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La CGE vise 30% d'étudiants étrangers dans l'enseignement supérieur français

Julia Zimmerlich  |  Publié le

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La CGE (Conférence des grandes écoles) propose de tripler le nombre d’étudiants étrangers dans les établissements d’enseignement supérieur français d’ici 10 ans. Deux conditions sont posées par la CGE : l’amendement de la loi Toubon relative à l'emploi de la langue française et le droit aux établissements publics de fixer librement les frais de scolarité pour les étudiants non européens.

« 500 000 étudiants étrangers de plus en 10 ans, soit 30% des effectifs », la CGE entend positionner la France sur le marché international de l’enseignement supérieur. Les projections de l’Unesco prévoient un doublement de la population étudiante entre 2000 et 2015 (de 100 à 200 millions), avec une explosion des marchés indiens et chinois (55 millions d’étudiants). « L’Inde et la Chine n’ont pas les structures d’accueil suffisantes pour répondre à cette hausse de la demande de formation », explique Pierre Tapie, Président de la CGE, lors d’une conférence de presse, le 9 mars 2010.

Instaurer une double tarification

Le développement annuel de 4% des effectifs sera financé par les étudiants eux-mêmes avec des frais de scolarité correspondant aux coûts réels de formation (12 000 euros en moyenne). Des droits d’inscription élevés, justifiés par « la solvabilité de la bourgeoisie moyenne des grandes puissances émergentes. Avec un ou deux enfants, ces familles sont prêtes à payer des fortunes pour les former. Ils se dirigent aujourd’hui vers les grandes universités anglo-saxonnes, dont les frais de scolarités atteignent 45 000$ par an », détaille Pierre Tapie. A terme, cette stratégie internationale représentera 5Mds € de ressources supplémentaires par an pour l'enseignement supérieur. Un étudiant étranger sur cinq bénéficiera d'une bourse d'étude, financée par ces nouveaux revenus. La CGE demande le droit pour les établissements publics d’appliquer une politique de double tarification pour leurs diplômes visés. « Le sujet a été abordé à plusieurs reprises avec le gouvernement, mais nous n'avons jusqu’à présent obtenu aucune réponse » relève Pierre Tapie.

Amender la loi Toubon

En complément de cette évolution, la CGE demande l’abrogation ou l’amendement de la loi Toubon dans l’enseignement supérieur. Les établissements privés et publics ont aujourd'hui l'obligation de dispenser la totalité des cours en français. Des dérogations sont notamment prévues pour les établissements proposant un enseignement à caractère international ou accueillant un minimum de 25% d'élèves étrangers. Les écoles de management se risquent déjà à dispenser jusqu'à 80% de leurs cours en anglais. Pour éviter le barrage de la langue, la CGE propose de renforcer l'offre d'enseignement en anglais, en parallèle de cours intensifs de français pour les étrangers.

Un effort individuel

Cette proposition de stratégie à l’international pose toutefois de nombreuses questions en terme d’investissements dans de nouveaux logements étudiants, de locaux et de recrutement de professeurs capables d’enseigner en anglais. La CGE parle pour l’instant d’une volonté partagée mais d’une mise en œuvre individuelle pour chaque établissement. « L’ESSEC a mis 15 ans pour atteindre une part de 30% d’étrangers dans ses effectifs. C’est un effort sur le long terme », conclut Pierre Tapie. La CGE s'exprimait pour la première fois de manière officielle, depuis la polémique du mois de janvier sur la question de l'ouverture sociale.

Julia Zimmerlich  |  Publié le

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