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Égalité des chances : l'Essec propose un Mooc destiné aux lycéens

Cécile Peltier  |  Publié le

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Etudiants ESSEC
2.000 lycéens d'Île-de-France testent le nouveau SPOC de l'Essec : "Se préparer aux études supérieures". Celui-ci est appelé à devenir un Mooc. // © ESSEC

Une décennie après le lancement d'"Une grande école : pourquoi pas moi", qui a contribué à inspirer les Cordées de la Réussite, l'école de management mise sur le digital pour améliorer l'orientation des lycéens, et changer ainsi d'échelle.

Sur quelles bases effectuer son choix d'études ? Comment réussir son inscription sur APB ? Quels sont les bons réflexes à adopter pour réussir dans le supérieur ? Comment parler de son projet devant un jury ? Comment financer ses études ? Voici quelques-unes des questions très concrètes abordées dans le nouveau SPOC (Small private online course) "Se préparer aux études supérieures", appelé à devenir un Mooc, testé depuis début novembre 2015 par l'Essec auprès de 2.000 lycéens  d'Île-de-France.

Objectif ? "Faciliter la transition entre l'enseignement secondaire et supérieur, qui reste aujourd'hui une problématique particulièrement forte pour les élèves issus de milieux modestes", explique la business school.

S'appuyer sur le numérique pour démultiplier l'impact

Après le lancement il y a douze ans d'"Une grande école : pourquoi pas moi", un système de tutorat entre étudiants et lycéens de milieu modeste, l'école de commerce cherchait un moyen de donner un nouveau souffle à ses programmes d'égalité des chances.

"Si on veut une vraie diversification sociale de nos établissements, il faut continuer à travailler sur l'amont, analyse Chantal Dardelet, directrice du Pôle Égalité des chances de l'école. La solution retenue a consisté à s'appuyer sur le numérique pour démultiplier notre impact. C'est aussi un moyen de rentrer dans les classes pour toucher tous les publics. Car aujourd'hui, les programmes de tutorat touchent surtout ceux qui ont fait la démarche de s'y intéresser."

Élaboré par l'équipe de Chantal Dardelet, en collaboration avec la cellule innovation pédagogique de l'école et d'enseignants du secondaire, le SPOC se compose de 36 petits films. Un graphisme attrayant, un ton léger et des formats courts (entre 3 et 5 minutes) qui laissent une large place aux témoignages, retours d'expériences et  conseils d'étudiants, de professeurs ou de professionnels. Un budget de 100.000 euros a été débloqué pour ce premier SPOC, formation des enseignants comprise.

Un outil pour professionnaliser l'orientation

Sur les seize établissements qui expérimentent le SPOC de novembre à février, six sont partenaires de PQPM. Les autres, situés dans les Yvelines, le Val-d'Oise et la Seine-Saint-Denis ont été sélectionnés avec l'appui des rectorats de Versailles et Créteil.

Une centaine de professeurs principaux de terminale ont été formés au bon usage de l'outil et de ses contenus. Avec une souplesse de rigueur. Certains demandent aux élèves de visionner les vidéos à la maison, d'autres par petits groupes ou encore en classe entière. Le visionnage fait ensuite l'objet d'une discussion en cours. L'idée est d'aiguiser la curiosité des élèves et leur esprit critique afin de les conduire ensuite à chercher eux-mêmes l'information. Une pédagogie qui favorise l'autonomie, indispensable pour réussir dans le supérieur.

À en croire Chantal Dardelet, l'accueil pour l'instant est positif : "Les enseignants que j'ai rencontrés le voient comme un moyen de professionnaliser le volet orientation grâce à un véritable parcours, incarné par des témoins."

SPOC, MOOC et séminaire, des MOOC

Ce n'est qu'un début pour l'Essec. L'école planche déjà sur un second SPOC, proposé de mars à juin à des élèves de seconde. Toujours à travers des témoignages, il s'agit de les aider à prendre leurs marques au lycée et, pas à pas, à construire leur projet d'études. "Au-delà de l'école, on veut aussi leur faire prendre conscience de l'importance de cultiver les activités périscolaires ou la maîtrise des langues étrangères, qui feront la différence par la suite sur un CV. "

À l'issue de l'expérimentation, 300 élèves de seconde et 300 élèves de terminale seront invités à l'Essec afin de rencontrer en chair et en os les différents témoins qui s'expriment dans les vidéos.

Dès la rentrée 2016, l'objectif est de démultiplier le nombre de classes concernées. "Ce ne devrait pas être trop difficile, dans la mesure où la principale contrainte est de former les professeurs", remarque Chantal Dardelet.

Pour ce faire, les deux SPOC seront accessibles sous forme de Mooc sur la plateforme FUN à l'automne 2016.

Cécile Peltier  |  Publié le

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