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Indiscret. À Saclay, le pôle d'excellence se dessine malgré l'avis de Matignon

Céline Authemayou  |  Publié le

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Le futur bâtiment de l'Institut Mines Télécom à Saclay
Le futur bâtiment de l'Institut Mines Télécom à Saclay // © Grafton Architects

Matignon avait demandé de reporter les travaux dédiés au pôle d’excellence après la visite du jury de l’Idex. Pourtant, des écoles d’ingénieurs de l’université Paris-Saclay poursuivent leur réflexion. Le 15 mars 2016, Emmanuel Macron aura bien sur son bureau un premier document rédigé par les établissements placés sous sa tutelle.

Depuis son évocation dans le rapport Attali – à l’époque baptisé "Grande École polytechnique" -, le pôle d’excellence cristallise les crispations sur le plateau de Saclay. Absent du rapport Idex rendu le 22 décembre 2015, le projet de regroupement des écoles d’ingénieurs membres de l’université Paris-Saclay n’est pas pour autant enterré.

Au cours du mois de janvier 2016, des réunions de travail entre établissements et tutelles ont continué de se dérouler. "Les rendez-vous se multiplient", affirmait-on du côté du ministère de la Défense. Les enjeux sont tels que plus personne n'ose prendre la parole de façon officielle.

Début février, Matignon pousse à l’arrêt des travaux

Dans une lettre adressée à Philippe Jamet, directeur général de l’Institut Mines-Télécom, datée du 25 janvier 2016 et révélée par Newstank, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron confirmait sa volonté de voir sur son bureau, le 15 mars, un "schéma de pôle d’excellence", comme il l’avait demandé le 15 décembre, lors de sa venue à l’École polytechnique.

Début février, pour tenter de calmer la fronde des universitaires du plateau, Matignon décide d’arbitrer les débats. Après avoir commandé une note au cabinet du ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour comprendre les raisons des achoppements, il demande aux tutelles de stopper les travaux autour du pôle, tant que le jury Idex n’aura pas rendu son verdict au printemps, répondant ainsi favorablement à la demande de la rue Descartes.

"Pour que les établissements puissent se consacrer pleinement à l’évaluation de l’Idex, il a été décidé que les travaux conduisant à d’éventuelles coopérations entre les écoles seront reportés à une date ultérieure à cet examen", confirme-t-on alors du côté du cabinet de Thierry Mandon.

Fin février, le ministère de l’économie poursuit sa réflexion

Pourtant, du côté du ministère de l'Économie, la réflexion se poursuit actuellement et devrait bel et bien aboutir, le 15 mars, à la remise d’une feuille de route à Emmanuel Macron.  "Les ministères techniques ont un peu l'impression de s'être fait avoir en décembre, en n'ayant pas obtenu une mention du pôle d'excellence dans le rapport Idex, commente un proche du dossier. Ils ne veulent pas se faire avoir une deuxième fois..."

Le document sur lequel planchent les écoles sous tutelle du ministère de l’Économie prendra la forme d’une liste de projets "créateurs de valeurs", d'ores et déjà menés par des écoles d'ingénieurs du plateau.

"Il n’y a pas d’incompatibilité entre les deux dossiers, estime-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron. Au contraire, cet acte positif va dans le sens même d’une université Paris-Saclay forte."

L'expression même de "pôle d'excellence" fait toujours débat au sein même de ses fervents défenseurs car  le projet n'aura pas de structure administrative et doit être pensé comme un "accélérateur de projets".

Céline Authemayou  |  Publié le

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