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Grandes écoles : demain, tous entrepreneurs ?

Céline Authemayou  |  Publié le

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À l'EM Lyon, école de commerce, l'incubateur propose plusieurs formations dédiées à l'entrepreneuriat.
À l'EM Lyon, école de commerce, l'incubateur propose plusieurs formations dédiées à l'entrepreneuriat. // © Stephane AUDRAS/REA

Selon l’enquête insertion de la Conférence des grandes écoles, publiée le 14 juin 2016, 4 % des diplômés 2015 se sont lancés dans la création d’entreprise. Le taux, certes encore faible, est en augmentation ces dernières années. Et traduit l’appétence grandissante des étudiants à adopter l'esprit d'entreprendre.

Les étudiants des grandes écoles sont-ils tous de futurs entrepreneurs ? Pour étudier l'ampleur du phénomène, la Conférence des grandes écoles a introduit en 2015 une série de questions consacrées à l'entrepreneuriat dans son enquête annuelle dédiée à l'insertion des jeunes diplômés. En 2015, 3,5 % des répondants, ingénieurs et managers confondus, étaient en cours de création, avaient créé ou repris une entreprise.

Un an plus tard, le taux est passé à 4,1 %. "Ce chiffre va continuer d'augmenter, prédit Peter Todd, directeur général de HEC et président de la commission aval de la CGE. Dans nos écoles, nous voyons bien que l'intérêt des élèves pour la création d'entreprise s'accroît." Et le Canadien de prendre pour exemple sa propre école : il y a dix ans, 10 % des étudiants se déclaraient intéressés par l'entrepreneuriat. En 2016, ils sont près de 25 %. "La tendance n'est pas spécifique à la France, poursuit Peter Todd. Aux États-Unis ou encore au Canada, la situation est similaire."

À une différence près : à l'international, les ingénieurs sont moteurs en matière d'entrepreneuriat. En France, les managers sont les plus actifs : 7 % selon les chiffres de la CGE, contre seulement 2,4 % des ingénieurs. "Dans beaucoup de domaines, les écoles d'ingénieurs décollent avec un peu de retard par rapport aux écoles de commerce, concède Francis Jouanjean, délégué général de la CGE. C'était par exemple le cas en matière d'ouverture internationale. L'écart devrait se résorber au cours des prochaines années."

les formations en entrepreneuriat, plus nombreuses

Pour accompagner leurs étudiants, bon nombre d'écoles ont mis en place des cursus, des modules et des filières dédiés à l'entrepreneuriat. "Les établissements doivent s'adapter au marché tout comme aux besoins et aux attentes des étudiants, note Peter Todd. Toutes ces offres de formation doivent donc continuer de se développer."

Certaines écoles ont fait de l'entrepreneuriat une filière à part entière depuis plusieurs années. C'est le cas de SupOptique, qui propose une filière entrepreneuriat-innovation (FIE) depuis 2006. L'université technologique de Compiègne (UTC), pour sa part, a créé en 2015 un parcours entrepreneuriat élite sur le modèle des cursus proposés aux sportifs de haut niveau.

Outre ces initiatives, la création en 2014 par le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche du statut d'étudiant-entrepreneur a permis à des étudiants de bénéficier d'un accompagnement plus spécifique. Chaque année, une dizaine d'élèves de Grenoble INP choisit cette voie. "Les jeunes profitent de ce statut pour développer leur projet. Certains poursuivent, d'autres échouent, constate Philippe Bodiglio, directeur de la cellule entreprises innovation du groupe d'écoles d'ingénieurs. Le plus important dans cette aventure est de tester, d'expérimenter et de savoir rebondir si ça ne marche pas."

Esprit entrepreneur plutôt que création d'entreprise

Car tous les étudiants engagés dans une formation dédiée à l'entrepreneuriat ne finiront pas par fonder leur société. Là n'est d'ailleurs pas l'objectif visé. Les chiffres de la CGE prouvent d'ailleurs que plus de 9 diplômés sur 10 ne choisissent pas cette voie. La majorité (60 %) préférant se diriger vers une entreprise de plus de 250 salariés.

Pour étudier le désir d'entreprendre de ses élèves inscrits en master 2 entrepreneuriat technologique et industriel, l'université technologique de Belfort-Montbéliard s'est associée à un enseignant-chercheur en psychologie.

En ressort un constat simple : plus la formation avance, moins l'envie de créer son entreprise est forte. Si certains étudiants veulent créer leur entreprise coûte que coûte, d'autres préfèrent se laisser un peu de temps, passer par la case salariat pendant quelques années pour acquérir de l'expérience et se lancer ensuite.

"La création d'entreprise est seulement la partie émergée de l'iceberg, résume Philippe Bodiglio, de Grenoble INP. Toutes ces formations et ces cursus dédiés à l'entrepreneuriat doivent avant tout aider les étudiants à adopter de nouveaux réflexes, applicables aussi bien dans les start-up que dans les grands groupes : travail collectif, réflexion autour des usages, des marchés, et apprentissage de l'échec et du rebond... Ce n'est pas le plus facile, car nous sommes face à un public qui n'a pas encore connu d'échec. Mais si nous faisons bien notre travail, les entreprises doivent se préparer à recruter des jeunes prêts à faire bouger les lignes !"

Céline Authemayou  |  Publié le

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