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Innovation numérique : Thierry Mandon accompagne les universités pionnières

Natacha Lefauconnier  |  Publié le

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Thierry Mandon ausculte le patient-mannequin connecté du laboratoire iLumens à l’université Paris-Descartes, le 24 mai 2016.
Thierry Mandon ausculte le patient-mannequin connecté du laboratoire iLumens à l’université Paris-Descartes, le 24 mai 2016. // © Natacha Lefauconnier

L’université doit assumer son rôle d’opérateur de la transformation numérique de la société, selon le Conseil national du numérique. Saisi en novembre 2015, l'instance a rendu sa copie au secrétaire d’État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche mardi 24 mai, après six mois de consultations sur le terrain. À la rentrée 2016, quelques établissements testeront les outils proposés.

“Nous ne présentons pas nos résultats au ministre, mais à la communauté”, a précisé d’entrée de jeu Mounir Mahjoubi, président du CNNum (Conseil national du numérique), lors de la conférence de presse du mardi 24 mai 2016 consacrée à la transformation numérique de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Thierry Mandon confirme : “Les universités ne sont pas naïves en matière de numérique. Ce qu'il leur manque, c’est un cadre d’action et une boîte à outils. C’est à ce niveau que le CNNum est intervenu.” Le Conseil s’est appuyé sur une méthode contributive inspirée du design, afin de faire coopérer décideurs, administrateurs, contrôleurs, universitaires, ingénieurs informatique, etc.

Le référentiel participatif de transformation numérique remis par le Conseil recense déjà quelque 400 actions, regroupées en famille d’outils qui pourront être partagés et améliorés par les utilisateurs. “C’est en partant d’initiatives innovantes que l’on pourra impulser une démarche de transformation plus globale”, a estimé le groupe de travail piloté par Sophie Pène, vice-présidente du CNNum.

Cinq grands thèmes de transformation numérique

Le Conseil a défini cinq grands thèmes d’action susceptibles d’entraîner progressivement d’autres transformations. D'abord, développer une véritable gouvernance numérique. Un responsable de la transformation numérique doit être chargé d'instaurer une politique systémique, laquelle encouragera la direction informatique à davantage soutenir les pratiques pédagogiques (adaptive learning), au-delà de la simple gestion administrative.

Autre point d’amélioration : le renforcement du lien entre l’enseignement supérieur et le monde socio-économique. Être plus respectueux des normes et des standards internationaux, notamment, favorisera le partage des contenus.

Du côté de la transformation pédagogique, l’enseignement supérieur devra valoriser les ressources pédagogiques réutilisables par tous (les "communs du savoir") en facilitant leur libre circulation.

La transformation passe aussi par la recherche : il s’agit d’associer tous les acteurs de l’université, notamment les enseignants-chercheurs de différentes disciplines, à la recherche sur l’apprentissage. Objectif : repenser l’enseignement afin de mieux répondre aux besoins des étudiants.

Ces derniers réinvestissent les espaces universitaires, observe le conseil. Le cinquième pôle d'actions consistera donc à faciliter l’usage des "lieux numériques" pour l’apprentissage, que ce soit dans des fablabs, des cafétérias connectées, des bibliothèques… Et même en dehors de l’université, dans des pépinières ou espaces de coworking.

Quatre ou cinq établissements pionniers dès la rentrée

Une expérimentation de cette transformation numérique de l’enseignement supérieur sera menée dans les prochains mois. Sur la base du volontariat, quatre ou cinq établissements pionniers, universités ou écoles, seront choisis d’ici à l’été.

De septembre à décembre 2016, le ministère et le CNNum accompagneront leurs premiers pas sous la forme d’un partenariat informel. “Durant cette période, il s’agira uniquement de maîtrise d’ouvrage, il n’y a pas d’investissement”, prévient le secrétaire d’État.

Un budget de 150 millions d’euros dans le PIA 3

En revanche, dans la perspective d’élargir le dispositif à tous les établissements, "des budgets importants seront inscrits dans le PIA 3 pour l’innovation numérique et l’innovation pédagogique", de l’ordre de 150 millions d’euros. "Nous devons réaffirmer une très haute ambition pour la France au niveau international. Il faut démultiplier les moyens pour faire face à des concurrents qui mobilisent des sommes considérables", justifie Thierry Mandon.

Le ministère organisera un premier point avec les établissements sélectionnés à la rentrée.

Des initiatives déjà en place
Quelques exemples d’innovations pédagogiques qui peuvent servir de modèle à d’autres établissements :

iLumens, le laboratoire universitaire d’enseignement numérique et de simulation de l’université Paris-Descartes, propose des modules de formation permettant aux étudiants en médecine de s’exercer sur des mannequins connectés.

Véga, à l’université Montpellier 3, est un dictionnaire numérique du vocabulaire de l’égyptien ancien comptant déjà plus de 4.000 entrées. Il sera rendu accessible au grand public fin 2016.

L’utilisation de boîtiers de vote numériques, à l’université Toulouse 3, permet aux enseignants de recueillir les réponses aux questions qu'ils ont posées en cours aux étudiants et d’en faire des histogrammes. Ils peuvent ainsi adapter le rythme ou le contenu de leurs cours.

Le C@mpus numérique de Bretagne, de l'Université Bretagne Loire. 28 universités et écoles interconnectées proposeront des salles entièrement dédiées à la pédagogie numérique et à la recherche. Un portail web permettra de réserver des salles de visioconférences, les vidéos d’enseignement en ligne enregistrées pourront être récupérées par les étudiants sur ce portail.

Natacha Lefauconnier  |  Publié le

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