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Sud-Ouest : des universitaires dans le grand bain des élections régionales

Frédéric Dessort et Guillaume Mollaret, correspondants à Toulouse et Montpellier  |  Publié le

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Bertrand Monthubert, deuxième sur la liste PS en Haute-Garonne, Marie-France Barthet, quatrième sur la liste "Nouveau Monde"(EELV-Front de Gauche), Michel Robert, septième sur la liste PS dans l'Hérault, et Dominique Reynié, tête de liste LR-UDI.
Bertrand Monthubert, deuxième sur la liste PS en Haute-Garonne, Marie-France Barthet, quatrième sur la liste "Nouveau Monde"(EELV-Front de Gauche), Michel Robert, septième sur la liste PS dans l'Hérault, et Dominique Reynié, tête de liste LR-UDI. // © A. Labat-UPS/UFTMP/Photo fournie par le témoin/Lydie Lecarpentier-REA

Dominique Reynié, Marie-France Barthet, Bertrand Monthubert et Michel Robert ont décidé de s'investir dans la campagne pour la future grande région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. Un engagement politique qui s'enracine dans leur carrière et leurs préoccupations d’enseignants-chercheurs.

Dominique Reynié : "J'ai à expérimenter ce que j'ai pu observer et décrire pendant longtemps"

Tête de liste Les Républicains-UDI, Dominique Reynié, l'Aveyronnais monté à Paris et installé à Toulouse, est un professeur bien connu de Sciences po Paris. Docteur en science politique, le directeur de la fondation pour l'innovation politique est passé de l'autre côté du miroir. Sa motivation pour s'engager dans cette élection ? "Rencontrer mes concitoyens, et essayer de contribuer à améliorer leur vie. C'est une expérience inouïe, extraordinairement enrichissante !"

"J'ai aussi à expérimenter ce que j'ai pu observer et décrire longtemps. Je le vis sans doute plus durement que je pouvais l'imaginer", regrette le politologue.

Malgré son positionnement au centre-droit de l'échiquier politique, sa vision de l'université le situerait presque à gauche : "Nous vivons un culte de la performance universitaire insupportable. Nous sommes entrés dans un système normatif qui conduit à une forme de productivisme. Un système contraire aux libertés universitaires qui asphyxie la créativité." Il entend, s'il est élu, miser fortement sur l'apprentissage, y compris dans l'enseignement supérieur.

Marie-France Barthet : "Cela faisait longtemps que je voulais m'engager en politique"

Quatrième sur la liste "Nouveau Monde" (EELV-Front de Gauche), la présidente de l'Université Fédérale Toulouse-Midi-Pyrénées a répondu oui à la sollicitation de la tête de liste Gérard Onesta. "Cela faisait longtemps que je voulais m'engager en politique, mais j'ai fait le choix de me consacrer à ma famille et à ma carrière, reconnaît Marie-France Barthet. Je n'aurais pas pu, en tout état de cause, cumuler fonction politique et mission professionnelle : je considère que lorsqu'on a une responsabilité élective, on doit s'y consacrer à 100%."

La présidente de l'Université fédérale de Toulouse anticipe le renforcement de la compétence enseignement supérieur et recherche des Régions. "La Région va désormais devenir le véritable chef de file des collectivités territoriales. Dès lors, Toulouse Métropole et le Conseil Régional ne pourront plus mener chacun de leur côté leur politique en matière d'ESR, comme j'ai déjà eu à le déplorer. La Région devra aussi investir sur les sites universitaires de la métropole, qu'elle avait quelque peu écartés jusqu'à présent..."

Bertrand Monthubert : "Je veux contribuer à donner à l'enseignement supérieur et à la recherche une place plus importante"

Conseiller auprès de Thierry Mandon pour la Stranes (lien EP), Bertrand Monthubert figure en deuxième position de la liste PS conduite par Carole Delga en Haute-Garonne. "Faire progresser l'enseignement supérieur dans la société m'a toujours tenu à cœur, et la rédaction du rapport pour une société apprenante a été une chance pour moi. Ce souhait de donner à l'enseignement supérieur et la recherche une place importante, je veux bien sûr y contribuer aussi à l'échelle régionale", explique le mathématicien.

"Au-delà de ma compétence en matière de pilotage d'un grand établissement, je veux faire profiter de mon expérience qui m'a amené à associer directement les chercheurs dans certains projets innovants de l'université Toulouse 3. Pour conduire notre politique en matière d'ESR, nous devons nous appuyer sur la communauté universitaire", assure, sans plus de précision, l'ex-président de Toulouse 3.

Il avait démissionné en septembre pour se consacrer à son engagement politique et éviter tout conflit d'intérêt. Une association de contribuables de Haute-Garonne vient de porter plainte contre Bertrand Monthubert, au motif qu'il aurait oublié son devoir de réserve dans sa lettre de démission.

Michel Robert : "J'ai alerté sur l'importance d'un équilibre entre Montpellier et Toulouse"

L'ancien président de l'université Montpellier 2 (sciences), artisan de la fusion avec Montpellier 1 (médecine, droit), Michel Robert, s'est engagé auprès de Philippe Saurel, maire (DVG) de Montpellier. Il figure à la septième position sur sa liste dans l'Hérault. "Mon engagement en politique est lié à un contexte particulier. Dans le cadre de la fusion des régions, j'ai alerté sur l'importance d'un équilibre entre Montpellier et Toulouse. Or, le seul candidat issu du Languedoc-Roussillon à être tête de liste, c'est Philippe Saurel. Le président socialiste sortant est troisième [Michel Robert omet Louis Aliot (FN), ndlr]", justifie ce scientifique, chargé de mission auprès du président du CNRS.

Et d'ajouter : "Anne-Yvonne le Dain (ingénieure agronome au Cirad de Montpellier), qui était vice-présidente (PS) de la région Languedoc-Roussillon chargée de l'enseignement supérieur et de la recherche, n'a pas été reconduite sur les listes. Qui portera la voix de notre secteur sur ce territoire ?" interroge Michel Robert, dont la famille est montpelliéraine depuis 11 générations. L'enseignant-chercheur craint que le leadership régional de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, ne soit cannibalisé par Toulouse, détenteur du label Idex, contrairement à Montpellier.

Gérard Blanchard, tête de liste PS en Charente-Maritime

Le président de l'université de La Rochelle, vice-président de la CPU, est également candidat aux élections régionales. Il est tête de liste PS en Charente-Maritime dans l'équipe conduite au niveau de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes par Alain Rousset.
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Frédéric Dessort et Guillaume Mollaret, correspondants à Toulouse et Montpellier  |  Publié le

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