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La réforme de la formation des masseurs-kinésithérapeutes au point mort

Céline Authemayou  |  Publié le

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Alors que les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur ont confirmé leur décision de reconnaître au grade licence le diplôme de masseur-kinésithérapeute, les étudiants et la profession organisent la contestation. Un appel à la mobilisation est lancé pour le 20 mars.

Grade master contre grade licence, le bras de fer se poursuit. La réforme de la formation des masseurs-kinésithérapeutes continue de mobiliser étudiants et professionnels du secteur. Au cours des dernières semaines, plusieurs rendez-vous de travail ont été organisés entre les ministères et la Fédération nationale des étudiants en Kinésithérapie (FNEK).

Le 25 janvier, Marisol Touraine et Geneviève Fioraso confirmaient par voie de communiqué la reconnaissance de la formation au grade de licence, contre un bac +2 actuellement. Une décision vivement critiquée par la FNEK et les syndicats. « Pour les ministères, cette décision est actée. Or, pour être applicable, l’accord des professionnels du secteur est obligatoire», rappelle Mathieu Noirot, président de la FNEK. Le blocage est tel que l’association étudiante a lancé un appel à la mobilisation nationale, le 20 mars prochain.

un veritable serpent de mer depuis 1989

De leurs côtés, les deux ministères ne communiquent pas sur le sujet. Mais un nouveau rendez-vous de travail a été fixé au 13 mars. La veille, les kinésithérapeutes seront reçus à l’IGAENR (Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche). « Ces deux étapes sont importantes, pour ne pas dire capitales, avoue Stéphane Michel, à la tête du SNMKR (Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs). Pour l’instant, les organisations sont unies : pourvu que ça dure ! Mais la partie n’est pas gagnée et il faudra peut-être se résoudre à aller frapper à la porte du Premier ministre ou du président de la République… »

La grogne des étudiants et des professionnels ne faiblit donc pas. Il faut dire que le dossier est un véritable serpent de mer, qui occupe les esprits depuis 1989. A l’époque, un premier travail de réingénierie prévoyait une formation sur quatre ans. Idem en octobre 2011 : un arbitrage du gouvernement Fillon laissait alors entrevoir une reconnaissance du diplôme d’Etat au niveau master 1. Mais à défaut de décret d’application, la décision n’entre pas en vigueur. Les travaux sont donc repartis à zéro en juin 2012, avec la prise de fonction du nouveau gouvernement.

"Aujourd’hui, le gouvernement nous propose un diplôme d’Etat de niveau licence. Or, nous réclamons clairement un niveau master 2, comprenant quatre années de formation précédées d’une année de préparation universitaire", rappelle Mathieu Noirot, de la FNEK. "Le programme actuel en trois ans peut largement s'étaler sur quatre années, poursuit Stéphane Michel. Des propositions ont été faites pour compléter le cursus, avec des cours d’anglais médical, de sciences humaines, de gestion et de droit, etc. Le but est de coller aux besoins du secteur, mais aussi, avec un M2, de permettre aux diplômés d’accéder à des postes dans des pays d’Europe, où le bac +5 est généralisé. »

La préparation universitaire au cœur des revendications

Autre sujet au cœur du débat : la sélection en Institut de formation (IFMK). Les syndicats demandent aux ministères d’éclaircir leur position quant à la possibilité d’intégrer l’année de préparation au concours dans le cursus. Aujourd’hui, deux-tiers des IFMK recrutent après une année de PAES, une L1 STAPS ou une L1 biologie. Une minorité continue de sélectionner des bacheliers dont la quasi totalité sont passés par une école privée pour préparer le concours. « C’est cette sélection sociale, faite par l’argent que nous dénonçons, argumente Mathieu Noirot. Nous voulons que soit généralisée la sélection post année de PAES ou de STAPS. » Ce qui était prévu dans l’arbitrage de 2011.

Un nouvel institut à Brest pour la rentrée 2013

Dès la rentrée 2013, Brest accueillera un nouvel Institut de formation en masso-kinésithérapie. L’établissement public, rattaché au CHU de la ville offrira 30 places par promotion. Les cours seront dispensés dans les locaux de l'UFR de médecine et Sciences de la santé de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO).


Quant à la sélection des étudiants, elle se fera à l’issue de la première années d’études de santé (PAES) (20 places) et de la première année de licence STAPS (5 places) de l’UBO. Cinq places seront également ouvertes aux étudiants de L1 STAPS de l’Université de Rennes 1.

Céline Authemayou  |  Publié le

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