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Idex : les universités Sorbonne-Paris-Cité et Toulouse retentent leur chance

Céline Authemayou  |  Publié le

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Université Paris-Descartes - Paris 5 - Centre Universitaire des Saints-Pères
À Paris comme à Toulouse, les prochains mois seront cruciaux pour fédérer toutes les communautés autour du projet. // © Photothèque Paris-Descartes Dominique Cartelier

Après avoir vu leur labellisation Idex stoppée en avril 2016, les regroupements parisien et toulousain viennent d’obtenir le feu vert de la part du Commissariat général à l’investissement pour déposer de nouveau leur dossier. Les modalités de réexamen des candidatures par le jury international, et notamment le calendrier, restent à préciser.

Labellisés, recalés, et bientôt repêchés ? Après plusieurs mois d'attente, les universités Sorbonne-Paris-Cité et Toulouse viennent d'obtenir le feu vert du CGI pour déposer de nouveau leur dossier Idex devant le jury international.

La lettre du CGI (Commissariat général à l'investissement) est parvenue aux établissements mercredi 15 mars 2017, quelques jours seulement après que Thierry Mandon, secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, ait appelé de ses vœux un réexamen de ces deux dossiers, "afin de voir si les actions et les évolutions mises en place peuvent justifier un retour à l'éventuelle labellisation".

Des critères identiques aux examens précédents

En avril 2016, les deux regroupements, gratifiées d'une Idex en février 2012, avaient vu leur labellisation stoppée. Le jury international avait alors considéré "qu'on ne pouvait observer une adhésion des acteurs à une démarche de transformation conduisant à une université de recherche intégrée".

Depuis, l'USPC et Toulouse ont retravaillé leur projet, gardant l'espoir de pouvoir reconquérir le label. "Cette nouvelle est à la fois un soulagement et une satisfaction de voir reconnu le travail que nous avons accompli au cours des derniers mois, indique Philippe Raimbault, président de l'Université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées. Mais cela appelle également à une grande humilité : c'est une étape nécessaire, mais pas suffisante".

Dans la série à suspens que constitue la labellisation Idex, l'annonce du CGI ne constitue en effet qu'un nouvel épisode. Les deux regroupements devront déposer un nouveau dossier, puis passer un oral devant le jury. Si toutes les modalités ne sont pas encore fixées, le Commissariat a précisé que les critères et le niveau d'exigence du jury seraient identiques aux examens précédents. "Nous n'attendions pas autre chose", précise Philippe Raimbault.

Quant au calendrier, il devrait être détaillé dans les prochaines semaines. Suite à la perte de l'Idex, en juin 2016, l'Université fédérale de Toulouse et l'USPC avaient été soutenues financièrement (8 millions d'euros pour Paris et 7 millions pour Toulouse), sur une période "biseau" de dix-huit mois qui s'achèvera fin 2017. De quoi donner peut-être une première indication des échéances retenues.

Nous avons encore beaucoup de travail à effectuer auprès de nos communautés, qui ne sont pas totalement convaincues par le projet.
(P. Raimbault) 

Des communautés à convaincre

Les deux regroupements repartent donc dans une course contre la montre, pour avancer au plus vite sur leur projet d'université intégrée. L'USPC, qui a élu François Houllier à sa présidence jeudi 16 mars, a mis en ligne début mars la note d'intention envoyée au CGI. "Nous étions conscients que notre modèle devait évoluer pour aller vers une université de renommée mondiale, mais nous n'avons pas voulu regarder en face les conséquences institutionnelles d'une telle évolution, parce que nous pensions que nos communautés n'y étaient pas préparées", argumentent les auteurs de la note.

Avant de préciser : "Nous sommes plus déterminés que jamais à créer une véritable université de renommée mondiale. Pour cela, la première étape est l'intégration, des universités de la Sorbonne-Nouvelle, de Paris-Descartes et de Paris-Diderot dans une seule université qui aura le potentiel pour être classée parmi les 50 meilleures du monde. L'université Paris 13 sera étroitement associée à cette nouvelle université." Une ligne validée par les conseils d'administration des quatre universités au cours des dernières semaines.

Du côté de Toulouse, la feuille de route actant une université composée de plusieurs cercles d'établissements plus ou moins intégrés a été validée en début d'année, Toulouse 2 ayant été la dernière à se prononcer, le 10 février 2017. "Nous avons encore beaucoup de travail à effectuer auprès de nos communautés, qui ne sont pas totalement convaincues par le projet", concède Philippe Raimbault. Des groupes de travail thématiques seront mis en place, associant les représentants syndicaux des membres du personnel et des étudiants. "J'espère que cette participation plus large permettra une meilleure compréhension", poursuit le président toulousain.

Dans l'attente d'un nouveau cadre statutaire

Reste que comme bon nombre d'autres projets de regroupements, à l'image de ceux de Nantes ou de Lyon, la mise en œuvre des modèles prônés ne se fera qu'avec une évolution du cadre statutaire. "Tous les sites qui sont composés d'une forte proportion d'écoles ont du mal à se structurer, faute de statut adapté, note Philippe Raimbault. Nous espérons que le cadre juridique va s'adapter assez rapidement, bien que le calendrier électoral ne simplifie pas la donne..." Prochaine étape donc, en mai, après la présidentielle.

Céline Authemayou  |  Publié le

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