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Hésam Université : Paris 1 prend le large

Morgane Taquet  |  Publié le

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Université Paris 1 Panthéon Sorbonne - Site du Panthéon - Paris - Septembre 2015
L'université Paris 1 a désormais six mois pour sortir d'Hésam. // © Camille Stromboni

Le conseil d'administration de l'université Paris 1 a annoncé, jeudi 17 novembre 2016, son intention de quitter la Comue Hésam. Un coup de massue pour le regroupement, qui perd ainsi sa seule université membre.

C'est un nouveau coup dur pour Hésam Université. Un peu plus de deux ans après le départ du regroupement de quatre établissements (EHESS, EPHE, EFEO, FMSH), c'est au tour de Paris 1 de mettre les voiles. Le conseil d'administration de l'université a voté, jeudi 17 novembre 2016, en faveur du retrait de la Comue par 18 voix pour, 6 contre et 9 abstentions. La veille, le congrès élargi de l'établissement (réunissant membres des conseils centraux, directeurs des UFR et des écoles doctorales) avait également voté le retrait, à une majorité encore plus large (40 voix pour, 4 contre et 12 abstentions).

"UN PROJET VIDÉ DE SA SUBSTANCE"

Le président de l'université, Georges Haddad, qui avait lui-même convoqué le congrès, a estimé que Paris 1 "se serait perdue et affaiblie en restant au sein d’Hésam", lors d'un point presse organisé vendredi 18 novembre. "Le projet était un Pres, puis une Comue d'envergure, avec des établissements prestigieux, qui, pour diverses raisons, ont décidé de quitter Hésam ces dernières années", rappelle le président.

"Paris 1 s'est retrouvée, de ce fait, dans une Comue ayant du mal à se situer, où il existait un certain mal-être et malaise. Ces départs ont également vidé le projet initial d'une grande partie de sa substance."

Le président évoque notamment le projet de création d'une université privée au Koweït à laquelle l’école de droit de la Sorbonne n'était pas associée, ou encore le sentiment de perdre de l'importance dans les conseils de la Comue alors que "Paris 1 représente 80 % des effectifs étudiants."

Paris 1 s'est retrouvée dans une Comue ayant du mal à se situer, où il existait un certain mal-être et malaise.
(G. Haddad)

Sur l'avenir, Georges Haddad reste évasif, indiquant vouloir créer une "nouvelle forme de coopération, de nouveaux modes d'association et repenser la façon d'être ensemble, avec des universités et des écoles." L'établissement a six mois pour sortir d'Hésam. "Tout un travail de fond va commencer dès le 1er décembre, précise le président. Nous allons mettre en place des commissions et de structures prospectives, mobilisant l’ensemble des membres de l’établissement, des enseignants-chercheurs aux personnels administratifs en passant par les étudiants, afin de créer une véritable dynamique de préparation."

pas de place pour les "positionnements nostalgiques"

Ce départ intervient alors qu'Hésam n'a pas réussi à tirer son épingle du jeu dans la compétition des Idex-Isite. Après trois tentatives infructueuses, le projet présenté par le regroupement avait été une nouvelle fois retoqué en juin 2016, lors de la phase de présélection à la vague 2 du PIA 2.

Le président d'Hésam, Jean-Luc Delpeuch, relativise. "Généralement dans les instances délibérantes, il y a un moment de réflexion entre le débat et la décision", répond-t-il, évoquant "des résultats qui ne sont pas écrasants." "Quoi qu'il en soit, Paris 1 exprime quelque chose que nous devons prendre en compte. Nous sommes à une étape cruciale, cela nous secoue, à nous de voir qui veut continuer", assure le président, qui précise, qu'en parallèle, de nouveaux candidats frappent à la porte : le groupe Cesi a fait une demande d'association à la Comue.

Nous sommes à une étape cruciale, cela nous secoue, à nous de voir qui veut continuer.
(J.-L. Delpeuch)

"Le projet d'Hésam révolutionne complètement la façon de former et de faire de la recherche. Notre projet complète les traditionnelles approches disciplinaires. Cette façon de concevoir la formation et la recherche n'est pas comprise par tout le monde, et tous ne s'y adaptent pas. Je dois d'ailleurs dire que lors du congrès de Paris 1, auquel j'ai été invité à participer, les témoignages les plus chaleureux au sujet d'Hésam sont venus des étudiants, qui savent que leur avenir dépend de l'innovation et non de positionnements nostalgiques."

vers une redéfinition du projet hésam

Quel avenir pour Hésam sans membre universitaire ? "Il faut désormais remettre à jour notre projet pour capitaliser les acquis de l'Idex Paris Nouveaux mondes, le redéfinir, afin de décrocher des financements nouveaux, dans les programmes européens, par exemple."

Quid des autres membres ? "Ils sont légitimement préoccupés, mais j'ai senti chez beaucoup une réelle détermination à avancer, car nous partageons le sentiment qu'il est nécessaire d'aller vers des modalités nouvelles." En outre, ajoute le président, "si une Comue doit avoir un EPSCP [Établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel] – ce que nous avons via le Cnam et Arts et Métiers –, ces EPSCP doivent aussi être dans une Comue."

Sur le volet financier, Paris 1 représente la plus grosse cotisation. "Mais cela ne se fera pas en un claquement de doigts, le retrait d'une Comue se fait sur la durée : au moins six mois après que le ministère ait validé la nouvelle participation de Paris 1 à un regroupement de site, avance Jean-Luc Delpeuch. Cela donne du temps pour gérer les choses intelligemment."

Morgane Taquet  |  Publié le

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