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Exclusif. Paris-Saclay : l’université Paris-Sud, bientôt coupée en deux ?

Laura Makary
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Campus université Paris-Saclay - Chantier de l'Ecole Centrale Paris - septembre 2015 USAGE UNIQUE
L'Université Paris-Saclay pourrait se structurer en se séparant de licences et de DUT, placés dans un nouveau "Collège universitaire". // ©  Gilles ROLLE/REA
L'université Paris-Sud pourrait être coupée en deux entités, dans le cadre du nouveau projet de l'Université Paris-Saclay. Cette dernière deviendrait une université de recherche avec masters et doctorats, laissant des formations bac+2 et bac+3 à un "Collège universitaire" autonome. C'est l'objet d'un document de travail, daté du 5 septembre 2017 révélé par EducPros, qui doit servir de base à la candidature Idex.

Face au compte à rebours de l'Idex, et sa prochaine échéance en décembre, l'Université Paris-Saclay travaille à une nouvelle structuration, celle de la dernière chance. L'idée développée dans un document de travail, émanant du Conseil des membres, daté du 5 septembre 2017 et révélé par EducPros : ne garder que les masters et doctorats de Paris-Sud et des écoles membres dans l'Université Paris-Saclay, la transformant en "une université de recherche intensive de classe mondiale".

La majorité des DUT (diplômes universitaires de technologie), licences et licences professionnelles actuels de Paris-Sud, quant à eux, seraient confiés à un "Collège universitaire Paris-Saclay", "nouvel établissement indépendant, qui organisera les enseignements et délivrera les diplômes", avec un "objectif particulier de professionnalisation à bac+2 ou bac+3".

Le document de travail assure cependant que ce nouvel établissement autonome "travaillera dans le cadre d'une coordination étroite avec l'Université Paris-Saclay, les autres institutions publiques, les collectivités et les entreprises, tout en assurant une détection de talents garantissant une ouverture vers l'Université Paris-Saclay". Cette dernière pourrait garder quelques licences mais leur nombre n'est pas défini.

Première étape d'ici 2019

Pour ce faire, un calendrier est détaillé. Une première étape, "à l'horizon de fin 2019", consisterait en la création d'un établissement public, portant la marque Université Paris-Saclay (UPSaclay) et rassemblant à la fois des composantes issues de Paris-Sud, "dont les missions, le patrimoine et les personnels sont transférés à l'UPSaclay et dont la personnalité morale disparaît en conséquence", mais aussi les grandes écoles "fondatrices", devenant "écoles membres".

Ces dernières conserveraient néanmoins leur personnalité morale et juridique. En revanche, ce faisant, elles devraient s'engager "à ne pas solliciter les classements internationaux pour apparaître en dehors de la marque Université Paris-Saclay dans des classements généralistes", mais aussi à adopter une signature commune pour les publications scientifiques. Lesquelles accepteront ? Pour le moment, rien n'est encore fixé. Le projet doit être validé par les conseils d'administration des établissements, pour un dépôt de dossier Idex mi-décembre.

Une place pour Évry et l'UVSQ

De leur côté, les universités d'Évry et de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, "si elles s'engagent dans le projet, prennent le statut d'université membre pour une durée limitée", d'après le document de travail. Ainsi, elles participeraient à la gouvernance de l'UPSaclay et à ses actions.  Si les deux universités avaient fait part en mai 2017 de leur envie de faire pleinement partie du regroupement, reste à voir si elles accepteront de se couper en deux elles-aussi.

La deuxième étape de la construction aurait lieu "au plus tard en 2025". L'UVSQ et l'université d'Évry, "si elles confirment leur engagement, évolueront à leur tour radicalement en se fondant pour partie dans les composantes de l'UpSaclay, et pour partie dans le Collège universitaire, qui sera simultanément créé en tant que nouvel établissement autonome". "À cette occasion, des formations diplômantes bac+2 et bac+3 portées par l'UpSaclay dont la vocation rejoint celle du Collège pourront y être transférées."

De nombreux points à résoudre

À l'université Paris-Sud déjà, la résistance s'organise. Plusieurs enseignants-chercheurs, prévenus du projet lors du dernier conseil académique de l'établissement qui s'est tenu le jeudi 14 septembre, s'en insurgent. Et promettent pétitions et réunions dès la semaine du 18 septembre, en prévision d'une réunion exceptionnelle organisée le 28 septembre avec la présidente, Sylvie Retailleau. "Nous voulons que ça bouge, car nous sommes choqués que notre présidente se plie aux logiques des écoles", s'agace un enseignant-chercheur de Paris-Sud. Le prochain conseil d'administration de l'Université Paris-Saclay, quant à lui, aura lieu le 27 septembre.

Les questions ne font que commencer... Quels liens auront exactement, à l'horizon 2025, l'Université Paris-Saclay et le Collège universitaire ? Quelles écoles de la Comue souhaiteront rejoindre cette nouvelle structuration ? L'École polytechnique sera-t-elle prête, désormais, à renoncer à voir sa marque dans les classements internationaux ? Autant de réponses que devront trouver rapidement les parties prenantes du projet. Il reste moins de trois mois à Saclay, avant le gong de l'Idex.


Laura Makary | Publié le

Vos commentaires (13)

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XI.

