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Budget 2018 : une hausse de 700 millions d'euros pour l'Enseignement supérieur et la Recherche

Laura Taillandier  |  Publié le

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Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation
Pour Frédérique Vidal, la hausse de 700 millions d'euros du budget de son ministère est la preuve que le gouvernement "a confiance dans la jeunesse". // © Romain Beurrier/REA

Le ministère de l'Enseignement supérieur fera bien partie des privilégiés qui verront leur budget augmenter en 2018. Si la hausse de 700 millions d'euros, annoncée le 14 septembre par Frédérique Vidal, rassure globalement universités et syndicats, elle appelle des précisions, notamment en termes de répartition.

Le budget de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation augmentera de 700 millions d'euros par rapport au budget initial en 2017." Frédérique Vidal a enfin chiffré, jeudi 14 septembre, la hausse de son budget prévue pour 2018.  Cela faisait plusieurs semaines que la ministre distillait des allusions optimistes, au gré de ses interventions médiatiques et déplacements.

"Le gouvernement a choisi d'investir dans l'éducation et de montrer qu'il a confiance dans la jeunesse", s'est-elle réjoui sur France Inter. Plusieurs ministères ont déjà annoncé l'augmentation future de leur budget, dont l'Éducation nationale, concerné à hauteur de 1,2  milliard d'euros.

250 millions pour les mesures du précédent quinquennat

Cette hausse était attendue par les acteurs de l'enseignement supérieur, notamment par les présidents d'université, confrontés à l'afflux d'étudiants supplémentaires et qui devront mettre en œuvre la réforme programmée du premier cycle universitaire. "Les mesures décidées par le précédent gouvernement – augmentation du point d’indice, mesures catégorielles (PPCR), création de postes dits emplois Fioraso – représentent un coût de 250 millions d’euros. Si le budget augmente de cette somme, nous ne considérerons pas cela comme une hausse", avait prévenu Khaled Bouabdallah, vice-président de la CPU (Conférence des présidents d'université), à l'occasion d'une conférence de presse, le 31 août 2017. Une alerte entendue par le gouvernement.

700 millions d'euros "est une base satisfaisante" sur laquelle "il faut définir des priorités", estime désormais Khaled Bouabdallah. "Entre la transition écologique des bâtiments et l'arrivée des nouveaux étudiants, il y a un certain nombre de sujets sur lesquels nous allons pouvoir discuter." Une "bonne nouvelle" qui permettrait également de financer le GVT (glissement vieillesse technicité), à hauteur de 60 millions d'euros. 

des acteurs globalement satisfaits mais vigilants

La Fage y voit elle aussi "une vraie bouffée d’oxygène" et "une prise de conscience de l’urgence dans laquelle se trouvent les universités". L'organisation prévient tout de même qu'elle sera "vigilante à ce que cette augmentation soit pérennisée au cours du débat parlementaire".

Même prudence du côté de l'Unef. "La question désormais est de savoir quelle va être la répartition des crédits car celle-ci peut être positive comme négative", résume la présidente Lilâ Le Bas. "Il faut que ces moyens aillent au service des étudiants des premières années pour rénover les amphis, augmenter le nombre de professeurs... Pas dans un obscur appel à projets des universités."

"Annonce encourageante" pour l'Unsa-Sup-Recherche, "un bon début à confirmer" pour le Sgen-CFDT, cette hausse est en revanche jugée "très insatisfaisante" du côté du Snesup-FSU. "C'est mieux que zéro mais absolument pas à la hauteur des besoins, réagit Hervé Christofol, le secrétaire général. Cela ne vous a pas échappé que le périmètre du ministère comporte désormais un I comme Innovation. Il faut voir combien lui seront alloués."

"Et il faut encore que la hausse annoncée soit réellement effective...", relève-t-il. Une allusion à la récente annulation de 331 millions d'euros de crédits sur le budget 2017. 

Quels programmes bénéficieront de la hausse ?

Pour l'instant, peu de précisions sur les programmes budgétaires qui bénéficieront de cette hausse du budget en 2018. Une partie sera réservée à la recherche. En déplacement à l'université Pierre-et-Marie-Curie, le 11 septembre 2017, Frédérique Vidal a annoncé une augmentation "de plus de 25 millions d’euros des budgets de fonctionnement de base des laboratoires". 

Concernant le financement des appels à projets, est également acté une hausse du budget de l’ANR (Agence nationale de la Recherche) "d’au moins 5 % en vue de restaurer le plus rapidement possible des taux de succès plus élevés". L’essentiel de cette augmentation portera sur l’appel à projets générique.

Reste que cette hausse de 700 millions d'euros risque de moins plaire à la Cour des comptes. Dans son audit des finances publiques effectué à la demande du gouvernement et publié fin juin 2017, les sages de la rue Cambon alertaient sur le fait que la hausse des crédits de la Mires – de 29 % entre 2006 et 2017 – "ne peut être soutenue à long terme".

Laura Taillandier  |  Publié le

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