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Alliance stratégique : l’ESC Dijon et Oxford Brookes veulent avancer ensemble à l’international

Jessica Gourdon  |  Publié le

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Les bâtiments d'Oxford Brookes Les bâtiments d'Oxford Brookes

L'ESC Dijon a signé fin mars 2011 une alliance avec la business school de l'université d'Oxford Brookes, située à Oxford, en Angleterre. Objectif: peser davantage dans la compétition européenne, se développer en Asie ou encore décrocher une accréditation ensemble. Les deux écoles ont même créé une gouvernance commune pour chapeauter les projets de cette alliance stratégique. Reportage.

Battus 54 à 0. Stephan Bourcieu , le directeur de l’ESC Dijon, sourit en évoquant le score de ses étudiants lors d’un match de rugby contre l’équipe d’Oxford Brookes, le 18 mars 2011. Une vingtaine de jeunes français de l’ESC avaient fait le voyage à Oxford, en Angleterre, pour disputer cette « coupe » appelée à devenir un événement régulier. « A Dijon, pour le match retour, j’ai banalisé la journée afin que tous les étudiants de l’école viennent les soutenir », prévient le directeur, ancien rugbyman professionnel de l’équipe de Bourgoin.

Une gouvernance commune

Rapprocher les étudiants des deux écoles, c’est l’un des objectifs de l’alliance entre la « Burgundy School of Business » et l’école anglaise, officialisée vendredi 25 mars 2011 à la maison française d’Oxford. Ce partenariat « multiformes », selon les mots du directeur d’Oxford Brookes business school Chris Cooper, doit permettre de « gagner en termes de masse critique, de recruter ensemble des étudiants en Asie, de partager nos contacts avec les entreprises, monter des projets de recherche et des programmes communs, d’échanger nos professeurs et nos étudiants ».

Le fil conducteur, répété à l’envi par les deux directeurs : avancer ensemble à l’international, afin de « peser » dans la compétition européenne. Pour cela, les deux écoles vont aller jusqu’à créer une gouvernance commune, qui chapeautera tous les projets de l’alliance. Déjà, depuis le début de ce partenariat en 2008 , Stéphan Bourcieu siège au conseil d’administration d’Oxford Brookes, et vice-et-versa.

Un bachelor double-diplômant

Le projet phare de l'alliance, pour le moment, consiste à développer un bachelor (licence) en trois ans double-diplomant, qui mélange des jeunes anglais et français avec des périodes sur chaque site. Celui-ci a débuté à la rentrée 2010 à Dijon avec une vingtaine d’étudiants français, auquel se joindront l’année prochaine une vingtaine d’anglais.

Les deux partenaires projettent d’ouvrir ce même bachelor en Chine, avec la City University de Hong Kong. Le programme (4 ans) comportera deux années à Hong Kong, une en France et une autre en Angleterre. « Si nous nous étions présentés seuls, nous n’aurions jamais pu monter ce projet et obtenir l'agrément de l'Etat de Hong-Kong. Avec ce cursus sur deux pays européens, nous apportions quelque chose de nouveau », relève Chris Cooper. Un projet similaire avec l’université de North Texas, à Dallas, est à l’étude. Enfin, les deux écoles lanceront aussi, en 2011, un master of art conjoint, intitulé  "wine, culture and food", avec des cours sur les deux sites.

Un fonds de recherche pour des équipes mixtes

Cette alliance se traduit aussi au niveau de la recherche et de professeurs des deux institutions. Pour Stephan Bourcieu, c'est d'ailleurs "le coeur du projet". Depuis 2008, une quinzaine d’enseignants de l’ESC Dijon sont venus à Oxford Brookes pour y assurer des cours.

Une conférence annuelle réunissant les deux équipes a été instituée, tandis qu’un fonds de recherche doté de 500 000 € a été créé pour financer trois projets de recherche mélangeant les deux équipes. Des professeurs ont également postulé ensemble à des financements européens pour monter un séminaire.

"Sur une année, cette alliance nous coûte environ 80 000 € en termes de déplacements", a calculé Stephan Bourcieu. "Mais en termes de temps, c'est beaucoup plus, je dirais environ un million d'euros. Moi même, j'y consacre environ une journée par semaine, et je vais à Oxford quasiment tous les mois."

Objectif : Equis

L’ESC et Oxford Brookes souhaitent aussi faire candidature commune aux accréditations, et notamment Equis. Un label qui constitue un vrai trésor de guerre pour se faire reconnaitre dans le clan des écoles qui comptent à l'international. « Tout seuls, dans une ville moyenne, nous ne pourrions jamais y arriver. Nous allons déjà commencer par faire accréditer EPAS nos programmes communs », explique Stephan Bourcieu.

Eric Cornuel, le directeur de l’EFMD, l’organisme qui attribue de label, a  laissé la porte ouverte à ce type d'accréditations conjointes, même si cela pourra prendre « cinq ou dix ans ». Dans tous les cas, il a chaudement encouragé dans son discours cet « Airbus de l’éducation ». « C'est un projet complexe, mais c’est un vrai projet stratégique, qui pour une fois, met des ressources au service d'une ambition. La taille est un élément clé pour devenir une institution qui compte au niveau européen. »

Jessica Gourdon  |  Publié le

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