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Idefi : l'innovation sur la bonne voie

Camille Stromboni
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A l'UPMF, formation de formateurs au module créativité dans le cadre de l'Idefi Promising
L’idée que les universités françaises seraient en retard sur la pédagogie ne tient plus, estime un membre du jury Idefi. // ©  Promising-UPMF

Le jury dresse un bilan positif des Idefi, trois ans après le lancement de ces 36 projets qui visent à préfigurer les formations universitaires de demain.

L’impression générale est "très positive". Le jury international des Idefi, présidé par Grace Neville, s’est réuni les 19 et 20 novembre 2015, pour faire un point d’étape avec les porteurs des "Initiatives d’excellence en formations innovantes".

Les 36 projets de cet appel du Grand emprunt, doté de 180 millions d’euros, ont été lancés en 2012. Avec un objectif : dessiner les formations universitaires du futur.

Après trois ans d'existence, la présidente du jury distingue trois catégories de projets : une dizaine de "fleurons" très avancés, une quinzaine de dossiers solides, et quatre ou cinq porteurs rencontrant des difficultés. Mais préfère n'avancer aucun nom.

"L’idée que les universités françaises seraient en retard sur la pédagogie ne tient plus, estime Jean-Pierre Béchard, professeur titulaire et directeur du département de management à HEC Montréal, et membre du jury. La France est en marche. Il y a toujours eu des enseignants-chercheurs qui ont innové dans leurs classes, un peu comme des rebelles. Là, cela s’institutionnalise."

Il y a toujours eu des enseignants-chercheurs qui ont innové dans leurs classes, un peu comme des rebelles. Là, cela s’institutionnalise.
(J-P. Béchard)

La pérennité des projets en question

La présidente du jury se dit également frappée par l’impact déjà fort de ces dispositifs, par exemple sur le taux d’élèves décrits comme décrocheurs, ainsi que par l’attitude positive constatée envers la prise de risque dans les établissements.

Et ce, malgré une difficulté signalée par les universitaires : l’absence de prise en compte de l’investissement dans la pédagogie dans la carrière et la promotion des enseignants-chercheurs. Une exception française, remarque-t-elle : "Dans de nombreux pays, si un tel dispositif existait, les enseignants feraient la queue pour y participer."

Reste la question de la pérennité de ces 36 projets, les crédits Idefi n’étant prévus que pour un temps donné - huit à dix ans. "Pour certains, la trajectoire est déjà très claire, note Grace Neville. Pour d’autres, ce travail reste à mener." L’implication des équipes dirigeantes des universités constitue, d'après elle, un signal positif pour la poursuite des projets.

Des enseignements à tirer pour le PIA 3

Un ensemble de constats qui servira pour la conception des appels à projets du PIA 3 (Programme des investissements d'avenir), dont le volet "formation" a été annoncé comme plus conséquent encore que dans les précédents programmes.

"Ce travail de suivi sera très utile pour voir ce qui marche et ce qui ne marche pas, indique Jean-Pierre Korolitsky, directeur des programmes 'Centres d'excellence' au CGI (Commissariat général à l'investissement). Pour éviter, comme cela a pu être le cas par le passé, de mettre beaucoup d'argent sur la pédagogie, sans pour autant régler les problèmes."

12 projets d’Idefi-N labellisés et financés
La deuxième vague des Idefi, dénommée "Idefi-N", tournés vers le numérique, s’est achevée fin novembre 2015 : 12 projets ont été retenus.

Lire aussi : 15 projets Idefi-Numérique encore en course

professeur titulaire et directeur du Département de management


Camille Stromboni | Publié le

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