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Insertion professionnelle : les écoles d’ostéopathie épinglées pour leur opacité

Delphine Dauvergne  |  Publié le

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Le métier d'ostéopathe est de plus en plus pratiqué : la France comptait 10.000 ostéopathes en 2010, elle en dénombre 24.000 en 2016.
Le métier d'ostéopathe est de plus en plus pratiqué : la France comptait 10.000 ostéopathes en 2010, elle en dénombre 24.000 en 2016. // © Patrick ALLARD/REA

Une étude du Syndicat français des ostéopathes pointe le fait que 9 des 31 établissements agréés n'ont pas effectué d’enquêtes d’insertion. Un manque de transparence qui relance le débat des critères d'agrémentation de ces formations.

Le Syndicat français des ostéopathes a publié le 2 février 2017 une étude sur les enquêtes d'insertion des établissements de formation à ce métier. Principal constat : "Seule une minorité d'entre eux s'acquitte de cette obligation de transparence." Parmi les 31 écoles d'ostéopathie agréées, plus de la moitié n'ont pas rendu publiques leurs données et 9 n'ont pas effectué d'enquête sur le devenir de leurs diplômés.

Pourtant, c'est une obligation réglementaire depuis le décret de septembre 2014, modifiant les critères d'agrément des établissements de formation au métier d'ostéopathe. Parmi les 37 écoles qui postulaient, 23 avaient reçu l'agrément pour la rentrée 2015 et 8 ont obtenu du Conseil d'État que leur agrément soit aussi délivré "à titre provisoire" pendant la même durée, c'est-à-dire cinq ans.

Des enquêtes d'insertion négligées

"Cette décision a fragilisé l'esprit de la réforme, qui devait réduire le nombre d'écoles avec des critères exigeant plus de qualité. Aujourd'hui, il y a trop de disparités entre les écoles, certaines sont des établissements d'excellence tandis que d'autres sont des petites officines qui bricolent des formations", regrette Philippe Sterlingot, président du Syndicat français des ostéopathes. L'écart se creuse : "D'un côté, des écoles structurées investissent leurs recettes dans leur projet d'école et appliquent la réglementation, de l'autre certaines manquent de professionnalisme et mènent des enquêtes d'insertion très limitées ou ne prennent même pas la peine d'en faire", analyse-t-il.

Pourtant, une enquête d'insertion est aussi exigée pour obtenir l'inscription au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). Des écoles ont préféré ne pas publier leurs données, "probablement pour dissimuler leurs mauvais résultats", donne comme hypothèse Philippe Sterlingot. "Pourtant, il est important d'être transparent sur le devenir des diplômés lorsque la formation est très coûteuse et les débouchés difficiles", poursuit-il.

Pas de sanction... Pour le moment

Les écoles étant agréées pour cinq ans, elles ne risquent aucune sanction pour ne pas publier d'enquête d'insertion. Cela pourrait cependant être un motif de retrait de l'agrément si l'Etat souhaite s'en saisir. "En 2020 et en 2021, les établissements devront de nouveau passer devant la commission d'agrément. Leur nombre va diminuer car elles ne pourront pas tenir toutes les promesses de qualité émises lors de leur première candidature", prévoit le président du Syndicat français des ostéopathes. Un débat sans fin.

Delphine Dauvergne  |  Publié le

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