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Baromètre Unsa : les enseignants-chercheurs accablés

Marie-Anne Nourry
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Université Rennes 1 - Amphi - septembre 2013
L'an dernier, les conditions se sont encore détériorées pour 87 % des enseignants-chercheurs, selon le baromètre Unsa. // ©  Gaëlle Le Page
L'Unsa a publié son nouveau baromètre des métiers, le 23 juin 2016. Si les résultats sont globalement stables vis-à-vis des éditions précédentes, la dégradation des conditions de travail se poursuit pour les enseignants-chercheurs.

Dévoilé le 23 juin 2016, le baromètre Unsa fait état d'une détérioration des conditions de travail et d'un avenir obscurci, en résonance avec le dernier baromètre EducPros. Sur les 25.500 répondants, 3.200 appartiennent à l'ESR, dont 800 chercheurs ou enseignants-chercheurs.

D'après les résultats, les enseignants-chercheurs souffrent plus que leurs collègues administratifs des conditions d'exercice. Seuls 64 % d'entre eux s'en disent satisfaits tandis que les ITRF s'en accommodent à 67 % et les bibliothécaires à 68 %.

La grogne est également plus forte concernant le salaire. Si 80 % des personnels de l'ESR estiment leur rémunération en deçà de leur qualification, le chiffre grimpe à 84 % chez les enseignants-chercheurs. "Ce n'est pas surprenant, leur niveau de rémunération équivaut à 1,2 fois le Smic en début de carrière, alors qu'ils ont un doctorat", lâche Stéphane Leymarie, secrétaire général de Sup'Recherche-Unsa.

Quant aux perspectives de carrière (avancement, promotion, etc.), elles sont jugées inexistantes pour les trois quarts d'entre eux.

No Futur

Cela n'empêche pas les enseignants-chercheurs de rester très attachés à leur métier. Les missions qui leur sont confiées ont du sens (82,6 %) et ils aiment très largement leur profession (96,8 %). Au point que seul un quart d'entre eux envisagerait une reconversion au cours des prochaines années.

"Ce n'est pas qu'ils ne veulent pas, c'est qu'ils ne peuvent pas, nuance Stéphane Leymarie. La moyenne d'âge pour entrer dans le métier est 32 ans. Après avoir franchi toutes les étapes, on ne se voit pas revenir sur cet investissement, qui du coup ne serait qu'une pure perte, pour changer d'activité. D'autant qu'il n'y a guère de possibilités à part peut-être pour certaines disciplines." Ce qui explique pourquoi à peine 40 % des enseignants-chercheurs conseilleraient leur métier à leur entourage.

Rupture avec le politique

L'année écoulée, les conditions se sont encore détériorées pour 87 % des enseignants-chercheurs (contre 75 % de l'ensemble du personnel ESR), lesquels sont encore plus nombreux à manifester leur désaccord avec la politique de François Hollande.

Le représentant de Sup'Recherche-Unsa est catégorique : "Sans annonce de mesures significatives à la rentrée en faveur des enseignants-chercheurs, le gouvernement n'a aucune chance de retisser le lien de confiance avec la communauté scientifique."

Méthodologie
25.490 personnes ont répondu au questionnaire de l'Unsa, entre le 5 mai et le 5 juin 2016. Parmi les répondants, 12,8 % dépendent du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, soit 3.272 personnes, dont 868 enseignants-chercheurs.

Marie-Anne Nourry | Publié le

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