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Mobilité internationale : les étudiantes françaises moins promptes au départ

Étienne Gless  |  Publié le

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Partir à l'étranger dès l'obtention peut booster votre parcours professionnel // © Image Source
Plus motivées par une expérience à l'étranger que leurs camarades masculins, les étudiantes françaises partent pourtant moins à l'international, note Campus France. // © Image Source

Des étudiantes étrangères plus présentes, en France, dans les filières sciences humaines, des étudiantes françaises qui partent moins à l'étranger que leurs camarades masculins. Campus France dresse le profil de la mobilité internationale des étudiantes, dans une étude parue mercredi 14 septembre 2016.

En 2013-2014, 53 % des étudiants étrangers inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur français étaient des filles. C'est le constat dressé par Campus France, dans une étude dédiée au genre et à la mobilité étudiante internationale, publiée mercredi 14 septembre.

Si les femmes sont un peu plus nombreuses que les hommes parmi les étudiants étrangers accueillis en France, de fortes disparités existent selon les pays d'origine et les filières d'études, note cependant l'organisme.

"Sur les 20 premiers pays, la proportion d'étudiantes varie fortement, de 37 % de Sénégalaises, 43 % de Marocaines à 76 % de Russes et 74 % de Roumaines", pointe Campus France. "De façon générale, le continent africain apporte une proportion souvent faible d'étudiantes".

l'université, plus prisée que les écoles

Du côté des cursus, les étudiantes étrangères représentent 55 % du public étranger inscrit à l'université et 47 % de celui inscrit dans les écoles membres de la CGE (Conférence des grandes écoles). Une quasi-parité ? "Cet équilibre apparent dissimule une forte disparité entre les écoles d'ingénieurs, où elles ne représentent que 33 % des effectifs, et les écoles de management où elles sont 56 %", nuance l'étude. 

À l'université aussi, les filières n'accueillent pas les filles dans les mêmes proportions. Sans surprise, elles privilégient les humanités au détriment des sciences : c'est dans la filière langues, lettres et sciences humaines que la proportion de filles est la plus forte (68 %). 

Toutefois, Campus France souligne l'apport des étudiantes étrangères au rééquilibrage des genres : dans certaines filières moins prisées par les étudiantes françaises, les étrangères sont proportionnellement plus nombreuses. C'est le cas en sciences fondamentales appliquées, où les étudiantes étrangères représentent 31 % des effectifs étrangers, quand leurs camarades françaises n'en constituent que 25 %.

Les finances et le manque de confiance bloquent les départs

Côté mobilité sortante, la note de Campus France est sévère. Plus motivées par une expérience à l'étranger que leurs camarades masculins, les étudiantes françaises partent pourtant moins à l'international : elles ne sont que 39,8 % à franchir les frontières contre 45,2 % de garçons. 

Selon Campus France, trois facteurs expliquent ce blocage. Tout d'abord, elles suivent moins souvent des études comprenant un séjour à l'étranger obligatoire : "Du fait qu'elles sont moins représentées dans les écoles d'ingénieurs, le premier séjour des étudiantes est rarement obligatoire et plus souvent facultatif", relève la note. 

Ensuite les étudiantes françaises rencontrent plus souvent des difficultés financières. Elles sont un peu plus nombreuses que leurs camarades masculins à être boursières, à avoir des parents connaissant une situation financière difficile ou encore à devoir exercer une activité rémunérée en parallèle de leurs études. Au total, 18 % d'entre elles avouent avoir renoncé à partir à l'étranger pour des raisons financières – contre seulement 13 % des garçons.

Enfin, les filles se sous-estiment davantage que les garçons. "Elles sont plus sévères sur leurs capacités à suivre des cours en anglais dans leur matière", pointe l'étude, qui parie sur une évolution des comportements, à condition que les étudiantes ayant "franchi le Rubicon" témoignent de la richesse de leur expérience hors de l'Hexagone.

Étienne Gless  |  Publié le

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