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iLumens : des mannequins au service de la formation en santé

Virginie Bertereau  |  Publié le

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Centre de simulation eb santé iLumens - Université Paris Descartes // ©V.Bertereau
Centre de simulation eb santé iLumens - Université Paris Descartes // ©V.Bertereau

Le centre de simulation en santé iLumens de l’université Paris-Descartes est unique à Paris. Étudiants en formation initiale et professionnels de santé en formation continue viennent s’y entraîner sur des mannequins. Mais le centre développe aussi des environnements virtuels.

Assister à un accouchement, cela impressionne toujours. La patiente s'appelle Noëlle. C'est un mannequin. Elle peut saigner, tousser, pleurer, ou encore vomir... sur commande. Elle vaut entre 80.000 et 90.000 €. Noëlle accouche régulièrement dans l'une des cinq salles d'iLumens.

Installé dans l'université Paris-Descartes, iLumens (laboratoire universitaire médical d'enseignement basé sur les technologies numériques et de simulation) est - pour le moment - le seul centre de simulation en santé de Paris.

Créé en juin 2011, mais réellement ouvert en septembre 2013, il accueille chaque semaine des groupes d'étudiants mais aussi des professionnels de santé venus se former. Selon leur niveau de compétences, ceux-ci peuvent s'entraîner à effectuer des gestes simples (perfuser, intuber, réanimer...) ou à gérer des situations de crise sans risque pour les patients.

"Nous leur proposons des jeux de rôle où nous les mettons en situation, y compris en état de fatigue avancé, pour tester leurs décisions et leurs réactions. Dans leur exercice, ils peuvent être amenés à intervenir avec une équipe qu'ils ne connaissent pas. Au-delà des gestes techniques, il s'agit donc également de travailler sur les interactions avec les autres, la communication, la psychologie...", explique Alexandre Mignon, codirecteur pédagogique d'iLumens et anesthésiste-réanimateur.

Les étudiants et professionnels de santé peuvent s'entraîner à effectuer des gestes simples ou à gérer des situations de crise sans risque pour les patients

Centre de simulation eb santé iLumens - Université Paris Descartes // ©V.Bertereau

Perspective : 15.000 personnes formées par an

Entre le briefing, l'intervention et le débriefing, une séance – ou "scénario" – dure de 45 minutes à une heure. Les formateurs sont eux-mêmes des professionnels de santé (médecins, sages-femmes, infirmiers anesthésistes...). La bibliothèque de cas cliniques à l'étude s'enrichit grâce à eux. Outre Noëlle, un bébé en réanimation et deux adultes servent de cobayes. Prochaine arrivée : un simulateur d'endoscopie digestive et bronchique. Un appareil (pas un mannequin) très réaliste, proche d'un jeu vidéo.

Quelque 400 étudiants (essentiellement de Paris-Descartes) peuvent ainsi venir se former sur une semaine, par groupe de 20 à 30. "Le centre devrait être opérationnel à 100% à la rentrée 2014. À terme, nous voudrions atteindre les 15.000 personnes formées par an", indique Antoine Tesnière, codirecteur pédagogique d'iLumens et anesthésiste-réanimateur.

Centre de simulation eb santé iLumens - Université Paris Descartes // ©V.Bertereau

Formés sur Smartphone

Anticipant déjà sa saturation, le centre mise également sur les environnements virtuels : les formations en réseau, les serious games développés avec la start-up Medusims. Certains de ces jeux sont accessibles au grand public – comme Born To Be Alive (naissance virtuelle en 3D) ou Stayling Alive (jeu de réanimation cardiaque à plus de 500.000 connexions ; coût : 100.000 €), même s'ils forment aussi des étudiants en médecine. D'autres sont réservés aux professionnels de santé.

Aujourd'hui, ces outils sont utilisables sur tablettes, smartphones, en collaboration locale ou à distance. Des interfaces haptiques (qui vont simuler de vrais gestes, de vraies sensations) sont également utilisées. Le futur, ce sont les environnements immersifs, les interfaces de captation, c'est-à-dire qui repèrent les mouvements (façon console Xbox Kinect).

Le temps de la collaboration

Les techniques en simulation viennent du secteur aéronautique. En santé, la France est plutôt en retard sur ce domaine, comparée, par exemple, à l'Amérique du Nord. Aujourd'hui, il existe néanmoins des centres dans beaucoup de villes universitaires : Angers, Brest, Lille, Lyon, Montpellier, Nancy, Nice, Strasbourg... "Il n'y a pas encore de compétition entre nous. Nous sommes plus dans le temps de la collaboration. Mais il n'est pas impossible d'imaginer un changement dans les deux ou trois années à venir", confie Alexandre Mignon.

La Fondation Bettencourt Schueller, mécène d'iLumens
Le laboratoire iLumens est financé par l'université Paris-Descartes et plusieurs mécènes. Parmi eux, la Fondation Bettencourt Schueller. "La fondation était déjà très engagée auprès de Paris-Descartes pour la rénovation de laboratoires, la création d'une école doctorale, la distribution de prix à des médecins et chercheurs, le financement de l'Institut Imagine... D'habitude, elle est plus tournée vers la recherche fondamentale. Mais iLumens dispense une formation de grande qualité, innovante et portée par des personnalités hors normes", explique Armand de Boissière, le secrétaire général de la fondation. Celle-ci a apporté 250.000 € pour financer les deux derniers mannequins (formation et matériel).

Virginie Bertereau  |  Publié le

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