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Insertion : plus de docteurs en CDI, trois ans après leur diplôme

Catherine de Coppet
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Cérémonie doctorat Université Paris-Saclay
Trois ans après l'obtention de leur diplôme, 92 % des docteurs formés en Île-de-France occupent un emploi, selon Adoc Team Management. // ©  Marie-Béatrice Seillant / Université Paris-Saclay
À l'occasion du PhDTalent Career Fair, organisé ce 21 octobre 2016, le cabinet de conseil Adoc Talent Management publie la quatrième édition de son enquête sur l'emploi des docteurs en Île-de-France. Trois ans après avoir soutenu leur thèse, 9 docteurs sur 10 occupent un emploi, dont la moitié en CDI.

Au printemps 2016, 92 % des docteurs diplômés en 2013 interrogés par Adoc Talent Management, occupaient un emploi. "C'est 11 points de plus qu'en 2014, soit un an après l'obtention de leur diplôme", commente Marc Joos, chargé de projet au sein du cabinet de conseil spécialisé dans l'insertion professionnelle des docteurs.

Cette enquête, réalisée trois ans après leur entrée sur le marché du travail, permet de constater que la part des docteurs du "cru 2013" employés par le secteur public a diminué, passant de 69 % en 2014 à 63 % en 2016. La part des docteurs ayant rejoint le privé a logiquement augmenté et représente désormais 33% des sondés. 

La qualité de l'emploi s'est par ailleurs améliorée : en 2014, 37 % de la cohorte disposait d'un emploi à durée indéterminée (CDI ou titulaire dans la fonction publique). Deux ans plus tard, ce taux atteint 54 %. Cette évolution est particulièrement marquée dans le secteur public français, où le nombre de docteurs ayant un emploi à durée indéterminée a augmenté de 24 points en deux ans.

42 % de docteurs en poste à l'étranger

L'enquête se penche également sur l'aire géographique des emplois des docteurs diplômés en 2013. En 2016, ces derniers sont 42 % à travailler à l'international, contre 40 % en 2014. Un docteur sur quatre exerce son activité dans un pays hors de l'Union européenne et près de deux sur dix dans un pays de la zone européenne, hors France. 

"Il ne faut pas en conclure pour autant que les cerveaux quittent massivement l'Hexagone, commente Marc Joos. Sur les diplômés 2013 ayant répondu à l'enquête, 37 % sont de nationalité étrangère." Or, de nombreux docteurs reviennent travailler dans la zone géographique où ils ont obtenu leur diplôme d'accès au doctorat.

À titre d'exemple, les docteurs ayant décroché leur master en Amérique du Nord sont 62 % à y travailler, constate Marc Joos. Seuls 16,2% travaillent en France." Ce sont les docteurs ayant obtenu leur bac + 5 en Afrique qui, proportionnellement, sont les plus nombreux (près de six sur dix) à travailler en France une fois leur doctorat décroché dans l'Hexagone.

Méthodologie de l'enquête :
 
Pour réaliser son enquête, Adoc Talent Management a interrogé 2.229 docteurs – soit environ 15 % de l'ensemble des docteurs diplômés en France chaque année –, issus des établissements suivants : Université Paris-SaclayUniversité Paris-EstSorbonne Universités et Université Sorbonne-Paris-Cité.
Parmi les profils, les diplômés de sciences naturelles ou mathématiques sont les plus représentés (45 %), suivis des diplômés en sciences de l'ingénieur (24 %) et en sciences de la santé (16 %). Le taux de réponse à l'enquête a été de 58 %. Cette quatrième édition s'intéresse également aux docteurs diplômés en 2015.

Lire l'enquête Adoc Talent Management Emploi 2016

Catherine de Coppet | Publié le

Vos commentaires (1)

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Doctorant.

