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Didask mêle neurosciences et algorithme pour un apprentissage personnalisé

Céline Authemayou  |  Publié le

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Didask mêle sciences cognitives et algorithme au service de la personnalisation de l'apprentissage
Sur Didask, le parcours de formation est généré en fonction des acquis de l'élève. // © Capture d'écran

Plate-forme numérique d’apprentissage, Didask s’appuie sur les sciences cognitives pour personnaliser les cours qu’elle met en ligne. L’outil intéresse autant les établissements d’enseignement supérieur que les entreprises. Portrait de la start-up EdTech, à l'occasion de la conférence #EdUp2016 du 15 décembre.

Mettre le numérique au service de la pédagogie. C'est avec cette ambition que Son-Thierry Ly a imaginé Didask. Développée dès septembre 2015, avec une version complète mise en ligne en octobre 2016, la plate-forme d'apprentissage numérique permet à ses utilisateurs d'inventer et de concevoir des formations d'un genre nouveau.

Chaque cours prend la forme d'une carte, elle-même composée de "capsules" correspondant chacune à une notion de base. Pour avancer dans le cursus, l'apprenant doit les valider, grâce à une série de questions, le plus souvent sous la forme de QCM (questionnaires à choix multiples).

Puisant son principe même au cœur des sciences cognitives, Didask génère le parcours de formation en fonction des acquis de l'élève. En commençant le cours, ce dernier est invité à répondre à des questions, qui permettront à la plate-forme de définir son niveau et ainsi d'adapter la suite du cursus à ses besoins, en supprimant notamment certaines capsules, jugées maîtrisées.

Essai-erreur et "spacing effect"

L'idée de Didask est née sur les bancs de l'ENS (École normale supérieure), lorsque Son-Thierry Ly y était étudiant. À l'époque, il crée avec son camarade Arnaud Riegert, aujourd'hui directeur technique de la start-up, le Pesu (programme pour l'égalité scolaire et universitaire).

"Nous cherchions à préparer les lycéens aux exigences méthodologiques de l'enseignement supérieur, se souvient l'entrepreneur. Nous avons travaillé avec des lycées, recherché des outils numériques apportant une vraie valeur ajoutée sur le plan pédagogique et... très vite identifié un réel manque en la matière." Les deux amis, aujourd'hui chercheurs en économie de l'éducation, s'intéressent alors aux sciences cognitives. Et créent Didask en décembre 2014, d'abord baptisé Gryzz-Lab.

Leurs travaux les amènent à imaginer une plate-forme utilisant les tests comme socle d'apprentissage, valorisant l'essai-erreur et prenant en compte le "spacing effect". "Les recherches prouvent que pour retenir un apprentissage, il faut l'échelonner dans le temps et surtout, revenir dessus, régulièrement", note Son-Thierry Ly.

Grâce à un algorithme identifiant les difficultés rencontrées par l'apprenant durant sa formation en ligne, Didask lui envoie régulièrement des notifications, pour lui demander de se tester de nouveau sur un point précis."Les connaissances se perdent dans le temps. Ces piqûres de rappel permettent à l'apprenant de garder la maîtrise des connaissances acquises, en vue d'un examen par exemple", détaille Son-Thierry Ly.

Des cours en statistiques pour l'école d'économie de Paris

Aujourd'hui, Didask compte 3.000 utilisateurs et dix clients, parmi lesquels des organismes de formation, des entreprises mais aussi des établissements d'enseignement supérieur. L'université Paris-Dauphine, l'Espé (École supérieure du professorat et de l'éducation) de Créteil, Accenture, l'ordre des experts-comptables ou encore l'association Unis-cité… Tous utilisent d'ores et déjà la plate-forme. L'école d'économie de Paris, où enseigne Son-Thierry Ly, a ainsi conçu des cours de remise à niveau en statistiques, pour les élèves intégrant l'établissement en master 1.

"C'est là toute la force de l'outil numérique, dès lors qu'il permet d'améliorer les apprentissages et d'accompagner les enseignants dans la gestion de l'hétérogénéité de leurs étudiants", note le fondateur de Didask, qui croit à un outil numérique construit avec et pour les acteurs pédagogiques de terrain.

Vers la location de cours

Travaillant déjà en lien étroit avec le département des études cognitives de l'ENS, l'équipe de Didask, composée de six personnes, accueille, depuis septembre 2016, une doctorante de Normale sup, qui consacrera ses travaux de recherche à Didask. Lauréate d'un prix e-FRAN dans le cadre du consortium "parcours connectés", et soutenue par l'accélérateur francilien Scientipôle, la start-up travaille désormais à la gamification de la plate-forme et à la consolidation de son modèle économique. Pour cela, Didask s'est agrandie fin 2015, avec l'arrivée d'Abdou Mourahib, en qualité de directeur du développement commercial. Pour 2016, le chiffre d'affaires de la start-up est de 85.000 euros. Et devrait monter à 250.000 euros en 2017.

Chaque client paye la prestation de Didask en fonction du nombre d'utilisateurs accédant à ses cours. La start-up réfléchit également à la mise en place d'un "studio". Prenant la forme d'une "place de marché électronique" analogue à l'App Store pour les applications vendues par Apple, les établissements utilisateurs de Didask pourront proposer leurs cours à la location. Et ainsi générer de nouvelles sources de revenus. "Le numérique éducatif représente un coût élevé pour les établissements, concède Son-Thierry Ly. Il est temps d'inventer de nouveaux modèles économiques."

#EdUp2016, l'événement EdTech d'EducPros
Le 15 décembre 2016, EducPros organise sa première conférenc#EdUp2016, en partenariat avec la Caisse des dépôts et Learn Assembly. Conçu pour connecter établissements, entrepreneurs et chercheurs travaillant sur les EdTech dédiées à l'enseignement supérieur, l'événement proposera keynotes d'experts, networking et ateliers collaboratifs.

Céline Authemayou  |  Publié le

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