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Associations d'anciens et réseaux sociaux, entre concurrence et complémentarité

Caroline Franc  |  Publié le

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Associations d'anciens et réseaux sociaux, entre concurrence et complémentarité

Si les réseaux sociaux peuvent doper l’activité des associations d’anciens diplômés, encore faut-il savoir ne pas se laisser déborder. D’où la tentation de certains établissement de créer leur réseau. Retour d’expériences après la conférence EducPros du 21 septembre 2012 «Comment utiliser au mieux son réseau d’anciens» .


Une aubaine. C'est ce que représentent à première vue les Viadeo, LinkedIn ou autre Facebook pour les associations d'anciens étudiants en quête de coordonnées. Véritables mines d'informations, ils peuvent en effet aider à la reconstitution de fichiers et servir de vitrine extérieure à peu de frais. Attention toutefois au revers de la médaille : données peu sécurisées et volatiles, pas de mainmise sur les informations concernant l'établissement ou encore risque de cannibalisation… la liste des écueils à éviter est longue.

Lorsque l'EM Normandie a décidé en 2008 de créer son association des anciens, son salut est venu des réseaux sociaux. Née de la fusion de deux écoles qui n'avaient pas assez cultivé cette notion d'anciens élèves, l'EM ne disposait en effet pas d'un annuaire très fourni. «Il a fallu partir de zéro. Notre premier mouvement a été de nous servir de Viadeo et de LinkedIn», raconte Benoît Anger, directeur marketing et relations entreprises de l’EM Normandie. Un réflexe naturel pour les établissements, commente Manuel Canevet, co-fondateur et co-directeur de Campus Communication. Mais, prévient-il, «c'est souvent moins facile que les écoles et universités le pensent. Il faut en effet disposer d'une marque ou d'un nom clairement identifié. Si ça n'est pas le cas, tous les diplômés ne vont pas nécessairement s'inscrire sous la même appellation d'établissement.»

«Une première brique»

«Avoir sa page sur Viadeo ou sur LinkedIn ne peut être qu'une première brique de ce travail de fédération des anciens»

«Avoir sa page sur Viadeo ou sur LinkedIn ne peut être qu'une première brique de ce travail de fédération des anciens», estime par ailleurs Manuel Canevet. «Créer son propre outil peut s’avérer judicieux. Ne serait-ce que parce qu'on ne peut avoir d'assurance quant à la pérennité de tel ou tel réseau», explique-t-il. Mais attention, prévient-il, créer son propre réseau implique d'avoir «vraiment quelque chose à proposer, de différent».

Ce choix d'un réseau propre, l'université Paris-Diderot l'a fait il y a deux ans. Intitulé Réseau Pro, cet outil géré par Olivier Allègre est résolument tourné vers l'insertion professionnelle. «Notre ambition est de proposer quelque chose en plus à nos étudiants et anciens, mentionne ce community manager. Les réseaux tels que Viadeo ou LinkedIn sont une vitrine. Il faut y être parce que c'est là que vont spontanément les étudiants et diplômés. Cela permet aussi d'éviter l'apparition de pages non officielles de l'établissement.» 

Mais, poursuit-il, «il faut garder à l'esprit que les données ne nous appartiennent pas et qu'elles peuvent ne pas être fiables. Ce que nous vendons aux entreprises qui postent leurs offres d'emploi sur Réseau Pro, c'est l'assurance par exemple que les diplômes mentionnés par les membres du réseau sont visés par l'université. Aucun moyen de s'inventer un master ou une licence, par exemple !»

Une offre complémentaire qui doit prouver sa valeur ajoutée


Il faut jouer sur la complémentarité, considère-t-on aussi à l'université de Bourgogne, propriétaire d'un réseau propre destiné aux anciens et aux étudiants actuels. Dénommé uB-link, cet outil se veut à la fois une plate-forme d'aide professionnelle mais aussi un lieu de discussion et d'échanges. Le plus par rapport aux réseaux «ouverts» ? «UB-link est fondé sur l'appartenance à une même institution avec laquelle des liens ont été créés de manière particulière pendant plusieurs années», avance Muriel Henry, responsable de la plate-forme. «Nous invitons les anciens à rejoindre uB-link, mais nous ne les “empêchons” pas de rejoindre Facebook (et les autres) car les informations qu'ils trouveront s'ajoutent les unes aux autres. Sur Facebook par exemple, la création d'une page ne permet pas véritablement de créer un réseau. Et, en fonction de leur politique de confidentialité, certains profils ne sont que très peu voire pas visibles», rappelle-t-elle encore. Autre avantage, uB-link «permet à chacun de choisir le type de données publiées».

Pour l'instant, assurent Muriel Henry et Olivier Allègre, les étudiants et anciens semblent accueillir favorablement ces outils. «Mais la marge de progression est grande, reconnaît Olivier Allègre. Sur un vivier potentiel de 260.000 anciens et 25.000 étudiants, nous comptons 2.000 membres sur Réseau Pro. Tout l'enjeu des prochains mois sera de leur prouver que nous leur apportons beaucoup plus que ce qu'ils trouvent déjà ailleurs.»

Caroline Franc  |  Publié le

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