Cette étude est totalement catastrophique pour le doctorat. D'abord, elle n'est pas représentative puisqu'elle ne sonde que des docteurs issus de 4 facs parisiennes... (tous les doctorats ne se valent pas). Ensuite, qu'apprend t-on ? Que le chômage des docteurs 3 ans après leur soutenance est de 10%, soit autant que la moyenne nationale. Si on reformule ce chiffre, cela signifie qu'à plus de 30 ans, cette population est toujours au chômage. Par ailleurs, on apprend également que le taux d'emploi stable chez les docteurs est de 45% (90% * 50 %). Il faut s'en féciliter ? Cela signifie que la majorité des docteurs est en emploi précaire ou sans emploi ce qui est littéralement catastrophique. La cour des comptes ne s'y est pas trompée : le doctorat français est le diplôme le plus inefficient du système d'enseignement supérieur. Comparativement, les master s'insèrent beaucoup mieux et accèdent à des emplois stables. Les docteurs sont simplement un "mauvais produit", inemployables et surqualifiés dans un travail monotâche. Enfin, on oublie trop souvent de distinguer, parmi les cohortes sondés, les études d'origine des docteurs. Il y a fort à parier qu'un docteur issu de l'X ou de l'ENS (bénéficiant de bourses spécifiques) n'ait pas la même insertition professionnelle que les purs faqueux. Autrement dit, le recrutement de ces personnes se fait souvent "malgré" leur doctorat que "grâce" au doctorat. Il faut donc en conclure que : 1. Le doctorat reste une arme de précarisation massive 2. Cela ne change guère malgré les pseudo "bons chiffres" avancés par ce cabinet 3. Que la désutilité des années d'études supérieures après le bac +5 est énorme J'anticipe sur ceux qui vont arguer de l'étranger comme comparaison pour dire que les français seraient des outliers. Toutes les études montrent qu'à l'étranger c'est guère mieux. Aux Etats-Unis, les docteurs gagnent en moyenne autant que des ouvriers de maintenance (le chômage est moins un problème mais les emplois sont médiocres). En Suisse, les docteurs sont très précaires et au chômage. Exemple : http://www.rts.ch/info/suisse/8026572-apres-le-doctorat-la-precarite-guette-huit-chercheurs-sur-dix.html Donc arrêtons de fantasmer sur "ailleurs" : c'est le même constat. Le doctorat est inadapté, reliquat d'un vestige médiéval sans intérêt.

Fil.

Le fond de la réaction me semble aussi fortement désabusée et je ne juge pas l'impression personnelle, je me permet juste de revenir sur deux ou trois points qui me semble une interprétation erronée. Les chiffres présentés concernent le taux d'emploi et parlent de 8% de chômage, ce qui est donc inférieur à la moyenne nationale. Ensuite, l'X et l'ENS disposent de quelques financements supplémentaires, c'est vrai, mais ils sont loin de financer la totalité de leurs doctorants. Enfin, je relève que vous parlez d'insertion professionnelle, comme encore bien des doctorants. C'est probablement un souci que de ne pas se sentir professionnel, et cela a un impact non négligeable face aux employeurs : selon qu'ils ont face à eux un professionnel déjà inséré qui ne fait que poursuivre sa carrière, ou qu'il est face à une personne oubliant son expérience et se présentant comme un étudiant au long cours débutant à peine sa carrière, cela fait une grosse différence. Cordialement

Sylvie Pommier.

