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À Nantes, premier couac dans le rapprochement entre Centrale et l'université

Laura Makary  |  Publié le

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Ecole centrale de Nantes ©Vincent Jacques
Le différend opposant Centrale et l'université de Nantes porte sur une question RH : qui sera l'employeur officiel des personnels du futur pôle École centrale de Nantes ? // © Vincent Jacques

Lancé en février 2017, le rapprochement de l'université de Nantes et de l'École centrale connaît ses premières difficultés. Le principal point de blocage : la question du rattachement des personnels du futur pôle sciences et technologies et de leur employeur officiel. Néanmoins, les deux établissements assurent vouloir suivre leur feuille de route et échanger pour sortir de l'impasse.

Premier coup de frein dans le rapprochement entre l'université de Nantes et Centrale Nantes, qui était pourtant acté, avec un feu vert donné par les deux conseils d'administration, le 3 février 2017. Dans un communiqué de presse succinct, envoyé le 7 juin 2017, l'école d'ingénieurs "réaffirme les conditions de son engagement dans la structuration de la nouvelle université de Nantes" et estime que "l'université de Nantes revient sur le contenu" de la feuille de route, signée par les deux parties le 18 janvier 2017. Et en particulier sur "un élément fondamental du projet : le regroupement au sein de Centrale Nantes, 'filiale' de la Nouvelle Université à Nantes, des personnels des établissements composant le pôle sciences et technologie."

Le rapprochement inédit, qui avait été dévoilé par EducPros le 30 janvier 2017, prévoit en effet de créer un pôle de sciences et technologies au sein de l'université de Nantes, qui regrouperait, sous le nom d'École centrale de Nantes, l'actuelle Centrale, mais aussi Polytech Nantes, les écoles d'ingénieurs internes à l'université, les trois IUT et l'actuelle faculté des sciences et techniques, sous le statut d'EPSCP (Établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel).

Le pôle disposerait de sa propre organisation et gestion interne, de sa personnalité morale et du pilotage du budget alloué par l'université. De son côté, celle-ci assumerait le projet stratégique d'établissement, la signature des publications, le budget, l'inscription des étudiants et le plan pluriannuel d'investissements. Un projet ambitieux qui avait permis à Nantes de décrocher le label Isite en février 2017.

Blocage sur l'employeur des personnels du futur pôle

C'est donc la question du rattachement des personnels et de leur employeur qui cristallise le débat. "Il porte sur une question simple : qui est l'employeur des personnels du futur pôle ? Il apparaît que l'université trouve difficile de placer ses personnels dans son futur pôle de sciences et de technologies, qui s'appellera École centrale de Nantes. À nos yeux, il s'agit d'une modification majeure de l'ADN de notre projet. Notre conseil d'administration a donc souhaité réaffirmer le projet initial et renforcer la mission de la direction afin de le remettre sur les rails", détaille Arnaud Poitou, directeur de Centrale Nantes. 

L'université, quant à elle, privilégie une solution dans laquelle elle demeurerait employeur des 1.500 personnels du futur pôle, dont trois quarts viennent de l'université, tout en laissant la gestion des ressources humaines à la future École centrale de Nantes. Et estime surtout ne pas avoir changé de position.

"C'est un projet ambitieux, un nouveau modèle d'enseignement supérieur et de recherche sur le site, qui remet en question tous les rapports entre grandes écoles et universités. Il n'y a pas de retrait du projet, ni de changement de discours, l'université reste dans sa position initiale, fidèle à la feuille de route et au projet Isite déposé", déclare, quant à lui, Olivier Laboux, président de l'université de Nantes.

La feuille de route initiale, dévoilée début 2017, ne tranche pas la question à elle seule. Elle contient simplement le "périmètre des compétences qu'assume chaque pôle", dans le cas d'un pôle ayant un statut d'EPSCP. Parmi ces compétences, la "politique RH (recrutement des personnels, gestion des carrières, référentiel des enseignants-chercheurs), dans le cadre du plafond d'emplois fixé par la nouvelle université à Nantes".

Une concertation bienveillante

Coup de pression, incompréhension ou simple couac ? Dans tous les cas, l'école d'ingénieurs comme l'université assurent demeurer attachées à ce projet et désirer trouver une solution. Arnaud Poitou insiste : il ne s'agit pas d'"une défiance envers l'université". "Au contraire, il existe un grand respect réciproque entre nous. Ce projet est créateur de valeurs, nous le disons publiquement, afin de résoudre le problème et de rappeler les fondamentaux de ce projet", ajoute le directeur.

Olivier Laboux se veut également rassurant : "Nous souhaitons une concertation avec bienveillance avec l'École centrale de Nantes, avec des échanges sur les difficultés sur le plan RH. Le projet est ambitieux, il est normal que nous devions travailler, communiquer et nous rassurer. Nous devons nourrir le dialogue entre nos deux établissements." Une bienveillance nécessaire pour dépasser les difficultés.

Laura Makary  |  Publié le

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