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Grande conférence de la santé : les paramédicaux en route vers l'université

Virginie Bertereau  |  Publié le

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Le Premier ministre Manuel Valls, lors de son discours de clôture de la Grande conférence de santé.
Manuel Valls a annoncé une série de mesures lors de la Grande conférence de santé, dont le rapprochement des filières paramédicales de l'université, ainsi que le développement des expérimentations en Paces. // © Virginie Bertereau

À la Grande conférence de la santé, le 11 février 2016, Manuel Valls a annoncé le rapprochement des formations paramédicales et de l'université. Point de révolution à venir en revanche concernant la Paces.

Réformer les études de santé : les établissements de formation et les étudiants s'y disaient prêts, n'attendant que le feu vert des politiques. De premières orientations ont été annoncées lors de la Grande conférence de la santé. Ce rendez-vous, lancé par Manuel Valls, en lien avec Marisol Touraine, ministre de la Santé, et Thierry Mandon, secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur, s'est tenu jeudi 11 février 2016 au Cese (Conseil économique, social et environnemental).

Pendant une journée, préparée depuis plus de six mois, les participants ont débattu sur la façon de transformer les conditions de formation et d'exercice des professions de santé. Des thèmes déjà abordés lors des États généraux de la formation et de la recherche médicales. Le Premier ministre en a tiré une feuille de route.

Rapprocher les filières paramédicales de l'université

Les principales mesures concernent les filières sanitaires et sociales. Manuel Valls veut œuvrer pour le rapprochement entre les universités et les instituts de formation paramédicaux, a-t-il annoncé.

Cela passera par la mise en place d'un socle commun de connaissances en premier cycle. Et surtout par le transfert de l'encadrement pédagogique des formations paramédicales aux universités et, de fait, la délivrance de diplômes universitaires à leurs élèves. "À moyen terme", cependant.

Une passerelle vers la médecine

Il s'agira également de donner aux étudiants de ces filières un accès aux mêmes droits sociaux que les autres étudiants (aides d'urgence, aides au logement, accès aux bibliothèques universitaires, voire aux bourses), dès 2016.

Enfin, à partir de 2017, le Premier ministre prévoit l'instauration d'une passerelle pour ces diplômés des filières paramédicales vers la deuxième ou la troisième année de médecine, comme celles qui existent aujourd'hui après un master ou un diplôme d'ingénieur.

"Ce rapprochement est une grande victoire !" se réjouit Mathieu Levaillant, étudiant en médecine et élu de la Fage.

"Le Premier ministre a fait des propositions intéressantes, réagit plus globalement Lionel Collet, l'un des deux pilotes de cette Grande conférence de la santé. Après avoir travaillé plus de six mois, nous constatons que les mesures imaginées pour les jeunes ont été prises en compte. Donc nous sommes contents."

Développer les expérimentations en PACES

Quid de la Paces ? Les difficultés persistent en effet autour de cette première année commune aux études de santé, dont les effectifs ne cessent de croître, avec un couperet d'autant plus sévère avec le concours de fin d'année.

"Des questions ont été ouvertes", estime sobrement Lionel Collet. En revanche, pas de réforme de grande ampleur en vue. Et ce, malgré un consensus : le système de numerus clausus actuel ne satisfait personne.

Selon le programme de Manuel Valls, tout de même, des "subdivisions", c'est-à-dire des observatoires régionaux de la démographie médicale, devraient être créées à la rentrée 2016. À leur charge d'évaluer les capacités maximales réelles de formation, sur les bancs des facultés de médecine et en stage, ainsi que les besoins minimum des territoires en praticiens. Pour ensuite faire remonter ces informations au ministère de la Santé.

D'autre part, même s'il n'a pas prononcé le mot "expérimentations" en Paces, le Premier ministre a évoqué de "bonnes pratiques à poursuivre et développer". Il est prévu la nomination d'une personnalité chargée d'organiser le parrainage de nouvelles universités volontaires pour expérimenter des filières alternatives à la Paces, par les établissements déjà investis dans ces nouveaux cursus.

"Manuel Valls va relancer un groupe de travail sur les alternatives à la Paces et impulser une deuxième vague d'expérimentations", traduit Mathieu Levaillant. Mais il faudra attendre pour cela la rentrée 2017.

Virginie Bertereau  |  Publié le

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