Paris XI sans ses IUT et licences c est sans doute pour plaire aux écoles qui pourtant ne cessent de glaner les fonds de la taxe d apprentissage sous couvert de faire de la professionnalisation. Mais c est une erreur stratégique Paris XI doit aussi sa réputation à ses diplômés d iut ou de licence qui intègrent les meilleures écoles ou les meilleurs masters. Une amputation n'a d intérêt que se séparer de manière radicale d un problème. L IUT d Orsay n est pas un problème mais plutôt un avantage. Recentrer ParisXI sur lessciences serait plus logique. Quant à la course à l'échalote mondiale en s alliant avec des corps du passé c est la plus belle des bêtises. X , centrale... sont hors courses à cause de leur recrutement et du devenir de leurs étudiants qui pantouflent ... Dans 20 ans ils engageront la dissolution de ce machin proteiforme pour réintégrer là collège universitaire qui aura les préférences des entreprises et des grandes universités

FEREY Nicolas.

Ne parvenant pas à modifier les statuts de la fonction publique, ni à diminuer ses effectifs, les grands startegueurs de l'Etat adoptent une autre stratégie, faire disparaitre les établissement public (ici les universités) employeur en autre chose de dérogatoire, qui n'embaucheront plus de fonctionnaires. L'histoire du Palais de la Découverte et de la Cité des Sciences montre que cela marche parfaitement. Une première tentative teste cette stratégie sur les universités, en commençant par Université Paris Sud, avec la grosse carotte financière du projet IDEX. Il n'y a aucune autre raison rationnelle de démolir l'Université Paris Sud.

mal pensant.

Le pire c'est que les universités ne se rendent même pas compte qu'elles mettent d'elles-mêmes le doigt dans cet engrenage. Il est plus qu'évident que pour comprimer les coûts les premiers cycles (qui absorbent l'essentiel du potentiel d'enseignement des universités) de ces collèges universitaires fonctionneront avec des enseignants contractuels et non des enseignants chercheurs sous statut ni même des PRAGs.

Mal pensant.

Autrement dit si on lit entre les lignes : ce sont les premiers cycles qui empêcheraient les universités d'acquérir un statut d'université de recherche intensive... c'est oublier un peu vite que ce sont les effectifs des premiers cycles qui justifient de l'existence d'une grande majorité des postes d'enseignants chercheurs. Autrement dit une université "de recherche" recentrée sur les niveaux MD perdrait légitimement une bonne partie de sa ressource humaine donc de son potentiel de recherche.

jpjohet.

Mais où est passé le nom prestigieux de la Faculté des Sciences d'Orsay (qui possédait en son sein au "Château" le siège de la Fac puis de l'Université Paris11 Orsay-Paris Sud. Cette Fac scientifique avec ses instituts de l'excellence (le mot à la mode!!) tels l'IPN (Institut de Physique Nucléaire créé par Irène et Frédéric Joliot Curie), l'Institut du Radium à côté, l'INRIA sur le plateau sans oublié l'Institut d'Optique cher à Pr FRIEDEL. Bien évidemment le nom de Paris Saclay est OK (lié à la présence du CEN Saclay du CEA, de l'Hôpital Joliot à Orsay, NeuroSpin à St Quentin et aussi Polytechnique à Palaiseau etc) mais pourquoi ne pas rajouter ORSAY et parler de l'Universié Paris-Saclay/Orsay.

Patrick.

Au classement de Shangai 2017 L'Université Paris sud est 41e L'Ecole polytechnique est dans le lot 401 et 500. Qui y gagne dans Paris Saclay ? Les choses ne sont pas si simples qu'elles n'y paraissent. Quelles dotations de l'état pour les licences, les masters et les formations d'ingénieur ? Quels formations participent à la richesse d'un pays ? Il faut avoir toutes les cartes en main avant d'être pour ou contre abandonner le financement des licences au profit des master et écoles. Juste pour info, Antoine Frérot PDG de Véolia dans un interview à France Inter, disait que ses enfants étant brillants à l'école, ils n'ont pas fait de formation en apprentissage. C'est un début de réponse au choix des gouvernements sur les formations qu'ils faut favoriser : formation d'élites pour les enfants de l'élite. Il y a pourtant un besoin de réformer l'université pour former un grand nombre de jeunes dans de bonne conditions. Ils sont l'avenir du pays tout autant que la promo de l'X ou de Sciences po.

Nico.

Bonjour Patrick, le classement de Shanghai est une référence pour les profs de fac ? Je conseille de lire son origine sur Wikipedia, ci après les critères, : où se trouve la qualité de l'enseignement et la réussite et l'épanouissement des étudiants ?? Concernant l'apprentissage, Antoine Frérot a bien raison, la sélection en France se fait avant le bac, surtout sans moyen, mais pour autant l'échec se fait surtout en fac., surtout sans moyen. Critères Indicateurs Pondération Qualité de l'enseignement Nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les anciens élèves[N 1] 10 % Qualité de l'institution Nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les chercheurs[N 2] 20 % Nombre de chercheurs les plus cités dans leurs disciplines 20 % Publications Articles publiés dans Nature et Science pendant les cinq dernières années[N 3] 20 % Articles indexés dans Science Citation Index, et Arts & Humanities Citation Index[N 4] 20 % Taille de l'institution Performance académique au regard de la taille de l'institution[N 5]

XI.

@ Nico Où sont formés les prix Nobel médailles field qui enseigner à l'X? Tout est dit L'X bénéficient des grandes universités et du budget de La Défense. La réciproque n est pas vrai. Où sont les grands instituts de recherche de classe mondiale ? Pourquoi le laboratoire central de recherche de Thalys est à côté de Paris XI Pourquoi les grandes entreprises innovantes se positionnent à côté des grandes universités et pas des grandes écoles.... Parce ce que le salaire de sortie ou le nombre de diplômés intégrant les grands corps n ont pas d importance. Paris XI comme l'UPM sont les seuls établissements de classe mondiale pour les sciences.

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