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Etudes secondaires et supérieures : le modèle québecois

Sandrine Chesnel (de notre envoyée spéciale au Québec)  |  Publié le , mis à jour le

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Université de Montréal

Le schéma des études supérieures québécois se caractérise par l’existence d’un « sas » de deux années d’études dites collégiales, entre le secondaire et l’université. Une sorte de présélection, avant l'entrée à l'université, lieu de l'excellence.

15. C’est le nombre d’années d’enseignement que doit suivre un jeune québécois avant de pouvoir intégrer l’université, l’année de ses 18 ans. Après 6 années d’études primaires (la maternelle dure un ou deux ans ans au Québec, et l'élémentaire commence à 6 ans), les élèves québécois enchaînent sur leurs études secondaires, pour 5 ans. A l’issue de leurs études secondaires, ils intègrent un CEGEP (Collège d’enseignement général et professionnel) pour deux à trois années d’études collégiales.

Des études pré-universitaires
Les deux ou trois années d’études collégiales, dites aussi pré-universitaires, donnent lieu à la délivrance d’un diplôme, le DEC (diplôme d’études collégiales), mais elles ont pour principal objectif de préparer les jeunes gens qui le souhaitent à intégrer l’université – c’est une période d’études très appréciées des jeunes Québécois. A noter : les jeunes qui font le choix d’une formation technique et qui ne souhaitent pas poursuivre leurs études à l’université font une année d’étude supplémentaire, pour préparer un diplôme qui correspond sur le marché du travail québécois à nos BTS et DUT.

L’université, LA filière d’excellence
Principale différence avec l’enseignement supérieur français, l’enseignement supérieur québécois est presque exclusivement public. Autre grosse différence : les universités ont la possibilité de sélectionner les étudiants dans les formations qui sont contingentées, et ce dès l'entrée.

La sélection se fait sur la base de la cote R, qui est la note moyenne obtenue par les étudiants pendant leurs études collégiales. Cette cote R est généralement comprise entre 15 et 35. Chaque année, les universités publient la cote R du dernier admis dans chacune de leur formation, ce qui permet de savoir quelle est la cote minimum requise pour  intégrer tel ou tel programme contingenté. Sans surprise, les programmes qui demandent les cotes R les plus élevées sont aussi souvent les plus demandés : médecine, dentaire, architecture, droit, psychologie, communication…

Baccalauréat, maîtrise, doctorat

Le schéma des diplômes délivrés par les universités québecoises rappelle celui du LMD européen : le diplôme de premier cycle (le "baccalauréat") se prépare sur 3 ans, le diplôme de deuxième cycle (la "maîtrise") s'étale sur 2 années et il faut trois ans de plus pour décrocher le diplôme de troisième cycle, le doctorat.

Le niveau des étudiants québécois vu par un enseignant français

Martial Foucault est professeur de à l’Université de Montréal. Il peut comparer les compétences des étudiants qu'il a eu en France et celles des étudiants québécois. « Je ne peux comparer mes étudiants québécois qu’avec les élèves que j’ai eu en France, c’est à dire des étudiants de Paris 1, plutôt moyens, et des étudiants de Sciences po, bons à très bons. Je dirais que les étudiants québécois, entre 18 et 21 ans, sont plutôt meilleurs que les étudiants français. Il faut dire qu’ici l’université est la filière d’excellence – il n’y a pas d’écoles d’ingénieurs ou de grandes écoles, donc tous les bons éléments vont à l’université." Pour lui, le CEGEG  "est une transition qui évite aux élèves de se sentir perdus en arrivant à l’université. Par ailleurs, très peu sont là « par défaut ».

Des différences de comportement : « Les élèves québécois sont plus curieux que les élèves français, ce qui est très appréciable. Bémol, il y a une tentation  de la part de certains étudiants d’avoir une relation plus clientéliste avec le professeur. Pour candidater en maîtrise, par exemple, il leur faut un bon dossier ; un étudiant qui a un A et qui veut un A+ est capable de venir vous voir toutes les semaines pour que vous changiez sa note – mais c’est peine perdue, le plus souvent, à moins d’avoir de vrais arguments ».

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Sandrine Chesnel (de notre envoyée spéciale au Québec)  |  Publié le , mis à jour le

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