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"Make our planet great again" : les détails sur le financement des bourses

Catherine de Coppet  |  Publié le

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Site Internet Make our planet great again
Sur le site Internet "Make our planet great again", les candidats sont invités à motiver leur envie de rejoindre la France. // © Capture d'écran

Après la mise en ligne par l'Élysée d'un site Internet sur le climat à destination, notamment, des chercheurs étrangers, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a précisé le montage financier des bourses qui seront allouées. Une enveloppe spécifique, qui sera débloquée si les organismes et établissements avancent des fonds.

C'est le principe d'un euro versé pour un euro avancé. Annoncé à grand renfort de communication, un programme d'accueil, en France, de chercheurs internationaux travaillant sur le climat est donc en train de se préciser. Vendredi 16 juin 2017, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a indiqué que les 30 millions d'euros, évoqués par la ministre Frédérique Vidal la veille sur France Culture, seraient issus du troisième volet du PIA3 (programme d'investissements d'avenir), piloté par le CGI (Commissariat général à l'investissement), et voté dans la loi de finances 2017.

Pour rappel, ce programme fait suite à une série d'annonces de la part de l'exécutif, après le discours d'Emmanuel Macron le 4 juin, en anglais, durant lequel le président de la République invitait les chercheurs menacés par la politique climato-sceptique du président américain Donald Trump à rejoindre la France. C'est d'ailleurs à partir des derniers mots de ce discours que l'initiative, relayée via un site Internet, a été baptisée : "Make our planet great again".

établissements et organismes sollicités

Mandatant le CNRS pour gérer l'organisation d'ensemble de ce programme, le ministère et le CGI ont précisé que ces 30 millions ne seraient donc versés qu'en "moyens additionnels". "Quand un chercheur viendra, l'institution qui l'accueillera assurera une partie des coûts, et le PIA3 prendra en charge un montant équivalent, explique Claire Giry, directrice de programme "centres d'excellence" au CGI. Il y aura une flexibilité sur ce que financeront ces montants, du côté de l'organisme comme du côté CGI : salaire du chercheur, équipement de recherche, salaires de collaborateurs, fonctionnement de la recherche, etc."

Conséquence, CGI et ministère annoncent que "l'effort global de financement sera ainsi d'un montant de 60 millions d'euros". Dans le détail, Claire Giry précise que les 30 millions du PIA3 font partie du segment "programmes prioritaires de recherche" (inclus dans l'objectif n° 2 : "Amplifier des programmes de recherche"). Un segment budgété à 400 millions d'euros en tout, "350 millions d'euros de dotation décennale et cinq ans de subventions".

Critères et jury international

CGI et ministère indiquent en outre que les financements "Make our planet great again" permettront d'accueillir "50 chercheurs sur une durée de cinq ans". Des chiffres contradictoires avec ce qui a été annoncé précédemment : lors de sa mise en ligne, le site web dédié annonçait des bourses de recherche de quatre ans, allant jusqu'à 1,5 million d'euros pour un chercheur senior, et 1 million d'euros pour un chercheur junior. Selon Claire Giry, la durée pourrait être de quatre ou cinq ans, mais ce point n'a pas encore été arbitré. Il n'est en tout cas pas lié à la nature du financement du PIA3.

Nous visons la publication d'une convention CGI-CNRS-ministère dans le courant de l'été, pour affiner les modalités de ce programme.
(C. Giry)

À l'arrivée, le mode d'attribution des financements pourrait poser question, notamment sur le rôle que devront jouer ou non les établissements et organismes de recherche. "Nous visons la publication d'une convention CGI-CNRS-ministère dans le courant de l'été, pour affiner les modalités de ce programme", souligne Claire Giry.

Les dossiers pourraient être sélectionnés sur certains critères et soumis à un jury de niveau international, comme tous les projets financés par le PIA3. "Le programme correspond tout à fait aux valeurs du PIA3 : attractivité, innovation et coopération", conclut Claire Giry, qui n'a pas souhaité commenter la dimension politique de cette annonce, reçue de façon très contrastée par les acteurs de l'ESR.

la cpu attend "de la souplesse"

De son côté, la CPU (Conférence des présidents d'université) attend "la clarification de la mise en œuvre du programme", précise le président de la commission Recherche et Innovation, Pierre Mutzenhardt, avant d'ajouter que l'initiative est "reçue positivement". "Il faut rappeler que la CPU s'inquiète du fait que certaines recherches puissent tomber sous le contrôle de l'administration Trump, et cette initiative est une façon de défendre la liberté de la science".

Sur le plan technique, le président de l'université de Lorraine "attend de la souplesse" sur ce que les établissements devront financer dans le cadre de ce programme. Et indique également son souhait de voir un processus de sélection des dossiers "simple", avec un contrôle a posteriori du CGI. "Le CNRS et les universités sont capables de recruter sérieusement !", précise-t-il.

Du côté des établissements, peu de réactions pour le moment, hormis celle de l'Université Côte d'Azur, dont est membre l'université de Nice, présidée jusqu'à peu par... Frédérique Vidal. L'établissement, se présentant comme "le premier à relever le défi", a créé une page dédiée au programme "Make our planet great again" sur son site web, en français et en anglais. Une page qui reprend le code couleur et le logo du site de l'exécutif, et qui vante les mérites de l'établissement, photos à l'appui...

Après le climat, les nouvelles technologies ?
Annonces, formulations, site Internet, discours... Au niveau du plan de communication, les deux initiatives ne sont pas sans ressemblances. Le 15 juin 2017, à l'occasion de la deuxième édition du salon VivaTech, organisé par le groupe Publicis et Les Échos, le président de la République a annoncé, outre la création d'un fonds d'innovation de 10 milliards d'euros, le lancement d'un "French Tech Visa" pour attirer les entrepreneurs étrangers qui travaillent dans les nouvelles technologies. Emmanuel Macron a par ailleurs indiqué souhaiter faire de la France "le pays leader de l'hyper-innovation".

Un site web en anglais a été ouvert, sur un modèle proche de celui du site "Make our planet great again". Le dispositif prend en fait la suite du "Passeport Talents" qui existait jusqu'à présent. Le site renvoie concrètement les personnes intéressées vers des incubateurs de start-up et vers 70 entreprises habilitées à recruter les détenteurs de ces visas, mais encourage aussi les entreprises qui le souhaiteraient à investir financièrement dans des projets français en nouvelles technologies.

Catherine de Coppet  |  Publié le

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