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Budget : à son tour, l'université de Bourgogne voit rouge

Morgane Taquet  |  Publié le

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Bibliotheque de l'université de Bourgogne ©uB RI D.Plantak
Un plan de retour à l'équilibre du budget devrait être proposé au vote le 10 juillet 2017. // © Université de Bourgogne / D. Plantak

40.000 heures de cours seront supprimées dans la prochaine offre de formation de l'université de Bourgogne. Une mesure qui passe mal auprès des organisations syndicales, alors qu'un plan de retour à l'équilibre doit être proposé mi-juillet.

Comme un air de déjà-vu. L'université de Bourgogne (uB) vient de voter la suppression de 40.000 heures de cours pour l'année universitaire 2017-2018, dans le cadre de la nouvelle offre de formation pour la période 2017-2022. "Les difficultés budgétaires de l'uB ne sont pas différentes de celles que rencontrent de très nombreuses universités en France, aujourd'hui, affirme Alain Bonnin, président de l'université. Nous avons franchi le point critique de l'effet ciseau : hausse des effectifs étudiants, hausse des charges, stagnation des dotations, prélèvement imposé sur le fond de roulement en 2015."

Et le président, à la tête de l'établissement depuis juillet 2012, de plaider pour la refondation du modèle économique de l'enseignement supérieur. "Désormais, la question n'est plus d'avoir, ou non, une rallonge pour colmater une ligne budgétaire... De trop nombreuses universités connaissent aujourd'hui des difficultés communes", alerte Alain Bonnin. En témoigne le récent rapport annuel de la Cour des comptes, qui dresse la liste des 15 universités déficitaires en 2016, dont l'université de Bourgogne ne fait d'ailleurs pas partie.

vers un plan de retour à l'équilibre

Mais à Dijon, pour les organisations syndicales (FercSup-CGT, Snesup-FSU et SNCS-FSU), qui ont rassemblé une petite centaine de personnes lors du dernier conseil d'administration fin mai, les mesures passent mal. "Déjà, en 2016, environ 25.000 heures avaient été supprimées", argue Peggy Cénac-Guesdon, élue Snesup au CA et maître de conférences en mathématiques. Et les coupes risquent de se poursuivre pour l'université de Bourgogne.

Un plan de retour à l'équilibre du budget, encore en négociation, devrait être voté en juillet. "Dans ce plan, on trouve des préconisations en termes de fermeture de filières en lien avec les effectifs étudiants, de coupures d'électricité la nuit, de baisse de la température dans le gymnase, la suppression des mesures 'réussite en licence', des mesures de réduction sur la reprographie, etc.", détaille l'élue. "Nous sommes déjà à l'os, maintenant on doit faire les fonds de tiroir", se désole-t-elle.

Autre sujet d'inquiétude : la prochaine campagne d'emplois. "Il y a eu 30 gels de postes sur la dernière campagne, il n'y a donc pas de raison d'être optimiste", commente Peggy Cénac-Guesdon. "Les décisions en la matière seront prises dans les prochains jours, répond le président. Notre objectif est de ne pas décourager les structures où l'on constate une croissance favorable."

DÉSACCORD SUR LE CHOIX DES ÉCONOMIES

Si Peggy Cénac-Guesdon reconnaît que ces facteurs sont d'ordre conjoncturel, elle reproche à la présidence d'"avoir commencer à couper dans les formations sans regarder ailleurs. Symboliquement, il paraît plus logique de couper dans des budgets comme la communication ou les frais de réception".

"Une ritournelle utilisée par certains pour masquer l'essentiel", répond Alain Bonnin, qui assure que "le travail de réduction s'est fait sous la responsabilité des vice-présidents 'Formation' dans une concertation forte". "Depuis 2012, date à laquelle je suis devenu président de cette université, le budget du service communication a été divisé par trois. Pour ce qui est des frais de réception, les chiffres avancés sont globalisés pour l'ensemble de l'établissement [...]. Ce sont des frais de déplacement de collègues en France et à l'étranger, des repas et des nuits d'hôtel pour l'accueil de membres de différents jurys... Doit-on revoir cela ?", interroge le président Alain Bonnin.

Le vote de l'ensemble de ces mesures interviendra le 10 juillet. Les organisations syndicales prévoient déjà d'appeler à une nouvelle protestation.

La CPU refuse la "sanctuarisation" du budget de l'enseignement supérieur
En réaction au rapport annuel de la Cour des comptes, détaillant la liste de 15 universités à la situation financière dégradée, la CPU (Conférence des présidents d'université) appelle le gouvernement, dans un communiqué publié le 11 juin, à investir dans l'enseignement supérieur et la recherche, refusant, de fait, la "sanctuarisation" du budget promise par Emmanuel Macron lorsqu'il était candidat à l'élection présidentielle.

La "sanctuarisation du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche" qui figure dans le programme du président de la République ne permettra pas aux universités de répondre aux défis démographiques auxquels elles doivent faire face", prévient la CPU. Et la Conférence d'expliquer la situation complexe des universités par "la quasi-stagnation depuis 2011 des financements en direction des établissements d'enseignement supérieur, et ce dans un contexte de forte augmentation du nombre des étudiants".

"Si l'État se contentait de maintenir les universités dans l'état dégradé dans lequel elles se trouvent aujourd'hui ainsi que les niveaux de financement déjà faibles par étudiant, il serait déjà nécessaire d'abonder le budget de fonctionnement des universités d'au moins 490 millions d'euros", calcule la CPU.

Morgane Taquet  |  Publié le

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