En ce momentSélection à l'entrée de l'université : comment ça se passe chez nos voisins européens ?
On en parleÀ l’université de Strasbourg, un bad buzz autour d'une "procédure presse" qui en dit long
Actu | Vie étudiante
Le palmarès 2014 des villes où il fait bon étudier

Catherine Vautrin (Avuf) : "Entre la réforme territoriale et les regroupements universitaires, les cartes vont se redessiner"

Publié le

0

Catherine Vautrin // DR
Catherine Vautrin // DR

Catherine Vautrin a été élue présidente de l’Avuf (Association des villes universitaires de France) le 17 juin 2014. Présidente de Reims Métropole et députée de la Marne, elle fait le point pour EducPros sur un chantier d’envergure : le devenir des villes universitaires dans le cadre de la réforme territoriale.

Pourquoi les villes s'intéressent-elles tant aux étudiants ?

Les villes ont compris que les étudiants représentaient un enjeu majeur en termes d'activité et d'attractivité. Une ville étudiante est une ville qui bouge, qui a des réponses à apporter en matière d'offre d'enseignement supérieur, de logement, de culture, de sport... Sans compter que cette population permet de constituer un réseau local et qu'elle représente une ressource pour les entreprises du territoire. D'où une certaine concurrence entre les villes...

Trop longtemps, les agglomérations œuvraient en complément pour les étudiants sans être forcément visibles. Aujourd'hui, elles mènent des initiatives qui les font sortir de l'ombre.

Villes, communautés d'agglomération, régions... Chacun y va de son dispositif pour améliorer la vie des étudiants. Ces chevauchements entre collectivités ne sont-ils pas au final contre-productifs ?

Ce risque existe clairement. D'où la nécessité de travailler ensemble. Ces chevauchements peuvent avoir trait aux transports, par exemple. La région s'occupe du TER alors que l'agglomération intervient sur la partie bus ou tramway. Mais il s'agit alors plus de complémentarité que de chevauchement.

À Reims, par exemple, on a un grand projet de réunification du campus qui s'accompagne d'un très gros projet immobilier. Sur ce genre de chantier à plusieurs dizaines voire centaines de millions d'euros, il y a plutôt une association d'investissements. Vu les sommes en jeu, on additionne les compétences, on s'entend !

Les élections municipales de 2014 impliquent-elles une année blanche pour l'avancée des dossiers ?

Non, car les dossiers qui ont été anticipés vont être suivis. Et même si les villes ont une compétence importante en termes de transports, de logement, de culture, etc., elles ne sont pas le premier acteur en matière d'enseignement supérieur. Ce qui est plus compliqué, c'est la succession de réformes.

À ce propos, que pensez-vous de la carte dessinée par la réforme territoriale et de son impact sur les Comue ?

Nous avons absolument besoin d'y réfléchir... La France fait l'objet de nombreuses restructurations, basées sur différents textes. Il y a d'abord eu la notion des sites (c'était la loi de 2007 avec les Pres), puis le texte de Geneviève Fioraso en juillet 2013 sur les Comue.

Quand on regarde la carte proposée, certaines Comue sont régionales, d'autres sont infrarégionales. S'ajoute à cela la réforme territoriale. Dans les Comue réparties sur plusieurs régions (par exemple, celle qui rassemble La Rochelle, Limoges, Orléans, Poitiers et Tours), il va vraiment falloir mener une discussion !

J'ai voulu créer une commission spécifique de l'Avuf [sur les universités et la carte territoriale]. Elle sera présidée par Frédéric Leturque, le maire d'Arras.

C'est pourquoi j'ai voulu créer une commission spécifique de l'Avuf sur le sujet. Elle sera présidée par Frédéric Leturque, le maire d'Arras, siège d'une université multipolaire. Il va falloir redessiner les cartes et ce sera extrêmement compliqué.

D'un autre côté, il ne faut pas réduire l'importance de l'université à un pôle géographique. Son fondement n'est pas sa localisation, mais les disciplines qui font sa reconnaissance nationale ou internationale. C'est aussi là-dessus que nous devons travailler.

Quel va être le rôle des villes dans cette redéfinition ?

Là encore, il va y avoir une réorganisation et cela suscite une vraie inquiétude. Quelles vont être les villes préfectures de région, régions dont le nombre passe de 22 à 13 ? Le texte prévoit un décret en conseil d'État. Donc il n'y aura aucune concertation sur le sujet...

Or, ces changements auront des conséquences. Des services déconcentrés vont bouger. Prenez l'exemple de Reims, qui n'est pas ville préfecture mais le siège de l'université Champagne-Ardenne. Si nous sommes mariés demain avec la Picardie, il faudra choisir entre Reims et Amiens. Si nous sommes mariés avec l'Alsace-Lorraine, la question se posera entre Nancy, Metz et Strasbourg. Strasbourg, dont nous sommes à deux heures quarante-cinq et dont le renom de l'université est important...

Sur les différents territoires, y aura-t-il plusieurs universités ou un regroupement d'universités ? Aujourd'hui, c'est une vraie question. D'où la nécessité pour l'Avuf de se doter d'une commission et de commencer à travailler dès la rentrée sur le sujet, avant la deuxième lecture du texte prévue à l'automne au Sénat.

Publié le

« article précédent

0

0 commentaire
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :