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Eni Saint-Étienne : le directeur démissionne

Laura Makary
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Eni Saint-Étienne : le directeur démissionne
Roland Fortunier quittera son poste le 1er septembre prochain. // ©  Enise
Roland Fortunier, directeur de l'Enise depuis décembre 2010, a annoncé sa démission lors du conseil d'administration du 6 mars 2017. Il quittera son poste le 1er septembre prochain. En cause : des résistances internes au projet de réforme du cycle ingénieur.

Le directeur de l'ENI Saint-Étienne, Roland Fortunier, a annoncé sa démission, à l'occasion du conseil d'administration du 6 mars 2017. À ce poste depuis le 1er décembre 2010, il quittera l'établissement le 1er septembre prochain, afin de "laisser le temps à l'école" de trouver son remplaçant. Renouvelé dans ses fonctions en 2015, il était à mi-chemin de son second mandat.

UNE RÉFORME QUI NE PASSE PAS

La raison ? Des résistances fortes au projet de réforme du cycle ingénieur porté par le directeur, résistances qui sont le fait d'une partie des anciens et des professeurs de l'école. "Je suis convaincu que l'Enise a besoin d'une nouvelle dynamique. Lorsque l'on est à la tête de l'école depuis sept ans, il est difficile d'insuffler un changement", pointe Roland Fortunier.

Et d'ajouter : "Il est nécessaire de remettre en cause notre modèle de formation, qui doit à la fois satisfaire les critères de la Commission des titres d'ingénieurs, les valeurs de l'Enise tournées vers le social, et l'ancrage territorial, mais aussi s'adapter dans le cadre du projet de rapprochement avec Centrale Lyon."

la culture scientifique renforcée

Parmi les principaux aspects de cette réforme, qui sera portée par la présidence du conseil d'administration dans les mois à venir : le renforcement des matières scientifiques généralistes et théoriques dans le cycle ingénieur et un déplacement de semaines de stages du cycle ingénieur au cycle préparatoire.

"C'est une demande de la CTI, qui nous a accordé une habilitation restreinte en 2015. Elle estime qu'il n'y a pas assez de culture scientifique dans le cycle ingénieur. Cette réforme est donc nécessaire pour l'école", déclare le directeur.

Pour le moment, aucun candidat ne s'est officiellement fait connaître pour succéder à Roland Fortunier. L'école, qui compte 800 étudiants, attend l'acceptation de la démission du directeur par le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, puis la publication d'un avis de vacance. Roland Fortunier, qui est professeur des universités, souhaite dorénavant se consacrer à l'enseignement et à la recherche.


Laura Makary | Publié le

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témoin.

Certains témoignages ici sont intéressants et positif. Une chose cependant : des témoignages que j'ai pu avoir vont clairement dans le sens du directeur : une équipe refermée sur elle-même avec les conséquences que cela peut avoir. Quelques personnels déboussolés. Quelques enseignants (pas dans les matières techniques - scientifiques cependant) au comportement honteux (en gros : pas de cours ...). Ce ne sont peut-être pas des exceptions dans la galaxie des formations supérieures en France. Mais ce ne devrait pas être.

Tintin.

Tristesse, oui, mais à cause du manque de confiance de l'équipe enseignante envers un directeur qui représente par sa fonction tout le personnel et qui depuis de nombreuses années met toute son énergie pour faire évoluer l'ENISE positivement afin que cette école reste une école forte et appréciée en Rhône-Alpes. Si la commission des titres de l'Ingénieur a mentionné un manque de matière scientifique et une nécessité de réforme au sein de l'ENISE, il aurait été préférable que le directeur se sente soutenu par son équipe, plutôt que pointé du doigt. Le risque est maintenant grand de voir l'ENISE diluée ou disparaître au sein de l'ECL.

Maxence.

Un système qui fonctionnait très bien. Des écoles d'ingénieurs performants dès leur sortie de l'école. Mais que vont devenir ces écoles ? Elles vont devenir une copie de ces grands groupes privés avec fusion à tout va et changement d'organisation tous les cinq afin que plus personne ne sache à quel sein se vouer. Dommage,cela n'est pas sans conséquence dans le secteur tertiaire, les retombées sont parfois tragiques. Elles ont les risques de devenir inévitablement les mêmes dans une école d'ingénieurs. Oui Tristesse, comme le dit si bien Candide.

Kiki.

L'ENISE offre une formation technique et technologique de grande qualité, avec un réseau d'anciens très important. Ces profils sont particulièrement demandés dans l'industrie. Dommage de voir la CTI vouloir à tout prix uniformiser l'ensemble des écoles d'ingénieurs de France pour les transformer en écoles de management...

Frida.

Les ENI sont en voie de disparition. Initialement créées pour remplacer les gadzarts comme ingénieurs de fab dans les usines, le modèle est devenu vieillot. D'abord des usines, il n'y en a plus beaucoup et elle disparaisse les unes après les autres (ENI Belfort = UTBm, ENI Val de Loire = INSA Val de Loire etc)

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