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Égalité homme-femme : le prénom, nouvel indicateur de la recherche

Jean Chabod-Serieis  |  Publié le , mis à jour le

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Égalité homme-femme : le prénom, nouvel indicateur de la recherche
Selon l'étude d'Elsevier, en France, 40 % des publications de recherche sont rédigés par des femmes. // © plainpicture/Image Source/Zero Creatives

Dans une étude publiée le 12 mai 2017 et dédiée à la place des femmes dans la recherche mondiale, l'éditeur scientifique Elsevier livre des chiffres sur la part de publications scientifiques signées par des chercheuses. Pour cela, il a étudié le prénom des publiants et publiantes. Décryptage, dans le cadre de la conférence EducPros du 15 juin 2017, dont Elsevier est partenaire.

C'est dans les salons d'un grand hôtel du quartier européen de Bruxelles qu'ont été présentés, le 12 mai 2017, les résultats de l'étude publiée par l'éditeur scientifique Elsevier. Son thème : la place des femmes dans la recherche mondiale. 

Pour livrer ce document de près de 100 pages, les auteurs ont, pendant un an, étudié les publications émanant de 12 pays et zones régionales (parmi lesquelles l'Union européenne) et dédiées à 27 thématiques de recherche (neurosciences, psychologie, arts et humanités, etc.). Ils ont effectué ce travail sur deux périodes : 1996-2000, puis 2011-2015.

Une méthode basée sur les prénoms des auteurs

Pour déterminer le sexe des auteurs de publication, l'éditeur a utilisé une méthodologie originale. "Nos bases de données SciVal et Scopus – regroupant des informations sur plus de 62 millions d'articles venant de plus de 5.000 éditeurs – ne précisent pas le sexe des auteurs, explique Stéphane Berghmans, vice-président pour les relations académiques et la recherche chez Elsevier. Nous avons donc utilisé des bases de données (Namsor, Genderize, Wikipedia) qui associent un prénom à un homme ou à une femme, selon les pays. Le système fonctionne, mis à part pour la Russie, la Chine, la Corée du Sud et l'Afrique du Sud."

La France, à 40 % de parité

Une fois les 62 millions d'articles passés à la moulinette, les premiers enseignements surgissent. "En France, entre les deux périodes, nous passons de 34 % de femmes chercheuses auteures d'articles (32 % en Europe) à 40 % (41 % en Europe), se félicite Stéphane Berghmans. Le Brésil et le Portugal atteignent un taux de 49 % aujourd'hui quand le Japon est à 20 %."

Sans surprise, les chiffres reflètent encore une sexualisation marquée selon les disciplines. "Dans l'ingénierie, où la France compte 24 % de femmes chercheuses, elles sont premier auteur dans 39 % des articles publiés ; alors que dans l'infirmerie, où 54 % des chercheurs sont des femmes, 69 % des articles comptent une femme comme premier auteur", détaille Stéphane Berghmans.

Autre critère d'évaluation, l'interdisciplinarité. "Dans chaque article, nous avons regardé quel type d'article était cité : si un article sur l'ingénierie citait un texte de sociologie, nous considérions que c'était interdisciplinaire. Et l'on constate que les femmes sont légèrement plus interdisciplinaires que les hommes."

Quelles actions pour améliorer les chiffres ?

Si l'étude dresse un constat – peu surprenant –, elle permet aussi et surtout de se poser la question des actions à mener pour accroître la proportion de publications rédigées par des femmes. "Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers en attendant que la parité soit atteinte, prévient Stéphane Berghmans. Il faut se demander ce qu'il est possible de faire en matière de financements, de mesures politiques..."

Si le secteur privé est mentionné comme source d'inspiration et si "des partenariats entre éditeurs et financeurs sont à créer", le vice-président insiste sur les biais qu'il faut rendre conscients. "Nous savons que les lecteurs chargés de la révision par les pairs (peer review) considèrent inconsciemment moins bien un article écrit par une femme. Il faut les en informer afin qu'ils y soient attentifs." Une prise de conscience... au sens propre.

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Répondre aux appels à projets nationaux ou européens, tisser des liens avec des partenaires publics et privés grâce à des conventions de collaboration, monter des dossiers de partenariat, de prestation, des Cifre, assurer le transfert technologique... Aujourd'hui les enjeux de valorisation de la recherche passent par les bons partenariats et une agilité qui permet de créer de nouvelles opportunités de financement.

EducPros propose de faire un point sur l'état de l'art et de voir comment autour de cas pratiques : attirer des fonds pour la recherche, développer les collaborations internationales dans la recherche et améliorer la visibilité des institutions. 

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Jean Chabod-Serieis  |  Publié le , mis à jour le

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