Ce qu’il faut d’abord en retenir c’est que plus de 80% se déclarent eux-mêmes satisfaits ou très satisfaits de leur situation professionnelle. Et aussi qu’ils estiment que les compétences acquises pendant leur formation doctorale sont déterminantes pour leur carrière. C’est la catégorie de diplômés la plus satisfaite. Et c'est un très bon résultat. Par contre avec 42% des docteurs qui sont en emploi à l’étranger, les notions de EDD / EDI ou de public / privé, sont à prendre avec prudence et mieux vaut ne pas en tirer des conclusions abusives. Tout ceci est très ancré dans le schéma français, qui ne se décline absolument pas dans les mêmes termes à l’international. Et le niveau doctorat est, de très loin, le niveau qui conduit à l’internationalisation la plus forte des étudiants puis des diplômés. Pour beaucoup le doctorat donne l’opportunité d’avoir une expérience internationale de quelques années dans de grandes universités dites « de classes mondiales » et c’est assez formidable quand on peut le faire. 3 ans après la soutenance, nombreux sont ceux qui se donnent encore le temps de poursuivre l’aventure. Le « CDD » n'est pas nécessairement « subi ». Avoir l’occasion de connaître le monde, en étant payé et en travaillant sur des sujets passionnants, ça fait quand même envie à beaucoup de monde. Qu’on vise une carrière académique ou une carrière hors académique. Dans le monde anglo-saxon, le « CDD » n’est en rien un signe de précarité, puisque c’est la norme pour tous dans le milieu académique (post doc puis la « tenure track » d’assistant professor). Le recrutement « en CDI »est, plus ou moins, à considérer comme équivalent de l’HDR chez nous. De plus beaucoup de grandes universités sont privées et les rémunérations sont évidemment corrélées au niveau de vie du pays qui varie quand même beaucoup d’un pays à l’autre. C’est donc un peu hasardeux de mettre sur le même plan les chiffres relatifs aux docteurs en emploi en France et ceux des docteurs en emploi à l’étranger. Dans le privé, pouvoir afficher une expérience d’un ou deux ans dans un pays étranger et dans un établissement prestigieux, c’est un plus. Par contre, il est clair, que si le recruteur a le sentiment que le docteur avait comme seul objectif de faire une carrière académique et ne se tourne vers le privé que parce qu’il doit en « faire son deuil », ça ne va pas vraiment l’aider à être embauché. Mais ce n’est pas un problème de précarité, c’est un problème de motivation. Les entreprises, les starts ups apprécient les docteurs (cd le succès de la PhD Talent Career fair) mais à condition que les docteurs les apprécient.

Doc sans poste.

Je suis docteur et non plus doctorant, et je partage l'analyse ci-dessus. Et si ma réaction est désabusée, à l'inverse, je peux vous garantir qu'après un an et demi de recherche d'emploi, c'est bien "malgré" le doctorat qu'on est embauché, pas "grâce à". Et que quelle que soit la façon dont on se présente (j'ai appris avec le temps à tenir le discours "doctorat, expérience professionnelle à part entière, compétences transférables" etc.) : un employeur français tique toujours sur le doctorat. Les seuls entretiens constructifs que j'ai eus au bout du compte sont : 1) avec des personnes qui ont un doctorat et on réussi à se réorienter avec succès 2) des personnes ouvertes aux docteurs, soit qu'elles en ont dans leur entourage, soit qu'elles même auraient souhaité en faire un mais ne l'ont pas fait pour diverses raisons. Par ailleurs, l'enquête est elle bien tronquée et non représentative : 4 facultés parisiennes... et 12% de docteurs en SHS ! Disciplines où le chômage est bien dans la moyenne nationale. Pire, dans ces disciplines, un docteur toucherait même moins un salaire moindre qu'un diplômé de master ! Et sont plus souvent en CDD qu'en CDI. Adoc n'a pas le monopole des enquêtes sur l'insertion des docteurs, allez voir d'autres chiffres. Les choses ne vont pas bien. Enfin, regardez les tableaux de la présente enquête : ce sont dans ces discplines qu'ils y a le plus de "self-employed" et de personnes reprenant leurs études. Enfin, il ne faut pas oublier que cette étude dépend de la participation volontaire des docteurs... et je peux vous garantir qu'il y a un effet d'auto-censure - comme dans toute enquête de ce type. Vous croyez que celui qui galère vraiment a envie de répondre à une enquête de ce type, qui plus est biaisée dès le départ ? Donc non cette enquête n'est pas une bonne nouvelle. Je n'irais pas jusqu'à dire que le doctorat est inadapté. C'est une super expérience. Et somme toute, pour ceux qui se destinent à l'ESR en université ou au CNRS, il est adapté. Mais il y a un fossé phénoménal entre ce que nous faisons et ce que la société perçoit, qui rend notre recrutement plus que compliqué.

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