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Former des assistants ingénieurs en trois ans, le nouveau pari des facs de sciences

Morgane Taquet  |  Publié le

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Laboratoire de chimie à l'université de Strasbourg.
Cette nouvelle formation ambitionne d'introduire des modules professionnalisants au cœur des cursus licence existants. // © Catherine Schröder

Pour offrir la possibilité à leurs étudiants de s'insérer sur le marché du travail après un bac+3, les UFR scientifiques souhaitent proposer, dès la rentrée 2018, une "licence professionnalisante". Mi-licence pro, mi-bachelor, ce cursus est dans l'attente d'un financement dans le cadre du PIA 3.

Après les IUT (instituts universitaires de technologie), la Cdefi (Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs) et l'Institut Mines-Télécom, c'est au tour des UFR scientifiques de s'engager dans un projet de formation de niveau "assistant ingénieur" à bac+3. Le dossier, porté par l'université de Strasbourg, a été déposé par une douzaine d'universités dans le cadre de l'appel à projets "Nouveaux cursus à l'université" du PIA 3 (Programme d'investissements d'avenir). 

"Plusieurs facteurs ont motivé cette initiative, explique Yves Bertrand, président de la CDUS (Conférence des doyens et directeurs des UFR scientifiques) et doyen de l'UFR sciences fondamentales et appliquées à l'université de Poitiers. Parmi eux, il y a l'augmentation forte des effectifs scientifiques qu'on ne peut pas tous emmener à bac+5 mais aussi le besoin de cadres intermédiaires dans l'industrie ou encore la préoccupation que nous avons d'insérer professionnellement à bac+3 nos étudiants et pas uniquement ceux de licences professionnelles. Car dans nos UFR scientifiques, il existe encore assez peu de licences professionnelles."

DES MODULES PROFESSIONNELS SUPPLÉMENTAIRES

Afin de rester dans le cadre national du recrutement en master, cette formation – qui ne concernera pas forcément toutes les disciplines scientifiques – s'appuiera sur les licences sciences et technologies déjà existantes. Il n'y aura donc pas de nouveaux cursus créés. Mais des modules, académiques ou professionnels, seront ajoutés à cette licence. "Il ne s'agira pas d'un bloc de cours à la fin du parcours, mais d'une trentaine d'ECTS répartis sur les trois années de la licence, soit l'équivalent d'un semestre", explique Yves Bertrand.

Sur 100 étudiants, les 20 meilleurs ne sont pas concernés par le projet, les 20 moins bons non plus.
(Y. Bertrand)

Ainsi, un élève inscrit en licence générale de chimie souhaitant s'insérer sur le marché du travail à bac+3 pourra suivre un semestre de modules professionnalisants (décomposé en stage ouvrier, travaux pratiques, unités d'enseignements tournés projets, etc.). Si l'étudiant suit ce semestre en plus de sa licence générale, il obtiendra une double licence. En revanche, si les modules viennent remplacer des cours, il obtiendra uniquement la licence sciences et technologies.

À l'inverse, un étudiant engagé dans une licence professionnelle pourra suivre, dès son arrivée en licence, l'équivalent d'un semestre supplémentaire académique "afin d'éviter le blocage à l'entrée en master", note le président de la CDUS, dans l'éventualité d'une poursuite d'études vers un bac+5.

pour un public "entre deux"

Ce cursus, qui se cherche encore un nom – le terme "bachelor" ne faisant pas consensus chez tous les acteurs – s'adressera à un public "entre deux de bacheliers technologiques qui ne sont pas forcément très bien placés au départ", détaille Yves Bertrand. "Sur 100 étudiants, les 20 meilleurs ne sont pas concernés par le projet, les 20 moins bons non plus.

Seront exclus du dispositif les bacheliers professionnels, à l'inverse du projet porté par la Cdefi. Quant à une possibilité de poursuite d'études, elle n'est pas exclue, notamment en master d'ingénierie. "Certes il sera possible de poursuivre ensuite, mais ces masters s'adressent aux étudiants les plus forts, alors que cette licence est plutôt destinée à ceux qui n'ont pas le niveau a priori d'aller à bac+5", prévient le doyen d'UFR.

FINANCEMENTS ESPéRÉS VIA LE PIA 3

Cette initiative s'inscrit dans un mouvement de fond. Au sein des universités, 46 des 113 IUT se sont d'ores et déjà portés volontaires, en cette rentrée 2017, pour expérimenter le "parcours technologique de grade licence", un label qui valorise les compétences professionnelles acquises par les étudiants durant leur cursus de trois ans. "Notre projet et celui des IUT sont proches, mais il n'y a pas de concurrence, assure Yves Bertrand. D'ailleurs, nous nous adressons à nos étudiants qui sont déjà en L1 sciences."

Pour l'heure, le projet est suspendu aux résultats de l'appel à projets du PIA 3, doté d'une enveloppe globale de 250 millions d'euros. En cas de succès, la licence pourrait être proposée aux étudiants à la rentrée 2018. Réponse courant octobre 2017.

Morgane Taquet  |  Publié le

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