progrès, au risque de se décourager. C'est aussi ça, être autonome", martèle la coach.

Conseil n°5 : autoévaluez-vous

Vous venez de terminer votre fiche de lecture de français, votre devoir de maths ou d'apprendre votre leçon d'histoire ? Évaluez-vous ! Christelle Dallongeville demande aux jeunes qu'elle suit de noter leurs devoirs et révisions de contrôle sur une échelle de 0 à 10. "Une note inférieure à 5 signifie que l'élève n'est pas très content de la manière dont il a travaillé. En revanche, au-dessus de 7, on peut dire qu'il est plutôt satisfait", explique la coach.

L'objectif de ce petit travail ? Prendre conscience de l'effort que l'on a réellement fourni. "Certains élèves peuvent avoir l'impression d'avoir beaucoup travaillé car ils ont passé du temps derrière leur bureau. Mais après avoir fait cet exercice, ils s'aperçoivent parfois qu'ils en ont également beaucoup perdu à rêvasser, consulter leur téléphone... et qu'au final ils n'ont pas travaillé tant que ça", poursuit la coach. Être autonome, c'est aussi être capable de se juger pour progresser.


L'autonomie, tout un programme !
Pour Philippe Mérieu, chercheur et écrivain français, spécialiste des sciences de l'éducation, être autonome, c'est être capable de :
fleche-rouge
 lire et comprendre des consignes ;
fleche-rouge se fixer un objectif, prendre les moyens pour y parvenir et évaluer le résultat ;
fleche-rouge organiser son travail, réunir tous les instruments nécessaires, préparer sa table de travail ;
fleche-rouge surmonter une difficulté et pas seulement par le recours à l'adulte, mais aussi en revenant en arrière, en cherchant le renseignement au bon endroit, en consultant un document ou un dictionnaire ;
fleche-rouge mener une recherche, faire un brouillon et le relire avec cette distance que permet la critique, le reprendre, l'amender, découper et le recomposer ;
fleche-rouge analyser un échec, chercher pourquoi telle ou telle méthode n'a pas été efficace et mettre en place de nouveaux moyens ;
fleche-rouge apprendre et savoir quand on sait ;
fleche-rouge choisir ses partenaires de travail, organiser un travail de groupe en fonction des objectifs que l'on vise.

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