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Classements : Times Higher Education défie le Financial Times sur le terrain des business schools

Cécile Peltier  |  Publié le

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PAYANT - Insead
Qui occupera la tête du prochain classement des MBAS de THE ? Dans celui du "Financial Times", c'est l'Insead qui arrive en tête. // © Bruno LEVY/CHALLENGES-REA

Le spécialiste britannique du classement des universités s'apprête, en partenariat avec le "Wall Street Journal", à classer les business schools. Son objectif ? Concurrencer le "Financial Times" sur ce secteur, en accordant moins de poids aux revenus et en se focalisant davantage sur l'environnement de travail et la pédagogie.

Il faudra bientôt compter sur un nouvel acteur en matière de ranking des business schools. Connu pour son classement des universités mondiales, THE (Times Higher Education) prépare pour le premier trimestre 2018, en partenariat avec le WSJ ("Wall Street Journal"), trois nouveaux rankings : ceux des MBAs, des Master's in Management et des Master's in Finance. Cette initiative capitalise sur le "succès" du classement des colleges américains, lancé en 2007 avec le quotidien financier, détaille le média britannique dans une note publiée le 29 juin 2017 sur son site Internet

Un nouveau classement était-il vraiment nécessaire ? "Bien sûr ! "The Economist", "Forbes", Bloomberg, et naturellement le "Financial Times"... Les classements en matière de MBAs ne manquent pas, certes, mais le nombre d'articles consacrés au sujet a diminué ces dernières années chez nos concurrents. Certains classements, comme ceux de Bloomberg ou de "Business Week", ont connu un certain flottement. Il y a définitivement une place pour une approche un peu différente", assure Matt Symonds, consultant éditorial pour THE.

"Pour les MIF (Master's in Finance) et les MIM (Master's in Management), qui devraient connaître dans les prochaines années une forte croissance, y compris sur le marché américain, il n’existe pas d’alternative similaire au FTet il serait bon que les étudiants aient un autre prisme..." ajoute-il.

UN CONCURRENT AU FINANCIAL TIMES

Le tandem affiche clairement sa volonté : concurrencer le FT ("Financial Times"). La méthodologie, inspirée de son classement des colleges américains, devrait accorder moins de poids aux revenus des diplômés que dans les classements du FT (40 %) et se pencher davantage sur des éléments plus qualitatifs, comme l’environnement de travail ou la pédagogie. Un moyen aussi, assure THE, de mieux concilier "excellence" et "diversité" des modèles.

Pour preuve, les "ressources" (premier pilier du classement) des établissements – taux de sélection, ratio professeur/élève, qualification et productivité des enseignants en matière de recherche, mais également montant des bourses ou qualité des services carrières –, devrait peser autant que "l’engagement des étudiants" (deuxième pilier, représentant 20 % à 30 % de la note). "Au-delà des moyens financiers, nous voulons tenter de comprendre les processus d’apprentissage et interroger leur pertinence", souligne Matt Symonds.

Au-delà des moyens financiers, nous voulons tenter de comprendre les processus d’apprentissage et interroger leur pertinence.
(M. Symonds) 

MESURER L'INCLUSION SOCIALE

Dans le même esprit, à travers des critères portant sur la qualité de "l’environnement de travail" (troisième pilier), les classeurs veulent mesurer la diversité (de genre, de nationalité ou de classes sociales) régnant au sein des établissements (10 à 20 % du score total).

En matière de "débouchés"(30 % à 40 % du total et quatrième pilier), THE et WSJ tentent de pondérer les salaires des anciens par zone géographique en fonction du coût de la vie, et de mesurer l’efficacité des réseaux d’anciens, ou encore la capacité de leurs diplômés à s'engager en faveur du "bien commun".

Les nouveaux classements reposeront sur des questionnaires envoyés aux établissements et, comme dans le cadre des colleges rankings THE/WSJ, sur une grande enquête annuelle auprès des diplômés, deux ans et cinq ans après l'obtention de leur diplôme.

"Les business schools ne veulent pas surcharger leurs anciens. Normalement, ces promotions n'auront pas été interrogées par nos concurrents les 12 mois précédant ou suivant notre enquête", précise Matt Symonds. Les alumni seront invités à se prononcer sur la capacité de leurs professeurs à les faire sortir de leur zone de confort, sur l'apport de la recherche ou des études de cas aux enseignements, ou encore sur l’utilité de la formation à l'épreuve de "la vraie vie".

Classement global ou régional ?

Les classeurs ciblent les établissements accrédités (AACSB, Equis, Amba) du monde entier, et, pour l' Afrique, les membres de l’Association of African business schools, "où rares sont les institutions à s’être lancées dans un coûteux processus d’accréditation", fait valoir Matt Symonds. Au final, autour de 200 programmes MBAs, une centaine de MIM et  60 à 80 MIF devraient être retenus.

Quant à savoir si le média britannique optera pour un classement global ou des palmarès régionaux, la question n’est pas encore tranchée. Concernant les MBAs, THE et WSJ réfléchissent à la possibilité de proposer deux palmarès distincts : un classement des programmes américains, conçus sur un format en deux ans, et un second, regroupant les institutions du reste du monde, où les MBAs durent plutôt de "12 à 16 mois".

"En revanche, le MIM et le MIF, où les différences ne sont pas aussi importantes sur le plan géographique, se prêteraient mieux à un classement global", analyse Matt Symonds. Réponse dans quelques semaines... L'envoi des questionnaires est prévu pour fin septembre. Quant à l'enquête diplômés, elle envoyée en octobre. Décidément, les écoles ne vont pas s'ennuyer !

Une vaste consultation
Tout au long du projet, THE et WSJ ont travaillé main dans la main avec la communauté pour tenter de cerner ses attentes. Plus de 200 business schools volontaires ont participé aux consultations et réunions d'information (webinars) et un panel d'anciens et de candidats aux MBAs ont été interrogés.

Cécile Peltier  |  Publié le

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