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L’égalité femmes/hommes dans l’enseignement supérieur : peut mieux faire !

Sandrine Chesnel  |  Publié le

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Effet de mode ou prise de conscience durable ? Jeudi 15 novembre 2012, Télécom ParisTech accueillait les 1ères « rencontres de l’éducation à l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur », organisées par Social Builder. 150 acteurs de l’entreprise, des institutions et de l’enseignement supérieur s’y sont retrouvés pour réfléchir aux solutions à mettre en œuvre pour faire progresser la mixité.

Neuf membres de comités exécutifs d'entreprises sur 10 sont des hommes. Soit la même proportion que chez les responsables d’établissements d’enseignement supérieur publics. Les chiffres sont têtus et prouvent combien la mixité peine encore à se développer dans toutes les instances de pouvoir, y compris dans l’enseignement supérieur.

Pour Nathalie Tournyol du Clos, chef du service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes au ministère des Droits des femmes, quatre leviers doivent permettre de faire progresser l’égalité femmes-hommes : « Appliquer et rendre efficace le droit existant; transmettre une culture de l’égalité entre les sexes à l’école; développer une plus grande mixité dans toutes les filières d’études ; assurer une formation initiale et continue aux problématiques de genre pour les enseignants du secondaire ».

D’après Simone Bonnafous, directrice générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle au MESR, et longtemps seule femme au conseil d’administration de la CPU, « cette formation devrait être possible rapidement dans les futures écoles supérieures du professorat et de l’éducation ». Parmi les solutions envisagées pour développer l’égalité Femmes-Hommes, Simone Bonnafous propose aussi d’introduire « des indicateurs sur l’égalité dans les prochains contrats quinquénnaux signés avec les universités ».

Un chargé de mission EGALITé dans 25 universites

Convaincues de la justesse de ce combat, 25 universités se sont déjà dotées d’un ou d’une chargé(e) de mission Egalité. Mais comment faire progresser ces idées dans un climat si ce n’est hostile, souvent indifférent ? Par temps de crise, le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes est souvent relégué en fin de liste des priorités. « On n’a pas de budget, il n’y a pas de problème de mixité ici, on va passer pour des féministes… Les arguments pour ne rien faire sont légions, et la mise en place d’un plan d’action peut parfois s’apparenter à une guerre des nerfs » témoigne Rachida Lemmaghti, responsable du Pôle Egalité Femmes Hommes à Paris Diderot, qui fait figure d’exemple sur ce sujet.

Régulièrement sollicitée par des professeurs intéressés par l’action de Paris-Diderot, Rachida Lemmaghti a mis au point un argumentaire destiné à convaincre les responsables d’un établissement de l’intérêt de développer un plan d’action en faveur de l’Egalité Femmes Hommes (voir encadré).

Avant de se lancer, les établissements qui souhaitent s’engager sur ce sujet peuvent aussi se rapprocher de la conférence permanente des chargés de mission Egalité-Diversité au sein des établissements d’enseignement et de recherche. Crée en janvier 2011, elle regroupe les chargés de mission de la vingtaine d’université qui ont commencé à investir, à plus ou moins grande échelle, le sujet de l’égalité femmes-hommes dans l’université.

 

Egalité hommes-femmes : « convaincre en 5 points », par Rachida Lemmaghti  (Paris-Diderot)

- L'argument : « Il y a des problèmes plus importants à régler avant celui-là ». La réponse : « Les femmes représentent la moitié de l’humanité et les étudiantes sont majoritaires dans l’enseignement supérieur : un établissement public peut-il vraiment choisir de ne pas se préoccuper du sort de la moitié du public qu’il accueille ? »

- L'argument : « Il n’y a pas de problème d’égalité femmes-hommes dans notre établissement ». La réponse : « Si c’est le cas il faut en faire un argument de communication, car c’est exeptionnel ! Plus sérieusement, on peut commencer par faire des statistiques sexuées sur le personnel de l’université, à partir du bilan social, qui démontreront ces inégalités».

- L'argument : « On n’a pas d’argent ». La réponse : « Le budget du pôle Egalité de Paris Diderot est de 50 000 euros mais on peut débuter avec moins. Par ailleurs il est possible de mettre en avant qu’une action dans ce domaine sera favorable à l’image de l’université. Par ailleurs il ne faut pas hésiter à solliciter des financements auprès de sa ville, sa région, l’Europe, des mécènes »

- L'argument : « Les étudiants n’ont pas le temps ». La réponse : « Les actions de sensibilisation peuvent être menées pendant la prérentrée. C’est ce que nous faisons à Paris-Diderot avec les 1ère année ».

- L'argument : « On va passer pour des féministes ». La réponse : « Un rappel historique de ce qu’est le féminisme et ses combats est toujours utile. Rappeler aussi que le féminisme est un humanisme »

 

Qu’est-ce que Social Builder ?

Social Builder, association organisatrice des 1ères Rencontres de l’éducation à l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur, a pour objectif de faire progresser l’égalité femmes-hommes dans les sphères de décision notamment en soutenant le potentiel de leader ship des jeunes femmes, et en formant les futurs professionnels aux stéréotypes de genre. Une sélection des interventions des participants au colloque du 15 novembre est disponible en ligne.

www.socialbuilder.org

 

 

Sandrine Chesnel  |  Publié le

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